‹ L'aurore de la philosophie grecqueChapitre 53 sur 240 · XLII. — La transmigration · texte numérisé non relu

XLII. — La transmigration

En premier lieu, donc, il enseigna, on ne peut en douter, la doctrine de la transmigration ^ L'histoire racontée par les Grecs de l'Hellespont et du Pont au sujet de ses relations avec Salmoxis n'aurait jamais pu se répandre du temps d'Hérodote s'il n'avait été connu pour un homme qui enseignait d'étranges choses sur la vie après la mort '. Or, la manière la plus simple d'expliquer la doctrine de la transmigration, c'est d'y voir un développement de la croyance primitive en la parenté des hommes et des animaux, en tant qu'enfants de la Terre les uns comme les autres % et cette croyance, Pythagore, au dire de Dicéarque, la professait certainement. En outre, elle est communément associée, chez les sauvages, à un système de tabous relativement à certaines sortes de nourriture, et le détail le mieux connu de la règle de Pythagore est sa prescription de formes analogues d'abstinence. Ce fait, en lui-même, tend à montrer que cette règle tira son origine des mêmes idées, dont la renaissance, ainsi que nous Tavons vu, semble chose toute naturelle lors de la fondation d'une nouvelle société religieuse. Une autre considération encore parle fortement dans le même sens. En Inde, nous trouvons une doctrine tout à fait analogue, et cependant il n'est pas possible de supposer, à cette date, un emprunt réel des idées hindoues. La seule explication qui rende compte des faits est que les deux systèmes sortirent indépendamment l'un de l'autre des mêmes idées primitives. On les retrouve

' Le terme propre par lequel le grec désigne la transmigration est itaXiYYEvîoîa, et l'inexact !J.£Te[jn{''j/uJotî ne se rencontre que dans les écrivains postérieurs. Hippoh'te et Clément d'Alexandrie disent [jlît£v3(uuâtiuaiç, ce qui est exact, mais lourd. Voir Rohde, Psyché, p. 428, n. 2 (IP 135, n. 3).

2 Sur la signification de ce récit, voir plus haut, p. 95.

5 Dieterich,llu</e7-£rde (Archiv fur Religionswissenschaft, VIII, p. 29 et 47).

en bien des contrées, mais il semble qu'ils n'arrivèrent qu'en Inde et en Grèce à se développer en un vrai corps de doctrine.

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