XXVIII. — Le monde respire
Cet argument tiré de la respiration humaine nous conduit à un point important de la théorie d'Anaximène, point attesté par le seul fragment qui nous soit parvenu'. «De même que notre àme, étant air, nous soutient, le souffle et l'air environnent le monde entier.» La substance primordiale est dans le même rapport avec la vie du monde qu'avec celle de l'homme. Or c'était là, nous le verrons, l'opinion des Pythagoriciens* ; c'est aussi un ancien exemple de la conclusion du microcosme au macrocosme,
1 Sur le sens de àrjp dans Homère, voir Schmidt, Synonimik, § 35; et sur la survivance de ce sens dans la prose ionienne, Hippocrate, Ilspt àépwv, ûSdtTwv, TùTttuv, 15 : àrjp xe tioXÙç y.aTÉ)^£i t'ijv ■^lôpTjv àito tùjv ûSàxiuv. Platon a encore conscience de l'ancienne signification du mot, car il fait dire à Timée : àépo; (yÉviq) tÔ pièv sùafiazaTO'^ èiïtxXïjv aît^Tip xaXoû- [AEvoç, 6 8È 9^oX£pu)TaTo; 6[it)^Xif] xal cx&toç (Tim. 58 d) L'opinion exprimée dans notre texte a été combattue par Tanne^^^ Une nouvelle hypothèse sur Anaximandre (A/c/i. VIII, pp. 443 sq.) et j'ai légèremmt modifié ma rédaction pour tenir compte de sa critique. Ce point est, comme nous le verrons, d'une importance capitale pour l'intelligence du Pythagorisme.
2 Plut, de prim. frig. 947 /"(R. P. 27 ; DV 3 B 1).
3 Aet. I, 3, 4 (R. P. 24 ; DV 3 B 2).
4 Voir chap. Il, § 53.
l'école milésienne 81
et la première manifestation de l'intérêt qui s'est attaché depuis aux questions physiologiques.