LXXIII. — L'homme
Pour étudier cette avance alternante du feu et de l'eau, il convient de partir du microcosme. Nous possédons des informations plus précises sur les deux exhalaisons dans l'homme que sur les processus analogues dans l'univers, et il semble qu'Heraclite lui-même expliquait l'univers par l'homme plutôt que l'homme par l'univers. D'un passage bien connu d'Aristote, il ressort que l'àme est identique à l'exhalaison sèche \ et cela est pleinement confirmé par les fragments. L'homme est fait de trois choses : feu, eau et terre. Mais tout comme, dans le macrocosme, le feu est identifié avec la seule sagesse, dans le microcosme, le feu seul est conscient. Quand il a quitté le corps, ce qui reste, la terre et l'eau, est absolument sans valeur (frag. 8.5; 96 D). Naturellement, le feu qui anime l'homme est sujet au «chemin en haut et au chemin en bas», exactement comme le feu du monde. Le Tv-p} S'.oLirriZ nous a conservé cette phrase évidemment héraclitique : « Toutes choses, tant les humaines que les divines, passent en haut et en bas par le fait des échanges '. » Nous sommes en flux perpétuel aussi bien que n'importe quoi d'autre dans le monde. Nous sommes et ne sommes pas les mêmes pendant deux lusse trouve entre -^(uoîî 3î TîâvTx zat &ôîa -/.al àv&ocû—tva cl^om xa: y.â-(u àii.z'.- ^ifiîva et Tîâvra zaQzà y.a.\ o-j xà aùtd, qui sont sûrement des déclarations héraclitiques.
1 Arist. de An. A, 2. 405 a 25 (R. P. 38 ; DV 12 A 15). Diels attribue à Heraclite lui-même les mots : y.at ii-r/ai oè àitb tcûv u-cpûv àvaO'jaiûvTa'., qui se trouvent dans Areios Did^mos après le frg. 42 (12 D ). J'ai de la peine à croire, cependant, que le mot àva&uataat; soit héraclitique. Heraclite semble plutôt avoir appelé les deux exhalaisons xaT:v6c et ài)f (cf. frg. 37 ; 7 D.).
- Ilept S'.aÎTTjç I, 5 : "/ujpît l'z T.âyza za'. &îTa za't àv&piuTttva âviu r.al -/.âTu»
lants consécutifs (frg. 81 ; 12 D). En nous, le feu devient perpétuellement eau, et l'eau terre ; mais, comme le processus contraire se poursuit en même temps, nous paraissons rester les mêmes ^