La terre flotte sur l'eau
2. L'eau est la cause matérielle " de toutes choses. , 3. Toutes choses sont pleines de dieux. L'aimant
est vivant, car il a la puissance de mouvoir
le fer ^.
La première de ces indications doit être comprise à la lumière de la seconde, qui est exprimée dans la terminologie aristotélicienne, mais signifie sans aucun doute qu'au dire de Thaïes l'eau était la chose fondamentale ou primordiale dont toutes les autres n'étaient que des formes purement transitoires. C'était justement, comme nous le verrons, une substance primordiale que chercha toute l'école milésienne, et il est peu probable que la première réponse à la grande question du jour ait été la réponse relativement subtile qu'y donne Anaximandre. Et nous sommes peutêtre en droit de soutenir que la grandeur de Thaïes consiste en ce qu'il fut le premier à se demander non pas quelle était la chose originelle, mais quelle est maintenant la chose primordiale, ou, plus simplement encore, de quoi le monde est fait. La réponse qu'il fit à cette question fut : d'eau.
1 Arist. Met. A 3, 983 b 21; de Cœlo, B 13, 294 A 28 (R. P. 10, 11; DV 1 A 12, 14). Des écrivains postérieurs ajoutent qu'il donnait cela comme une explication des tremblements de terre (ainsi Aet. III, 15, 1); mais cette allégation est proliablement due à un commentateur d'Homère féru d'allégorie (Appcnd. % 11), qui voulait expliquer l'épithète èvvoaiYaitç. Cf. Diels, Dox., p. 225.
2 Met. A 3, 983 b 20 (R. P. 10). J'ai dit «cause matérielle », parce que Tijç TotaûxTjç ipx^'' (^ •^^) équivaut à t^ç èv uXtj; eiSei àpX'îî (^ ')•
- Arist. de An. A 5, 411 a 7 (R. P. 13); ib. 2, 405 a 19 (H, P. 13 a; DV 1 A 22). Diog. I, 24 (R. P. ib.) ajoute l'ambre. Cette indication vient d'Hésycbius de Milet, car elle se trouve dans la scholie de Par. A sur Platon, Rep. 600 A.
l'école milésienne ^