‹ L'aurore de la philosophie grecqueChapitre 42 sur 240 · XXX. — Les mondes innombrables · texte numérisé non relu

XXX. — Les mondes innombrables

Comme on pouvait s'y attendre, les « mondes innombrables » attribués à Anaximène, soulèvent la même difficulté que ceux d'Anaximandre, et la plupart des arguments que nous avons donnés plus haut (§ 18) s'appliquent aussi ici. Le matériel de preuves, toutefois, est bien moins satisfaisant. Cicéron dit qu' Anaximène regardait l'air comme un dieu, et ajoute que l'air était venu à l'existence ^ Qu'il y ait ici quelque confusion, cela est évident. L'air, en tant que substance primordiale, est certainement éternel, et il est tout à fait probable qu' Anaximène l'appelait « divin», comme Anaximandre le faisait de l'Illimité ; mais il est certain qu'il parlait aussi de dieux qui venaient au jour et

(Append. | 10), quoiqu'elles ne soient données ni dans Stobée ni dans les Placita.

» B, 1. 354 a 28 (R. P. 28 c ; DV 3 A 14).

5 Nous ignorons comment Anaximène se représentait le ciel « cristallin ». Il est probable qu'il se servait du mot ni-foi comme Empédocle. Cf. chap. V, I 112.

s Voir Tannery, Science hellène, p. 153. Sur les corps tout à fait analogues dont Anaxagore supposait l'existence, voir plus loin, chap. VI, ç 135. Voir, en outre, chap. VII, | l5l.

4 Cic. de nat. D. I, 26 (R. P. 28 ft; DV3 A 10). Sur ce qui suit, voir Krische, Forschiingen, pp. 52 sq.

mouraient. Ils naissaient, disait-il, de l'air. Ce point est expressément confirmé par Hippolyte ^ et aussi par Saint- Augustin ". Ces dieux doivent probablement être expliqués comme ceux d'Anaximandre. Simplicius, il est vrai, exprime une autre opinion ^; mais il peut avoir été induit en erreur par une autorité stoïcienne.

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