CHAPITRE nr
GÉOGRAPHIE POUTIQUK
Division de l'Australie en six proTinces. — Leur populniion
— Proportion des hommes et des femmes. — L'immigra* tion des femmes. — Origine ^es divers habitants. -^ Les Chinois. — Émigration payée. — Disparition des indigènes. — Mesures prises en leur faveur. — Gouvernement.
— Situation financière. — Melbourne, Sydney, Adélaïde, Hobartown. — Fêtes, Jeux, chasse.— Instruction publique^ religion, merallté. — Armée et marine militaire.
L'Australie se divise actuellement en six provinces : !• Victoria, a* Nouvelle Galles du sud, 3<> Australie du sud, comprenant FAustraliedunord, 4^ Australie occidentale, 5® Queenslaud (c'est-àdire Terre de la Reine) et 6"* Tasmanie. « Les limites, dit M. Richard Cortambert, ont été tracées d'après le mode américain, elles vont hardiment du nord au sud et de Test à l'ouest, coupant la terre, connue ou non, en lot» énormes. »
Les provinces ont toutes des traits communs : liberté politique, grandes richesses minières et pastorales, peuple entreprenant, ardent au travaO et au plaisir; mais leur indépendance est telle qu'il convient d'étudier chacune d'eUes séparément.
La province de Victoria, qui avait 8000 habitants en i835, 3i 000 en i845, 365 000 en 1870, en compte aujourdliui 85o 000 c'est-à-dire 10 000 par mille carré. C'est de beaucoup la plus peuplée. EUe l'est en proportion environ a fois et demie i^us que la NouveDe GaDes du sud, 4 fois et demie plus que la Tasmanle, 33 fois plus que le Queensland et FAustralle du sud, 33o fois plus que l'Australie de l'ouest.
La disproportion entre les deux sexes était fort grande autrefois. Lors des troubles de Ballarat, en i854, sir Charles Hotham (fisait que. c'était un régiment de femmes qu'il aurait fallu envoyer contre les rebelles.
Les femmes émigrantes amenaient sur les bâtimenis des scènes scandaleuses. En i83i on fit venir d'Irlande cinquante orphelines formées aux devoirs de la vie domestique.
A Sydney Mrs. Chisholw fonda une maison de dépôt où les nouvelles arrivées pouvaient attendre
une position stable. Elle savait où il fallait les diriger, car elle était en relations avec les colons, qui désiraient d'abord avoir des ménagères, et ensuite, quand leurs idées grandirent avec leur fortune, des institutrices pour leurs enfants.
Le recensement de 1881 a constaté la présence de 440000 hommes et de 410000 femmes. Pour 100 hommes il y -a donc 95 femmes. £n 1871, il y en avait 82; en 1861, 64; en i85i, 67; en 1841, 42, et en i856, 20
Les Chinois, non compris dans le chiflfre de 85o 000, sont au nombre de 12000, dont 200 femmes.
Sur les 85o 000 habitants de Victoria 075 000, soit 44 P* 100, sont nés dans la province même ; ^o à 35 000 dans les autres colonies australiennes; j 95 000 en Angleterre ; 66000 en Ecosse ; 1 15 000 en Irlande ; 5 000 dans les autres provinces britanniques. Ainsi sur 17 habitants il y en a 16 qui sont nés sujets anglais. L'émigration a été en i85(> de 95 000 personnes.
La population de Victoria n'augmente plus que par l'excédent des naissances sur les décès. La colonie a renoncé, bien à tort, au système de l'émigration payée, qui produit de si beaux résultats dans les autres colonies. Le calcul dans cette
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affaire est .bien simple, dit M. Charnay :. chaque homme valide, dans la condition de ceux qui étaient amenés, représentait certainement un capital de vt odo francs ; mettons moitié moins si vous voulez, looo francs. Si une colonie moyennant 2 5ooooo francs peut transporter 5 000 hommes par an, elle échange simplement son avance de 5 contre un remboursement de 100 ou de i5o qui lui rentre sous toutes les formes, taxes, douanes, travaux, produits, etc. Il .se manifeste un mouvement d'émigration vers la Nouvelle Zélande. Les étrangei's les moins nombreux sont Tes Français. On voit à Melbourne un assez grand nombre de juifs allemands. Les Allemands proprement dits sont des agriculteurs prussiens. Il y a aussi des agriculteurs suisses de langue allemande. »
Mais il y a des émigrants que la colonie repousse avec horreur, ce sont les Chinois. Les premiers qui s*y établirent en iSSy étaient peu nombreux. Vers la fin de 1848, un navire en apporta tout un chargement. On les méprisait, on leur donna uu quartier séparé, un cimetière distinct. Tenaces et patients, ils ne dédaignaient pas les plus minces profits. Sobres, ils se contentaient d'un salairo minime; et leur passion pour le jeu et l'absence de femmes de leur race constituaient un grave
danger. En i854 Victoria YOta un. impùit de â5o francs sur chaque Chinois. En 1879 on proposa de rétablir cet impôt, cette motion, reponssée à cette époque, a été adoptée en janvier 18S2. En outre, aucun capitaine dé navire ne pourra introduire plus d'un Chinois par 100 tonnes de marchandises.
Les indigènes sont peu nombreux. Les Niïgherries, à Pointe Madeay, près du lac Alexandrîna, comptaient 5 200 habitants en 1842 ; aujourd'hui ils sont 5oo. Non-seulement ils sont décimés par la phtisie, la rougeole, la petite vérole, mais encore e nombre des naissances diminue..
Us conservent leurs costumes anciens. Ils n'ont que fort peu de vêtements, pas de huttes; seulement ift ont des fusils et se servent de petites haches en fer. Le gouverneur Macquarie leur avait fait construire des maisonnettes avec des jardins, ceux-ci restèrent en friche. De temps en temps les sauvages venaient dans la maison ; cela est agréable quand il pleut, disait l'un d'eux.
On a cherché, lors de la découverte de^ mînes^ aies utiliser comme policemen à cheval, il^étaient bons cavaliers et intelligents.
n y a six refuges où ils trouvent du ris, de la farine, du sucre, du thé, del'arrow-roo^ du tabac
et un logement. La viande est ia récompense du travail. On leur demaiidey pour leur donner des secours^ de cultiver le houblon ou de garder des bestiaux six heures au plua par jour. Mais la faim seule leur met une hache ou une pioche à la main.. « Quand ils sont jeunes, on les envoie à Técole, où ils apprennent à écrire, à calculer, à chanter. A réglise ûs n'aiment pas les chants. Pendant le sermon ils se font des grimaces. Les instincts sauvages leur reviennent toujours. Ils reçoivent des étoffes pour s'habiller, mais ils ne changent jamais de chemises ni de bas (i). »
Dans quelques années la race anglo-saxonne sera seule maltresse de ce pajrs qu'elle a conquis, colonisé, civilisé, fille y a introduit ses mœurs, ses habitudes, ses croyances, ses institutions, reconnaissahtes bien qu'elles se soient modifiées au ooatact des émigrants des autres natioiis, et ansft par l'effet de la composition toute spéciale deia population.
Le gouvernement est démocratique. Le Borough^ ou municipalité» constitue une circonscription
(1) V« Gbaniay, Six mois en Au^tra ie.
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territoriale de 9 milles carrés, peuplée de 3oo habitants au moins. L'administration s'jr compose d'un conseil de 9 membres présidé par le maire, qui remplit aussi les fonctions de juge de paix.
Le comté, ou shire, est une circonscription de 1 000 carrés au minimum (260 h.),' disposant d'un revenu annuel minimum supérieur à 25 000 fk*ancs provenant d'une taxe levée sur le reyenu des biens fonds.
Chaque comté est administré par un oonseil électif de six membres, renouvelable par tiers chaque année et qui veille à lexécutioD des travaux publics.
Le pouvoir législatif est exercé par deux chambres : TAssemblée législative^ composée de 86 membres émanés du suffï^age universel, et le Conseil législatif, dont 5o membres sont renouvelés tous les deux ans par les habitants possédant au moins 26 000 francs en terres ou 2 5oo francs de revenu, et par les professeurs, les gradés d'une université^ les ministres et les officiers en retraite. Il faut se rappeler que les salaires sont très élevés ; il y a peu d'ouvriers rangés et économes qui ne soient en état de posséder le cens électoral.
Chaque membre du conseil reçoit par an
5oo liv. sterl. (7 3oo fr.). Le pouvoir exécutif est enti*e les mains d'un gouverneur et de 8 ministres responsables qui s'engagent par serment à se re- . tirer le jour où ils u aui'ont plus la confiance do la Chambre. Le gouvernement a le droit de dissolution et le droit d'opposer son veto à tout blll illégal ou dangereux : en pratique, il n'use jamais de ses droits, qui sont pour lui tout platoniques. La liberté de la presse et la liberté de réunion sont entières. 11 y a une coiir suprême, une cour de vice-amirauté, une cour de dettes. Chaque comté a une cour. Dans les districts, la justice est rendue par des cours spéciales.
En i85i, les revenus de Victoria s'élevaient à ïo millions de francs environ; en 1879, ils atteignirent le chiffre de n3 millions, mais les dépenses étaient de ii>.3 millions. La dette est d'un demi-milliard.
Mais Victoria a des richesses immenses dans «es mines d*or, son agriculture, ses troupeaux, son industrie. Ses dettes ont été contractées pour t'exécution de grands travaux publics.
Quelques comtés ont des tendances séparatistes.
La colonie possède 180000 maisons, dont 172000 sont occupées ; il existe en outre 884 monuments affectés à un service public.
L'AUSTRALFK
Melbourne, la capitale, possède près de 5oo ooo habitants ; dans ce nombre ne sont pas compris les Chinois. Elle avait 2 3oo habitants en i85i, 193 ooo en 1871. « Melbourne, dit M. Charnay, rappelle les villes de Touest aux États-Unis : Saint-Louis, Louisville ou Cincinnati,. L'Américain s'y croirait chez lui. Il y retrouverait ses rues droites et larges, les magasins et les palais de ses importateurs, les clochers pointus de ses églises, façon gothique, les banques monumentales qui s'élèvent à chaque pas, et surtout la multitude de bars où il s'abreuve ets'empoisojme. Il s'y croirait d'autant mieux chez lui qu'il reconnaîtrait dans la constitution de la colonie, la constitution de l'État le plus avancé de l'Unioa. U y trouverait des projets de loi que ses plus violents agitateurs n'eussent point imaginés ; une assemblée soumettant ses résolutions à un plébiscite, des impôts de 25 p. 100 à prélever sur les revenus de tous les habitants riches vivant en dehors de la colonie....
a Les maisons sont basses et plusieurs sont de véritables échoppes : pas de devantures, des égouts à ciel Ouvert et, quatre jours par semaine
une poussière aveuglante. Tout le mouvement est concentré dans cinq ou six grandes rues, les petites rues voisines sont encombrées dès le matin de camions ou de chariots. Au delà c'est le désert, mais dans ces limites, c'est la circulation d'une grande ville. La magnificence des banques prime tous les autres bâtiments de la ville. Clubs et hôtels viennent ensuite, puis s*élèvent quelques grandes maisons de détail avec des devantures en glaces et des étalages qu'on remarquerait à Londres ou à Paris. Dans la petite rue Flinders, on voit des édifices de 4o à 5o mètres de façade sur une profondeur égale, hautes de cinq étages, avec sous-sol, et de toutes parts remplies de marchandises diverses. <c II sembje qu'il y ait excès de tr choses à vendre. » Un journal du mois d'octobre nous apprenait qu'un très grand nombre de maisons étaient en construction à Melbourne et que les demandes de matériaux excédaient .de beaucoup la quantité disponible.
«Des communications téléphoniques ont été établies entre les différents édifices du gouvernement.
(( Les bâtiments publics ferment à quatre heures ; à six heures la viUe est déserte, et c'est un Sahara le dimanche, car le samedi dès midi tout le monde part pour la campagne.
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« Le charme de Melbourne est dans sa campagne, dans les jolis villages qui lui fout une ceinture verdoyante, et l'on y trouve, non seulement de mignons cottages en briques de couleur, avec leurs vérandas voilées de plantes grimpante5;, et' leurs jardins inondés de fleurs ; mais aussi des demeures privées somptueuses, placées au milieu de grands jardins ou d'immenses parcs admirablement disposés. La vraie Melbourne est à Saint- Kilda, Brighton, Hichmont, South-Java,' Calliugword, Carlton, Esmerald, etc. Omnibus et chemins de fer desservent tous ces villages.
« De Melbourne on se rend en pèlerinage à ces endroits divers, on y fait les pique-niques: ils sont chantés par la muse coloniale et célèbres dans tout Victoria. C'est ici le joli village de Heuleswille, puis Fernshaw et Blackspur. Passé Heuleswille, la forêt devient superbe. Les arbres s'élancent haut dans les airs, tandis qu'au-dessous d'eux s'étend un épais tapis de fougères. La route, bien entretenue, se déroule en courbes capricieuses au milieu des paysages les plus variés : ravins et gorges profondes que fréquente l'oiseau IjTe et que traverse l'oiseau rieur ; hauteurs abruptes où éclatent les cris stridents des kakatoès, les fracas des cascatelles et le murmure des eaux. »
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J.a religion et l'État sont séparés. Les épiscopaux sont au nombre de 260 000, les catholiques de 1 70 000, les presbytériens de 1 15 000, les méthodistes de 95000. Il y a un archevêque et deux évéques catholiques, à Melbourne et à Ballarat.
LMnstruction est gratuite, obligatoire et laïque.
11 y a 1880 écoles, dont i5:>.o publiques. Les professeurs y sont au nombre de 55oo,et 9.9.0 5oo élèves fréquentent les écoles publiques, 37 5oo les écoles privées.
Melbourne possède une bibliothèque de 85oo volumes, un observatoire national, un jardin botanique et un Institut ou Société royale.
L'n lac artificiel, le Yean-Yean, à 19 milles de la ville, l'alimente chaque jour de 618 litres par personne, avec une telle pression que le jet en remplace la vapeur dans un grand nombre de manufactures.
Les autres villes de la colonie sont Sanddridge, le port de Melbourne (qui est située à deux ou trois milles du rivage), animé comme le Havre ou Marseille, et où l'ensemble des locomotives qui sifflent, des grues qui crient, des vapeurs qui chauffent, ne laisse pas croire que vous êtes si proche
du pôle sud. — Ballarat (4o ooo habitants), qui est sillonnée de voitures, et le soir éclairée au gaz, qui est remplie de clubs, de théâtres, de bibliothèques, mais dont les faubourgs sont composés de tentes où viennent bivaquer les derniers arrivants. -- Sandhurst (36 ooo habitants), qui, moins monumentale, a pourtant des rues larges, plantées d'arbres d'Europe, parmi lesquelles la belle rue Pall-Mall, comparable à celles de Melbourne, une bibliothèque, un théâtre, un jardin public, que les usines,ilestvrai, commencent à envahir. — Geelong (24 000 habitants), bon port.
La Nouvelle Galles du sud a 730 000 habitants. C'est la plus vieiUe des colonies, celle dont les autres se sont détachées successivement. Les revenus s'élevaient en 1878 à 140 millions, ses dépenses à 142 millions, sa dette à 292. Les dépenses s'élèvent pour les chemins de fer à 8 millions, pour les travaux publics à 3 3oo 000 francs, pour la police à 3 800 000 francs,
U n'jrapoint de cultes reconnus. Il 7 a 68 000 anglicans avec Sévéqueset 190 ministres, 56 000 catholiques avec I archevêque, 4 évoques et 160 prê-
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très, 3o ooo wesleyêns, 20 000 presbytériens, etc.
La colonie a conservé le système de Timmigration payée. En 1879 elle a dépensé 75 000 livres sterling pour transporter 6 000 personnes. Elle ne paye le passage que des individus âgés de dix-sept à cinquante ans et de leurs enfants. .
En 1881, la Chambre basse a adopté et le Corps législatif a repoussé unbill restreignant les conditions d'admission des Chinois.
Il y a de 6 a 7 000 Allemands ; ils sont surtout cultivateurs, horlogers, opticiens, hôteliers. Ils se marient généralement à des Anglaises, et leurs filles oublient vite les quelques mots allemands ^lu'elles savent : ce phénomène, qui se reproduit presque partout, rend moins dangereuse rémigration allemande. Les Français, au contraire, les Espagnols, les Italiens, n'oublient point leur langue, *et ils s'assimilent même les peupOes qui les entourent; ils conservent le souvenir de leur patrie. Les Allemands de l'Australie deviennent assez rapidement de vrais Anglais.
La capitale de la colonie est Sydney, qui a reçu le nom du secrétaire d'État au département des colonies en 1788. C'est déjà une vieille ville; elle est située au fond de la baie de Port-Jackson. Les côtes de cette baie sont très pittoresques : le
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voyageur voit se dérouler devant ses yeux des rochers escarftés, puis des plages en pente?? douces, bordées de beaux jardins, d*élégantes villas où règne un luxe princier. Sydney est bâti sur une presqu'île terminée par cinq promontoires abritant autant de ports. Le palais du Gouvernement, construit dans le style gothique, domine la mer : les gouverneurs y donnent des fêtes splendidtes. La société de Sydney est très aristocratique et très mondaine. Les rues sont étroites, tortueuses, en général, mais très animées, sillonnées en tous sens par les voitures. Il y a plusieurs théâtres, plusieurs bibliothèques. Bougainville a élevé en 1826 un monument en l'honneur de la Pérouse.
L'Australie, en effet, est la dernière teri*e que cet infortuné navigateur ait touchée avant d'aller périr sur les récifs de Vaniicoro. Les palais de Sydney ressemblent à de grandes casernes. Il y a pourtant quelques monuments remarquables :Vhùtei de ville, le Trésor. Il y a surtout des arbres, de la verdure, des fleurs; à chaque pas on voit des squares, et les maisons sont souvent entourées de grands et beaux jardins (i5o 000 habit^ints).
Les autres villes de la colonie sont Esmerald-Iîîll (•'fi 000 habitants), Richmond (-Jtoooo), Collingwood
rfÉocrR.viMin-: poijtiqik si
(aii ooo), Fitz-Roy (2i> ooo), iNewcastle, important marché de charbons, etc.
La vie politique est très active. On suit avec passion les débats parlementaires.
Les membres du Conseil législatif sont nommés par le gouverneur. Il y en a aujourd'hui 44 ; 1^^ quatre cinquièmes au moins doivent être choisis parmi les personnes n'ayant aucun emploi du gouvernement.
L'Assemblée législative se compose de 75 membres : 70. élus parles 60 districts, et un, par l'Université de Sydney. Sont électeurs et éligibles tous les sujets majeurs de la reine, naturalisés depuis cinq ans au moins, ayant deux ans de résidence. Les élections ont lieu tous les trois ans.
Le gouverneur est élu pour sept ans par la couronne. 11 nomme et préside le Conseil exécutif, composé de ministres responsables : dé plus, le vice-président, le secrétaire, le trésorier, le ministre de la justice, le ministre de l'instruction publique, le secrétaire des terres domaniales, le secrétaire des travaux publics, le secrétaire des mines, le directeur général des postes. Le gouverneur a le droit de veto.
Les écoles privées ou publiques sont au nombre de 1700, elles ont 147 000 élèves. Dans les écoles publiques, la rétribution est au plus de 0^,90 par semaine. L'État dépense 10 millions et demi par an pour les écoles.
n y a 1200 écoles du dimanche, soutenues par les diverses congrégations ; elles ont 65 000 élèves. Sydney possède une université créée en i85i et un muséum qui reçoit une subvention annuelle de 3 5oo francs.
Il y a aussi un certain nombre de sociétés savantes, littéraires, artistiques, et un grand nombre de clubs. Une association a pour but d'organiser chaque année une exposition de serins et de pigeons, une autre l'acclimatation des végétaux utiles. La société de tir donne des fêtes annuelles auxquelles fiont conviées les sociétés des colonies voisines et même celles de la Nouvelle Zélande et des les Ficyi.
L'Australie du sud est une des colonies les plus intelligentes. C'est elle qui a eu la gloire d'entreprendre et de mener à benne fin l'établissement d'une ligne télégraphique transcontinentale.d'Adéaîde à port Darwin, et ses mines de plomb et de
cuivre ainsi que les produits ae son industrie pastorale et de son agriculture, ne peuvent manquer d'augmenter les relations si rares qu'elle a avec l'Europe. Elle sait faire des sacrifices importants pour attirer l'immigration. Elle a repris, en 1873, le système de la payer, et y a consacré 3 5oo 000 fr. chaque année ; ce chiffre a été réduit à 1 260 000 fr« en 1878. La même année, 4^0 nouveaux habitants ont été introduits aux frais de l'État. La loi de l'immigration payée est plus libérale et plus large que partout ailleurs. Le passage gratuit est accordé à tous les ouvriers agriculteurs, terrassiers, mécaniciens, vignerons, et s'ils sont mariés, à leur femme et à trois enfants; aux domestiques femmes et à trois enfants. Toutes les personnes des professions nommées qui payent leur voyage reçoivent en échange un fonds de terre à choisir d'une valeur de 5oo francs pour chaque Adulte au-dessus de douze ans, de 260 francs pour les enfants de moins de douze ans. Une fois dans la colonie l'immigrant a liberté entière; il s'engage «eulement à y rester deux ans.
Les avantages que nous avons énumérés ne sauraient s'appliquer aux personnes ayant reçu en Angleterre les secours de la commune comme indigents^ aux femmes sans leurs mkrls où aux
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maris sans femmes, aux filles mères, aux personnes faillies ou couvertes de dettes. Elle doivent être munies de certificats de bonne conduite signés de leurs maîtres ou patrons. Elle sont soumises ù l'examen d'un chirurgien qui les déclare exemptes • de maladies de cœur ou de poitrine, qui atteste <iu'elles ont été vaccinées ou ont eu la petite vérole et qu'elles sont saines de corps et d\»sprit et en état de gagner leur vie.
iMoyennant quoi, la colonie les transporte, les nourrit et soigne pendant la traversée. En outre elle prend soin des femmes seules jusqu'à ce (|u'elles. aient trouvé un emploi.
Le mouvement d'émigration compense h peu prés l'immigration gratuite. Eu 1878, 10 552 personnes sont venues à leurs frais dans la colonie^ 8 171 en sont parties. De juin 1880 à juin 1881,. il y a eu i4 44» arrivées et 14 060 départs.
La population était en 187(1 ^^* î>-5oooo habitants : i5o 006 hommes et luo 000 femmes. Ku 1 881, elle est, d'après le recensement tout récent, de 28()ooo hommes. En i84'| elle était de 17 oon; eu i85i de GAdoo: en i8r»i de Ï07 000; on
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1874 de i85 000. Dans le chiffre actuel, rélément sud australien entre pour 58 p. 100, les Anglais pour ?-5 p. 100, les Irlandais 8 p. 100, les Ecossais pour 4 i/îîp. 100.
Le gouvernement de l'Australie du sud est analogue à celui des colonies sœurs. La constitution actuelle date de i856. Les citoyens âgés de vingt et un ans et possédant une terre d'une valeur de iiî>.5 francs, ou payant un loyer de 619. ',5o. élisent pour douze ans les quarante-six membres du Conseil législatif. Il suffit d'avoir vingt et un ans et six mois de résidence' pour prendre part à l'élection des soixante-six députés qui forment tous les trois ans le Corps législatif. Celui-ci prend l'initiative de toutes les* mesures financières. Une mesure peu démocratique refuse toute indemnité aux membres des deux Chambres. Lo gouvernement et quatre ministres ont le pouvoir exécutif. Le gouvernement métropolitain a le droit d'annuler tout bill contraire aux lois anglaises.
Des conseils locaux sont élus dans les municipalités et dans les districts. Les subventions données aux ministres des cultes ont été supprimées en i85i. Il y a 27 p. 100 anglicans, r5 p. loo catholiques, 17 p. 100 vvesleyens, 8 p. 100 presbytériens et luthériens et 35 p. 100 des sectes diverses ou
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sans religion connue. L'instruction est gratuite, obligatoire et laïque, fl y a 3xo écoles du gouvernement, qui sont fréquentées par 34 5oo élèves. Il j a en outre 290 écoles privées et 58o écoles du dimanche.
Tous les enfants de 7 à j3 ans doivent aller à l'école au moins 35 jours par trimestre.
Le collège normal des instituteurs comptait en 1878 cinquante-six étudiants, dont trente-cinq femmes.
75 p. 100 de la population savent lire et écrire ; i4 p. 100 savent lire; 11 p. 100 sont complètement .illettrés.
Le gouvernement a dépensé en 1878 près de 4 millions pour l'instruction publique. En 1873 il avait donné 5qooo ares de terre à TUniversite et ajouté 5 p. 100 à toutes les sommes provenant des donations particulières faites à cet établissement.
n a dépensé en 1878 9 200 000 francs en travaux publics. Les dépenses se sont élevées cette année à 40 ^00 000 francs ; sa dette était de i33 millions. Les revenus étaient supérieurs de 700000 francs à ses dépenses. Les douanes rapportaient i3 millions; la vente des terres 1 1 millions.
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La capitale de la colonie est Adélaïde, peuplée de 60 000 habitants, et où Ton va élever un palais de Parlement.
En i863 l'Australie du sud. s'est annexé le territoire de l'Australie septentrionale. Le 29 avril 1864, une expédition partait d'Adélaïde, elle fonda Palmerston. Il y a des mines d'or. On en a concédé aux squatters 160 000 mètres carrés, mais personne n'a profité des facilités accordées en 1875 pour le développement de l'industrie agricole. En 1875 le port Darwin a été déclaré port franc.
L'Australie du nord ne compte que 4 000 habitante dont 3 000 Chinois. Port-Essington pourrait contenir des flottes entières.
Le Queensland, dont le rivage est bordé d'une ceinture de coraux n'a que peu de communications avec l'Europe, bien qu'il ait de bonnes baies.
Les richesses sont surtout l'élève des troupeaux et l'agriculture. La situation* financière peut se résumer en quelques mots : en 1868 les revenus étaient de i g5o 000 francs, les dépenses de 20 millions de francs; en 1878 les revenus de
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5 5oo ooo francs ; la dette est de a-^o millions de francs.
La capitale est Brisbane (5o ooo habitants); Tune des principales villes est Rockhampton,bien construite, éclairée au gaz et située sur le bord du Fitz Roy, plus large à son embouchure que la Tamise ne Test à Londres.
La population était eil 1809 de 26 000 habitants : en 1871 de 120000, en* 1879 de 200000. Il y a Ga femmes pour 100 hommes ; 60 000 habitants sont nés dans le Queensland, 12 000 en Australie, 5(1 000 en Angleterre, 20 000 en Irlande, 10 000 en Ecosse, 10 000 en Allemagne, 4oo aux Etats-Unis, 5oo en France, 5oo au Canada. Les Polynésiensî sont au nombre de 5 100, dont 170 femmes. II y a 10 4oo Chinois et i5 Chinoises. Si on retranche les Chinois et les Polynésiens on voit qu'il y a 71 femmes pour 100 Européens.
En 1874 on a repris dans la colonie les op»M*ations d'immigration. De iSGi à t866 elle avait reçu r>() 000 habitants. Dans la seule année de 1879 elle en a reçu 12800 (dont il est vrai 2180 Polynésiens). Le passage est accordé gratuitement aux cultivateurs et aux domestiques femmes ; on réduit
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les prix pour les bergers, vigherons, jardiniers, mineurs, forgerons et charpentiers. Voici comment le Colonisation act cotait les salaires en 1877 • ouvriers agricoles, de i 000 à i !>.5o francs par an, avec la nourriture et le logement ; conducteurs et bergers, de naS ài.'>.5o; briquetiers, charpentiers, menuisiers, forgerons, selliers, matons, etc., de 10 à 9.5 francs par jour, non nourris ; domestiques femmes 376 à i 000 francs.
Les indigènes sont féroces et dangereux : ils se sentent de leurs lances avec une dextérité sans égale et peuvent atteindre un ennemi à plus de 100 mètres.
La colonie, pour assurer la sécurité des routes, entretient un corps de police composé d'un inspecteur, * de cinq à six agents blancs et d'un noyau de naturels. Ces hommes sont à cheval, et ils suffisent, grâce à la rapidité de leurs mouvements et à leur connaissance des lieux. Il est rare qu'un sauvage puisse se soustraire à la poursuite de son compatriote de la police noire; le fuyard n*;i point à attendre de merci. Quelques-uns de ces noirs féroces inscrivent comme un trophée, sur la crosse de leur carabine, des entailles indiquant le nombre de leurs frères sacrifiés par eux. L'un d'eux montrait vingt- trois nouvelles entailles en
trois semaines. Les noirs sont complètement nus, ils portent parfois un bracelet au bras droit et des plumes de kakatoès fichées dans les cheveux.
L^Australie occidentale est la plus pauvre des colonies australiennes. Peuplée de 3o ooo habitants c'est la seule qui reçoive encore des convicts. Le voisinage de cette population a effrayé les immigrants libres. Il inquiète même les autres colonies, où les convicts peuvent aUer une fois libérés et qui ont voulu mais illégalement et inutilement, leur interdire l'entrée de leur territoire. Dans son livre sur rAustralie, M. Anthony Trollope raconte qu'au moment de quitter la colonie, il eut soin, pour n'être pas inquiété et soupçonné, de se faire délivrer un certificat constatant qu'il n'avait jamais été au bagne.
On a cherché à favoriser l'immigration d*hommes libres eu oin*ant à chacun d'eux des concessions rurales: 5o acres aux adultes; 12 et demi aux enfants au-dessous de quatorze ans, et à ceux qui ont de quatorze à vingt et un ans, a5 acres. Au bout de cinq ans on leur concède la pro-
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priété définitive des terres, si elles sont encloses et qu'un quart en soit cultivé.
Les institutions représentatives n'ont été introduites qu'en juin 1870. Le conseil des ministres, ou conseil exécutif, se compose du commandant militaire, du secrétaire colonial, du procureur général, du commissaire des terres domaniales, du commissaire des chemins de fer et du trésorier. Le conseil législatif, ou chambre unique, est composé par le secrétaire, le procureur général, le commissaire des terres, quatre membres nommés* par la couronne et quatorze élus par les habitants dont le loyer atteint 260 francs.
La ville de Perth a été érigée en cité en 1880.
Les indigènes de rAustralie occidentale était anthropophages il n'y a pas bien longtemps encore. Cependant l'évoque catholique Salvador témoigne en faveur de leur intelligence ; il en a fait des maçons, des forgerons, des agriculteurs, qui habitent un petit village ; néanmoins de temps en temps ils vont à la chasse dans les bois. Ce qui est difficile pour les missionnaires, c'est de décider les naturels à s'habiller.
La Tasmanie a reçu des convicts de i8o5 à i85o.
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Ce sont eux qui ont construit les ponts, les quais, les routes. Aussi les travaux publics ont ils étr exécutés dans la colonie sans qu'on eût à compter avec le prix de la main-d'œuvre.
L'île est traversée de part en part par une grande route qu'ils ont faite où un mall-coach à quatre chevaux fait chaque jour le service. Des tramways y ont été établis, et ce service va prendre de l'extension.
Les émigrants libres sont arrivés en 181.'».
Bientôt ils ont protesté contre l'envoi de convicts. La proportion entre les deux éléments s'est modifiée lentement; les envois furent de moins on moins nombreux, mais ne cessèrent pas de suite. En 1826, il y avait 17 5«o hommes libres contre 17000 convicts;eu i855, a5ooo contre 18000; en 18^17, 4«> 000 contre 7.4 000; en 18Ô7. 77000 contre 5 000. C'est en i85o qu'ont cessé les envois de la métropole. La colonie envoya les déportés sur la presqu'île de Tasman, où un système de correction adouci agit plus par l'espérance que par la crainte.
Les émigrants étaient das gentlemen farmei^s, des cadets de grandes familles anglaises. H y a donc dans la colonie une véritable société de gens de bonne naissance. Aussi la centralisation est-elle
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poussée à Textrôme. Habituée jusqu'en i85o à être aux mains de gouverneurs tout puissants, la Tasmanie n a pas su se gouverner seule, elle s'est ruinée en édifices coûteux, elle entretient une nuée de fonctionnaires. La capitale estHobartown {20 000 habitants), ville propre, bien alignée, bien fournie d'eau douce, qui possède un observatoire, plusieurs journaux, plusieurs établissements de banque, un musée et un beau palais du gouvernement.
Sur une colline qui domine la ville se trouvent les tombes de quarante marins morts en 1840 pendant l'expédition de Dumont d'Urville. Le duc de Penthièvre les a fait restaurer en 18G6.
A 5 lieues de Hobartown, 600 orphelins sont élevés aux frais de l'État. A New-Norfolk, la colonie a un bel établissement de pisciculture où l'on a élevé des saumons.
Une fraternité véritable règne entre les fidèles et les prêtres protestants et catholiques.
La Tasmanie n'a plus d'indigènes : ils ont succombé non- seulement à un mal étrange que les Européens, dit M. de Quatrefages, semblent inoculer par leur présence, mais aussi par les meurtres et les mauvais traitements. Les convicts répondaient à l'hospitalité par la violence et la
cruauté. Ils massacraient en massé des Tasmaniens inoffensifs. Ils tiraient sur eux comme sur des moineaux ou des corbeaux, en jouant ou pour nourrir leurs chiens. Ils prenaient pour cible les Indigènes qu'ils voyaient passer, et, pour s'amuser, ils suspendaient parfois au cou des femmes la tôte de leur mari. Les indigènes ont répondu à ces cruautés par une guerre d'extermination; plusieurs fois les blancs ont dû à leur tour sentir le poids de leur colère ; de ces luttes incessantes, un grand mal était né : il était impossible de songer à travailler. Un homme de bien, nommé Robinson, se fit Tami des noirs et les décida à se retirer dans une partie de Ttle voisine du rivage : c'est là que leur race s'est éteinte. En 1866, il y avait trois Tasmaniens ; la veuve du roi Biliy est morte en 1876, après avoir survécu à toute sa nation.
Aucune des colonies australiennes ne reroii plus de subvention de la métropole. Chacune d'elles a son budget spécial de la guerre, mais leurs forces militaires ne sont pas très redoutables, elles se composent en majeure partie de volontaires.
En 1879, la Nouvelle Galles du sud avait 479 hommes dans Tartillerie, i 734 dans l'infanterie, 336 dans la brigade navale, 76 dans le génie, 96 torpilleurs, 2 bateaux torpilleurs^ 128 canons montés et 39 démontés.
Victoria a 240 cavaliers, i 100 artilleurs, 170 soldats du génie, 25 torpilleurs, i 700 fantassins, 355 marins, un vaisseau non cuirassé et 4 avisos.
Quant à l'Australie occidentale, elle compte 393 soldats qui, après cinq ans de service reçoivent 3i2',5o. En outre, la Nouvelle Galles et Victoria ont une artillerie permanente payée consistant, dans la première, en 344 hommes, dans la seconde, en i35 hommes. D'après le dernier rapport du lieutenant-colonel Angelo, commandant des forces de la Tasmanie, cette colonie a 634 volontaires,^ dont 40 cavaliers, 233 artilleurs, i38 fantassins : c'est, dit le colonel, un bon corps d'officiers et de soldats, intelligent et capable de faire un bou service, mais les moyens de défense de rsiesont tout à fait insuffisants.