‹ L'aurore de la philosophie grecqueChapitre 26 sur 240 · SUR LA SUBSTANCE PRIMORDIALE · texte numérisé non relu

SUR LA SUBSTANCE PRIMORDIALE

Presque tout ce que nous savons du système d' Anaximandre dérive, en dernière analyse, de Théophraste -. Quant au degré de confiance que mérite ce qu'on nous rapporte sur l'autorité de ce dernier, il suffira de remarquer que l'œuvre originale, qu'Apollodore eut entre les mains, existait certainement encore de son temps. De plus, Théophraste semble avoir, au moins une fois, cité les propres termes d'Anaximandre, dont il critiqua le style. Voici les restes de ce qu'il disait de lui dans son I" livre :

Anaximandre de Milet, fils de Praxiadès, concitoyen et associé de Thaïes ^, disait que la cause matérielle et l'élément premier des choses était l'infini, et il fut le premier à appeler de ce nom la cause matérielle. Il déclare que ce n'est ni l'eau ni

1 Sur le gnomon, voir Introd. p. 30, u. 2, et cf. Diog. II, I (R. P. 15); Herod. II, 109 (R. P. 15 a ; DV 2, 4), D'autre part, Pliue attribue l'invention du gnomon à Anaximène {N. H. II, 87). La vérité paraît être que l'érection de gnomons célèbres était traditionnellement attribuée à certains philosophes. Celui de Délos passait pour avoir été établi par * Phéréc3'de. Au sujet de la carte, voir Agathemeros i, 1 : 'Avaiî[j.av8poj o MtXrjctoç àzouoTrjç Sakioi -rtpiôTOç ÈToXurjae r)]v or/.oup-évirjv Èv itivaxi Ypâtfjat, usô' ov 'Ezataioç ô MiX^otoç àvijp TtoÀuivÀavï] ç Strj/.pijîiuaîv, (Lotî &aupiaa9^vat r'o Ttpàyp-a. (^ette indication provient d'Eratosthène.

- Voir le tableau que donne Diels des extraits de Théophraste, Dox. p. 133; Vors. p. 13 sq. Dans ce cas et dans d'autres, où les termes de l'original ont été conservés par Simplicius, je les ai donnés seuls. Sur les divers écrivains cités, voir Appendice, % 9 sq.

'■ Simplicius dit « successeur et disciple » (oiàôoy^oç /aï [Aa^Tj-f^ç) dans son commentaire sur la Physique, mais voir plus haut, p. 52, note 3.

L ECOLE MILESIENXE OO

aucun autre des prétendus éléments \ mais une substance différente de ceux-ci, qui est infinie, et de laquelle procèdent tous les cieux et les mondes qu'ils renferment. Phys. Op., fr. 2 {Dox. p. 476, R. P. 16; DV, 2, 9).

Il dit qu'elle est éternelle et toujours jeune, et qu'elle environne tous les mondes (Hipp. Réf. I, 6 (R. P. 17 o ; DV 2, 11, 1).

Et les choses retournent à ce dont elles sont sorties « comme il est prescrit ; car elles se donnent réparation et satisfaction les unes aux autres de leur injustice, suivant le temps marqué >>, comme il le dit en ces termes quelque peu poétiques-. Phys. Op. fr. 2 (R. P. 16;DV2, 9).

Et à part cela, il y avait un mouvement éternel au cours duquel s'accomplit la naissance des mondes. Hipp. Réf. I, 6 (R. P. 17 a; DV 2, 11, 2).

Il n'attribuait pas l'origine des choses à quelque modification de la matière, mais il disait que les oppositions dans le substratum, qui était un corps illimité, furent séparées. — vSimpl. Phys., p. 150, 20 (R. P. 18).

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