‹ L'aurore de la philosophie grecqueChapitre 225 sur 240 · I. doxographes proprement dits · texte numérisé non relu

I. doxographes proprement dits

9. Les Placita et Stobée, — Ceux-cisont maintenant représentés

par deux ouvrages, les Placita Philosophorum, inclus parmi les écrits attribués à Plutarque, et les Eclogae Physicae de Jean Stobée (vers 470 ap. J.-C). Ces dernières formaient à l'origine un seul ouvrage avec le Florilegmm du même auteur, et elles renferment une transcription de quelques abrégés substantiellement identiques aux Placita du pseudo-Plutarque. Il est toutefois démontrable que ces recueils ne sont pas l'original l'un de l'autre. Le dernier est habituellement le plus complet des deux, et cependant le premier doit être le plus ancien, car il a été emploj^é par Athénagore dans sa défense des chrétiens en 177 ap. J.-C. {Dox. p. 4.) C'est aussi la source des notices d'Eusèbe et de Cyrille, et de l'Histoire de la philosophie attribuée à Galien. De nombreuses et importantes corrections de texte ont été dérivées de ces écrivains \Dox. p. 5 sqq.).

Un autre écrivain qui fit usage des Placita est Achille {non pas Achille Tatius). Des extraits de son EtVayw^rî aux Phénomènes d'Aratus sont renfermés dans VUranologion de Petavius, pp. 121-164. Sa date est incertaine, mais il appartient probablement au lllc siècle ap. J.-C. (Dox. p. 18).

10. Aétius. — Quelle était donc la source commune des Placita et des Eclogae ? Diels a montré que Théodoret (vers 445 ap. J.-C.) y a eu accès, car, dans certains cas, il donne sous une forme plus complète les indications renfermées dans ces deux ouvrages. Mieux que cela : il nomme aussi cette source, car il nous renvoie {Gr. aff. car. IV, 31) à kzzhj ttjv Trep^j d(p£(JxovTCov O'JVOLycayriV- Aussi Diels a-t-il imprimé les Placita en colonnes parallèles avec les fragments correspondants des Eclogae sous le titre de Aetii Placita. Les citations de « Plutarque » par des écrivains postérieurs, et les extraits de Théodoret sont aussi donnés au bas de chaque page.

11. Les Vetiista Placita. — Diels a montré en outre, cependant, qu'Aétius n'a pas puisé directement dans Théophraste, mais dans un abrégé intermédiaire qu'il appelle les Vetusta Placita, dont on trouve des traces dans Cicéron (infra, § 12) et dans Cen sorinus {De die natali), qui suit Varron. Les Vetusta Placita furent composés dans l'école de Posidonius, et Diels les appell maintenant les ApecrxovTa YiOsidoniens'(Ueber das phys. System des Straton, p. 2). On en trouve aussi des traces dans les « Allégoristes homériques ».

Il est parfaitement possible, en retranchant les additions assez peu intelligentes qu'Aétius y a faites d'Epicure et d'autres sources, de dresser une table assez exacte du contenu des

Vetusta Placita {Dox. pp. 181 sqq.), et de se faire ainsi une idée exacte de l'arrangement de l'ouvrage original par Théophraste.

12. Cicéron. — Pour autant que les indications de Cicéron se rapportent aux plus anciens philosophes grecs, il doit être classé parmi les doxographes et non parmi les philosophes ; car il ne nous donne que des extraits de seconde ou de troisième main de l'ouvrage de Théophraste. Deux passages de ses écrits doivent être rangés sous cette rubrique, à savoir u Lucullus » (Acad. II), 118, et De natuva Deorum I, 25-41.

a. Doxographie du «Luculliis». — Elle renferme un sommaire maigre et traduit sans beaucoup de soin des diverses opinions soutenues par les philosophes relativement à l'àpy/} {Dox. pp. 119 sqq.), et serait sans aucune utilité si elle ne nous permettait pas de vérifier en un cas les termes exacts de Théophraste (Chap. I, p. 52, n. 2). La doxographie a passé par les mains de Kleitomachos, qui succéda à Carnéade à la direction de l'Académie (129 av. J.-C).

b. Doxographie du « De naturel Deorum ». — Une nouvelle lumière a été jetée sur cet important passage par la découverte, à Herculanum, d'un rouleau contenant des fragments d'un traité d'Epicure, qui présentait avec lui tant d'analogies qu'il en fut aussitôt regardé comme l'original. Ce traité fut d'abord attribué à Phaidros, à cause de la référence qui se trouve dans Epp. ad. Ait. XIII, 39, 2; mais le titre réel a été restitué depuis ; ^iXoèriixo^j Tzsoi e\}<7£^îi(xç (Dox. p. 530). Diels a montré, toutefois (Dox. pp. 122 sq.) qu'il y a bien des raisons de croire que Cicéron n'a pas copié Philodème, mais que tous deux ont puisé à une source commune (sans doute Phaidros, Uepi Gecov), laquelle remontai elle-même à un abrégé stoïcien de Théophraste. Le passage de Cicéron et les fragments correspondants de Philodème sont édités en colonnes parallèles par Diels (Dox. pp. 531 sqq.).

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