CHAPITRE IV
GEOGRAPHIE ÉCCNDMIQUË
Industrie pastorale. — Bœufs et moutons. — Statistique. — Description dos stations. — Les squatters. — .agriculture cl viticulture. — Mines — lùdustrie. — Forêts. — Pêche des huîtres pcrlibres. -~ Voies de communication. — Chemius de fer. — Télégraphes. — Postes. — Lignes de bateaux à vapeur, — Commerce intérieur. — Commerce extérieur.
On connaît la réputation d'immense richesse de ce pays. Les bénéfices du pasteur et du mineur s*y comptent par centaines de mille francs.
L'or seul ne l'a pas enrichi : l'industrie pastorale n'a pas été le moindre de ses éléments de prospérité. On voit des propriétaires de i5 ooo bœufs ou de i6o ooo etmême 200 000 moutons, des locataires de I «80 kilomètres carrés et plus (le quadruple du département de la Seine), et leurs stations considérables sont très nombreuses, surtout dans
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les colonies de Victoria et de la Nouvelle Galles du sud.
La qualité des herbes détermine l'emploi principal d'une station ; si les terres sont bonnes et les herbes abondantes^ on engraisse des bœufs ; si l'herbe est moins bonne, on élève du bétail pour le vendre avant de Tcngraisser ; si l'herbe est courte et fine on n'a que des moutons.
Tout le pays qui s'étend entre le Macquarie et le Lachlan, est composé de vastes plaines.
Les bords du Lachlan sont occupés par de splendides stations. Tous les dix milles on en trouve une nouvelle. Le bétail y est énorme. •
La vente des terres domaniales est une des grandes ressources financières des colonies.
Le gouvernement dispose de ses terrains de deux manières, il les loue ou il les vend. Les terres propres à la culture sont offertes à a5 francs Tare et vendues au plus offrant.
Les lots sont de 4 ^^ ^^o ares.
Les terrains de pâtures sont loués pour quatorze ans à des éleveurs de bestiaux, bœufs ou moutons, à raison de tant l'hectare.
Les frais se divisent en prix d'achat et prix de location, gages et entretien de gardiens (un serviteur suffit pour mille bœufs), qui reçoivent d'ha-
bitude 9.5 francs par semaine ; Tentretien des barrières, location de terrain de repos aux portes des villes, achat de bétail maigre.
On s'étonne des lignes si pures, des dos si droits, des poitrines si larges, de^ cous si nerveijgc et des têtes si carrées de tous ces animaux. C'est que le gouvernement de Victoria a défendu d'introduire des bêtes qui n'aient pas été primées en Angleterre ou dans les colonies voisines ; aussi coûtentelles cher, n n'est plus temps de débarquer sans un sou. Ilfaut donc des capitaux pour être squatter.
Une station se compose d'une maison d'habita- . tîon, d'un magasin de marchandises diverses, provisions, objets d'habillement, d'une cuisine où généralement règne un Chinois, de .cabanes pour les employés, d'étangs pour le lavage des moutons avant la tonte, d'abris pour la tonte, de vastes hangars pour l'emmagasinage et la mise en ballots des laines, de clôtures pour les bœufs et les chevaux de service, de quarante à cinquante bergers, de dix à douze employés divers. C'est une grande organisation, qui exige une surveiUance de tous les instants et un capital considérable.
M. de Gastella, qui possédait à Yering une station où il engraissait du bétail, en fait une intéressante description.
« Notre occupation de tous les jours est d'aller chevauchant de droite et de gauche pour voir ce qui se passe, et comme les troupeaux se groupent par troupes de plusieurs têtes (mobs) et que chacun de ces mohs reste habituellement sur le terrain qu'on lui a fait adopter^ nous appelons ces mobs du nom du terrain qu'ils occupent; chaque vallée, chaque colline un peu considérable porte un nom.
« Nous n'élevons pas chez nous, nous achetons à des éleveurs de Tintérieur, par troupeaux de deux cents, de trois cents et môme de mille têtes, du bétail maigre, âgé déjà de quatre à cinq ans. Laissés seuls, ces troupeaux, amenés de cent et de deux cents lieues de distance, retourneraient à la station d'où ils viennent, prenant par instinct la ligne la plus droite à travers les forêts et traversant les rivières à la nage.
« Pour habituer le nouveau bétail à nos pâturages nous le faisons conduire chaque matin par des hommes à cheval, sur la partie de notre bien qui est lo moins occupée. Ces hommes le surveillent pondant toute la journée et le soir dans les enclos.
« Peu à peu ces animaux oublient leur ancienne station, et les hommes qui les guident n'ont plus à s'occuper que de quelques bêtes qui ont constam-
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ment la tête tournée dans la direction de leur ancienne contrée. On laisse le troupeau s'écarter peu à peu à mesure qu'il commence à s'acclimater. Après le premier mois il ne faut pas plus de d »ux hommes pour surveiller cinquante bêtes.
« Le produit de la laiterie était un des revenus de notre station. Dans la bonne saison nous avions jusqu'à cent vingt vaches. Notre clos fermé n'eût pas pu nourir longtemps un pareil troupeau, et cependant on ne pouvait chaque matin aller chercher les vaches au loin. On gardait les veaux dans un enclos, on chassait les vaches dans le bush, en dehors des clôtures. Elles allaient quelquefois au loin 'chercher leur nourriture, mais dès le matin, gênées par le lait elles revenaient d'ellesmêmes près du hangar derrière lequel les veaux affamés remplissaient l'air de leurs cris. Après qu'on les avait traites en leur laissant une partie de leur lait, on les chassait dans les grands clos, où on les laissait avec les veaux pendant trois ou quatre heures, puis de nouveau on chassait les mères dans le bush. »
On ne peut élever à la fois des bœufs et des moutons. Là où un troupeau de moutons a campé il est impossible de faire manger le bétail tandis (|u'au contraire les chevaux sont friands de l'herbe
CfKOGRAlMIfK ÉCONOMIQrK KU
verte et touffue qui croît sur l'emplacement où ils ont été parqués.
Pour garder les moutons on n'a pas besoin de clôtures. Les dépenses sont celles des cabanes, des magasins de vivres, des chariots, des chevaux nécessaires pour le transport des laines des brebis, le prix de la location, lentretien des surveillants, qui revient à 5o francs par semaine. Il y a des aniées désastreuses où la grAle, rinondation, la sécheresse, viennent tuer des mUliers de moutons et forcent les propriétaires qui ne veulent pas tout perdre à les entasser dans des chaudières où ils se transforment en flots de suif. Dans les mois favorables à la tonte, des brigades de tondeurs ambulants parcourent les prairies. Ils rasent chacun vingt- cinq moutons par jour pour 5 francs.
Privés par les règlements sévères des stations de toutes boissons alcooliques, ils ont hâte, quand ils sont libres, d'aller au cabaret dissiper en quelques jours les fruits de plusieurs mois et quelquefois d'une année de travail.
M. Charles Ledger a introduit, en i858, dans la Nouvelle Galles, ayîi lamas et alpagas amenés du Pérou, qui sont aujourd'hui parfaitement acclimatés.
Au commencement de 1881, la Nouvelle Galles
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du sud avait: 400000 chevaux, 2600000 bètesà cornes, 3a millions de moutons, 3 10 000 porcs, répartis entre 35 5oo propriétaires.
L'Australie du sud contenait en avril 1881:
160 000 chevaux, 3 10 000 bêtes à cornes, 65ooooo moutons, i3oooo porcs. L'Australie occidentale en 1877: 32 000 chevaux, 60600 bêtes à cornes, s iio 000 moutons, 20400 porcs, 4700 chèvres.
En 1878,11 yavaitdansleQueensland, 147 000 chevaux, 2 434 000 bêtes à cornes, 4 565 000 moutons, 5o 3oo porcs; dans Victoria, 2x0000 chevaux, 1 185 000 bêtes à cornes ; 9 38o 000 moutons, 178 000 porcs. L'on voit que la Nouvelle Galles du sud est celle des colonies où Tindustrie pastorale est le plus développée.
Pour comprendre Timportance de ces chiin*es, il faut se rappeler que TAngleterre possède 32 220 000 moutons, et 9 750 000 têtes de bétail; r Allemagne 27 3oo 000 et i5 3oo 000 ; la France 24 milliions et 1 1 5ooooo ; FAutriche 19 millions de moutons; l'Espagne 25 millions de moutons et 3 125 000 bêtes à cornes; l'Italie 11 millions et 3700000. Ainsi l'Australie possède deux fois et demie plus de moutons que la France, et le nombre de ses veaux et vaches équivaut aux deux tiers du nombre du bétail de la France. La Plata a
52 millions de moutons et 7 millions et demi de bètes à cornes; ces chiffres sont sensiblement égaux à ceux de l'Australie.
Cependant, d'après un rapport officiel de 1880, l'élevage des chevaux y serait moins florissant qu'il ne l'était il y a quelques années. Ce rapport se termine par de chaleureuses adjurations aux colons de donner tous leurs soins à cette importante partie de l'industrie nationale; l'Australie» d'après son auteur, M. Bruce, peut produire plus de chevaux qu'aucune autre contrée du monde.
Le petit nombre de chevaux échappés des stations a produit une certaine quantité de chevaux sauvages. Beaucoup sont capturés ou tués chaque année ; néanmoins on estime qu'ils sont au moins 100 000 dans les deux colonies de Victoria et de la Nouvelle Galles du sud. Pour les Européens, dit un journal anglais, les tuer semblerait une barbarie, mais les fermiers les regardent comme une calamité. En effet, ils n'ont aucune des qualités qui rendent précieux les chevaux des plaines de l'Amérique du sud, ils détruisent la végétation, et ils entraînent les chevaux domestiques à les suivre; aussi dans la Nouvelle Galles du sud a-t-on proposé de les classer dans la loi parmi les animaux nuisibles.
iO\ L'AXrSTRALlE
Pour établir la valeur totate des richesses pasto- . raies de l'Australie, il faut tenir compte de tous les produits utilisables et surtout des produits exportables : Texportation du suif n'a encore qu'une importance médiocre; mais en revanche la Nouvelle Galles du sud exporte cinquante-cinq millions de kilogr<immes de lainç, dont la valeur est de cent cinquante millions de francs ; du i'^'' janvier au 3o septembre 1 88 1, Victoria en a exporté trois cent vingt-six mille quatre cent trente-cinq balles.
Comme la république Argentine, Melbourne envoie en Europe, depuis 1880, de la viande de bœuf et de mouton, conservée par des procédés analogues à celui du navire le Frigorifique. Après soixant«-dix jours de traversée, dit un journal anglais, cette viande est aussi fraîche que si l'animal venait d'être tué.
L'agriculture est loin d'avoir produit autant que Tindustrié pastorale, qui lui dispute le terrain et que peu à peu, sans doute, elle repoussera dans l'intérieur du continent.
Au commencement de 1880, G 371 9.58 ares étaient en culture, dont près de la moitié produit du froment.
L'Australie du sud a le premier rang pour la
GÊOGRAIMIIE ÉCONOMIOUK lU!»
production du blé. Adélaïde a été surnommée la cité des farines.
Les plus belles plantations de vignes sont celles de M. de Castella, situées à Saint- Milbert près Lylydale dans la province de Victoria, dont M.Charnay donne la description suivante.
Le charmant village de Lylydale est entouré de collines aux pentes couvertes de vignes. Les vignerons sont des Suisses établis depuis longtemps dans la contrée. « Je doute, dit M. Charnay, que Ton puisse trouver en France une culture aussi soignée/. » pas une herbe dans les champs, chaque pied est garni de son échalas et les branches, relevéeâ et rattachées entre elles, laissent voir des grappes innombrables. Je compte jusqu'à soixantedeux grappes de raisins au même cep.
On cultive côte à côte une grande quantité de plants, qui tous réussissent, le souvignon de Bordeaux, le pineau de Bourgogne, le chasselas de Fontainebleau, qui donne un vin blanc délicieux, l'ermitage, le reesling, qui est un cépage du Rhin. Tous ces vins ont en vérité leur bouquet particulier et ils ont parfaitement conservé leur cachet d'origine. Une culture soignée, un sol plus ameubli, aidés d'une expérience de dix années et de soins constants dans la fabrication, ont donné ces
produits parfaits. Mais sur une production de 4 ooo hectolitres, M. de Castella peut à peine en vendre le quart ; il est obligé de brûler le reste et d'en faire de Talcool. L'Australien vend son vin, mais il ne le boit pas. Il vante surtout sa force, car le vin australien est trop alcoolisé.
Les gens riches boivent du thé, des liqueurs d'Europe, du vrai bordeaux, du bourgogne, du Champagne. Les pauvres seuls boivent le vin du pays. Mais ils sont loin de le trouver trop fort ; ils n'ont qu'une ambition, c'est de le récolter épais et fort, ce qui est naturel dans un climat sec et brûlant. C'est un défaut qu'ils exagèrent encore, loin de l'atténuer,* car souvent ils alcoolisent leurs vins au lieu de les affaiblir. Pourtant les vins australiens ont été admirés à l'exposition de Melbourne.
Le riz est une des cultures ayant le plus d avenir. Le gouvernement du Queensland, d'après le journal the Queenslander , a fait venir des échantiUons de différentes variétés recommandables; et il va faire expérimenter quelles sont celles qui donneront les meilleurs produits.
La culture du café semble aussi devoir prendre de l'extension. Le même journal nous apprend que M. Pink, directeur du Jardin botanique» a
fait venir de nombreux plants. Un colon allemand fait des tentatives qui ont si bien réussi qu'il a résolu de planter toute sa terre en café, et ses voisins se préparent à suivre son exemple.
Le Queensland cultive aussi le mais, le millet, le jute, le chanvre, l'indigo, les pois, les pommes de terre et le tabac.
Le coton y était très cultivé, il y a peu de temps encore. Commencée en 1861, cette culture aurait pris une grande extension en i863, pendant la guerre de sécession des États-Unis, qui empêchait les États du sud d'envoyer leurs cotons en Angleterre. De i863 à 1870 le nombre d'ouvriers qui y étaient employés s'éleva de 4 000 à i5 000.
Mais après la guerre, le coton fut plus commun sur les marchés européens et les prix moins rémunérateurs; les planteurs du Queensland remplacèrent alors les travailleurs blancs par les naturels de la Polynésie et les Chinois. Néanmoins cette culture est aujourd'hui presque abandonnée.
Dans la même colonie la canne à sucre occupe 16 000 ares, et donne 19 ooo tonnes de sucre manufacturé, dont 12000 sont exportées; ^3 700 gallons de rhum distillé, 64o 5oo de mélasse. Il y a 75 moulins. Les cultures sont groupées autour de Maryborough et de* Mackay. La canne atteint
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lo pieds et la grosseur d'un poiguet d'homme ; chaque hectare produit de deux à quatre tonnes. On emploie le procédé par la chaux ; avec cette chaux et les détritus des cannes on obtient un eograis excellent. Malheureusement cette culture manque de bras ; l'ouvrier anglais défend rentrée du Parlement à tout candidat qui ne se prononce pas contre le travail des hommes de couleur.
En 1867 le Polynesian labour act a mis de grandes restrictions au recrutement des Canaques dans les Nouvelles Hébrides et les fies Salomon.
Autrefois les engagements de ces travailleurs, prétendus libres, ont donné lieu à des faits de pression et à des violences scandaleuses. C'étai une traite véritable, presque aussi odieuse que celle des noirs, un trafic épouvantable déguisé sous d'hypocrites apparences. Mais aujourd'hui, sous l'influence de Topinion publique révoltée, les choses ont été radicalement changées. Protégés à la fois par une loi du Parlement britannique et par des acts locaux, les Kanaks, leur temps d'engagement expiré, demeurent volontiers au Queensland.
L'esprit industrieux et la sobriété de ces insu- . laires doivent être loués sans réserve ; lorsqu'ils sont bien traités par leur p'atron ils se montrent
très dociles. En général leur condition est heureuse. « Comme je me promenais un samedi soir dans les rues de Maryborough^ dit un correspondant du Times, je vins à rencontrer une troupe de ces Rarnarchies, comme on les appelle, qui, leur travail de la semaine fini, venaient à la ville faire leurs petits achats. Il est impossible de voir des gens de plus belle humeur, de meilleure mine ; ils marchaient en très bon ordre, et l'agent de poUce qui les accompagnait et qui jetait sur eux de temps à autre un regard d'homme en place, un regard digne quoique satisfait, remplissait près d'eux une vraie sinécure. »
Que sont ces quelques émigrants polynésiens, ces agriculteurs si peu nombreux auprès des milliers de travailleurs libres qu'a attirés le travail des mines. La réputation des gisements de FAustralie n'est plus à faire, et on se rappelle l'étonnement et l'admiration qu'ont suscités leurs richesses.
On connaît l'histoire de la découverte des mines. En i839, le comte Strzelècki découvrit des sili-
cates renfermant des traces d'or ; le gouvernement, craignant les troubles qu'auraient amenés les convicts, accourant de toutes parts à la recherche du précieux métal, livrés à leurs instincts cupides et violents^ lui demanda de garder le silence; le comte, n'ayant d'autre pensée que ses études scientifiques, y consentit facilement. Trois ans après, le révérend Qarke trouva du quartz aurifère; on obtint encore de lui le silence. Mais en 1844» le président de la Société géologique de Londres, sir Rodenk-Murchison, ayant examiné des roches australiennes, conclut de cette étude que le continent devait renfermer des mines d'or abondantes; son hypothèse ne fut confirmée que sept ans après. En mai i85i, un mineur revenu de la Californie, M. Heargreaves pensa à son tour que des mines d'or pouvaient exister dans le pays ; ayant l'expérience des procédés techniques, il réussit bientôt à les découvrir. Le bruit de cet événement se répandit avec une telle r apidité que trois semaines après dix mille individus travaillaient déjà au mont Alexandre, près de Melbourne. On raconte et on racontera longtemps les aventures de mineurs ayant fait subitement de colossales fortunes, et les ayant, il est vrai, bien souvent, perdues au jeu ou gaspillées
rapidement; ce sont les seules traditions historiques de ce monde nouToau.
Deux frères réalisèrent en quelques jours la somme de 3 600 livres sterling (87 5oo francs), dont ils trouvèrent plus de la moitié en une demi-heure sous la forme de nuggets de la grosseur d'un œuf de pigeon. Trois autres individus trouvèrent 5o 000 fr. un matin avant leur déjeuner. Â Melbourne, les boutiques se fermèrent, l'ouvrage cessa, faute d'ouvriers. Les gens prudents acquirent des rues entières à vil prix, tant on était impatient de partir en vendant tout ce qu'on possédait. « Rien n'était plus curieux que la route des mines pendant les premiers temps qui suivirent la découverte de l'or, raconte M. de Castella. Ce n'était qu'une longue caravane de chars traînés par des bœufs ou des chevaux, de cavaliers, de piétons. La saison était belle. Un nuage permanent de poussière marquait la route à travers l'immense solitude. Dans les auberges, tout ces gens qui revenaient des mines> qui peut être jusque-là n'avaientjamais eu un sou dans leur poche, entraientavec aplomb. Ils se commandaient le meilleur dîner, le Champagne coulait à flot, etquand ils sortaient, ils jetaient des nuggets d'or aux musiciens improvisés qui jouaient devant la porte le God save the Queen,
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OU quelques merry gig d'Ecosse ou d'Irlande.
Le soir on jouait avec frénésie ; la poudre d'or lavée était la monnaie courante. Les plus sages allaient en silence coucher dans quelque enfoncement de la vallée, tenant le doigt sur la gâchette de leur revolver. Un repas coûtait loo francs, une paire débottés jusqu'à plusieurs milliers de francs. Les procédés employés étaient des plus primitifs : les rares mineurs qui les emploient encore ont une sorte de baquet en bois où ils jettent le sable; ils le font osciller en y versant de Teau qui entraîne le sable; le petit gravier reste seul mélangé aux paillettes d'or et aux lingots ; au l>out d'une heure ou deux on renverse le tout dans une cuvette en fer-blanc d'où Ton retire les paillettes ou le lingot ; la majeure partie du bénéfice de ces journées varie maintenant de rs à 19 francs. Mais il y a chance de découvertes imprévues.
Les placers qui ont fourni les plus énormes pépites sont ceux de Sandhurst. Le Welcome valait î>8o 000 francs. Précieux et le vicomte de Cauterbury 200 000 francs. Le Welcome fut trouvé par un mineur trois jours après son arrivée dans la place, à un pouce auKlessous du soL
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Lesplacers de Ballarat ont fourni plus d'or encore, mais des pépites plus petites. La Blanche Barkly valait seulement i84ooo francs; un bloc d*or trouvé par un enfant aborigène 122000 francs. Vient ensuite une liste de i5o lingots d'une valeur de 10 à 80 000 francs.
Les mines d*or les plus riches sont celles de Ballarat et de Sandhurst, dans la province de Victoria. Leur rendement commence à diminuer; dans les six premiers mois de 1876, on a exporté 190000 onces ; dans la période correspondante de 1876, le chiffre avait été de 276000. De i85i à 1877, elles ont rapporté près de cinq milliards, soit :
4801 267 o5o francs ; en 1877, 800 000 onces d'une valeur de 80 millions de francs.
La Nouvelle-Galles du sud a 8 000 mineurs ; les mines ont rapporté en 1878 77 5oo onces, valant 7 millions de francs ; en 1875, elles avaient donné 665 680 onces, valant 65 millions de francs.
Ballarat présente Taspect le plus étrange. Les Chinois, déguisés en Européens (ce qui leur donne Taspect de singes habillés en hommes), ont leurs banques où chaque soir ils viennent déposer ce qu'ils ont découvert dans les terres déjà vingt fois lavées ; ce sont les chiffonniers des placers. Le soir, le théâtre est rempli de mineurs en bottes et
en chemises de flanelle rouge. 11 n'y a presque plus de (Uggers, c'est-à-dire de mineurs employant les procédés primitifs à la main. Beaucoup aiment ce travail, dont l'indépendance absolue les charme, mais presque partout les machines prêtent leur aide au travail humain.
Maintenant que les placers proprement dits sont épuisés, il faut creuser profondément la terre, il faut réunir la force des machines à celle du travail humain, il faut pouvoir faire souvent des avances considérables. Rien n'indique l'existence des gisements, il faut souvent foncer jusqu'à une grande profondeur un puits qui coûte de i5o à 1 40000 francs, et Ton passe quelquefois à deux ou trois pieds de la veine aurifère. Une compagnie creusa ainsi sept puits sans rien trouveF. Aussi rapproche des mines s'annonce-t-elle par des excavations, des bouleversements du sol, des amoncellements de détritus, des trous abandonnés.
Le Whip est un puits creusé par deux ou trois associés, dont deux sont au puits, attaquant la veine de quartz, tandis que le troisième enlève les terres au moyen d'un balancier.
Le Horse Whip est un puits creusé également en association et d'où la terre et le quartz sont extraits au moyen d'un câble tiré par un cheval et
roulé sur une roue que porte une pièce de bois plantée au-dessus du puits.
Le Whim est un puits garni d'une armature en bois, avec poulie comme un puits ordinaire, et les matériaux en sont extraits par un manège mis en mouvement par un ou deux chevaux.
Enfin Fusine se compose d'un bâtiment pour les machines, flanqué d'une grande salle' où sur d'immenses tambours s'enroulent les câbles en fer destinés à la descente des ouvriers et à l'extraction du minerai ; un homme est toijgours là, la main sur le tour de la machine, prêt à répondre à la sonnette électrique pour les montées et les descentes. La cage descend avec une rapidité vertigineuse dans une haute et large rotonde où aboutit un chemin de fer avec wagons tirés par des chevaux. La température de la galerie, à Sandhurst, est douce et on peut la parcourir sans la moindre difficultév A Ballarat, l'on doit, dans les mines « Albion, » marcher voûté, tenant tantôt entre les doigts, tantôt fixée au chapeau, une chandelle fondante, de l'eau jusqu'aux genoux, les pieds dans la glaise gluante, et par une chaleur suffocante.
Dans Victoria* il y avait, en 1876, 58 750 Européens et 16 170 Chinois occupés à la recherche de
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Tor. Les machines étaient an nombre de 965 et avaient nne force de a5 190 chevanx.
Comme en toute chose, dans les mines il y a heoret malheur, dît M. de Beauvoir ; flna faut les juger ni par de brillants exemples ni par les désastres qu'elles nous présentent. En un mois la mine de Castlemain a donné 5 millions, sans coûter plus de 58o 000 francs. Le puits de la Mission produisait 200 000 francs par jour ; mais bien d'autres coûtèrent des sommes énormes, jusqu'à 5oo 000 francs et ne rapportèrent rien.
On a calculé que les mines n'ont jamais donné qu'une moyenne de 6 p. 100 de bénéfice net sur le capital absorbé par l'exploitation. Le mineur est payé 1 1 fr. 26 seulement, tandis que le charpentier et le forgeron gagnent de 18 à a3 francs par jour.
On spécule sur les actions des grandes compagnies minières, on voit des actions qui valaient i5 ft*ancs et qui rapportent 76 francs par semaine un mois après. Ce ne sera jamais une exploitation régulière, mais une loterie véritable qui absorbe les économies du petit commerçant ou de l'ouvrier.
- Les mines d'or sont actueUement moins exploitées, les gens prudents préfèrent un travail plus
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sûr et aussi rémunérateur. Aussi maintenant rapportent-elles moins qu'autrefois.
Elles ne sont pas les seules que TAustralie recèle : les mines de houille, moins riches, ont, au point de vue économique, plus d'importance.
La Nouvelle Galles du sud possède, à Newcastle, des gisements de charbon de 2<^,5o a 3 mètres d'épaisseur ; à la baie de Jerves des bancs de 8 à lo mètres. En 1829 elle expédiait 780 tonnes; 'en 1878, 1 676 000 tonnes (26 400 000 francs). La même année elle exportait 2 000 tonnes de zinc. Le minerai de fer donne 4» ^ 60 p. 100 de métal. Il y a aussi des mines d'argent, d'étain, de cuivre, qui ont déjà rapporté 60 millions de francs.
L*Australie occidentale a du plomb, du cuivre, du fer. Dans l'Australie du sud, en trente et un ans, lamine de cuivre de Burra-Burra a produit 2i5 000 tonnes.
L'industrie minière en a développé d'autres.
Dans Victoria on ne voulait presque, dans ces dernières, années que les choses portant « London,
lis L'AUSTRALIE
hall mark. » Un tarif protecteur a développé les industries de la colonie qui sont dans un état florissant; ce sont celles des chaussures, des vêtements, des selleries, des voitures, de Tébénisterie, des scieries, des fonderies.
L'industrie manufacturière prend cle Jour en jour du développement dans le Queensland, qui jusqu'à présent n'avait guère comme industrie que la pêche. En 1878 cette province avait exporté 43o tonnes d'huîtres perlières valant 3 5oo fï*ancs la tonne, 62 tonnes d'holothuries valant de 100 à 125 francs la tonne ; l'holothurie est employé par les Chinois dans la préparation de leurs aliments. En 1881, quatre -vingt dix- huit vaisseaux, et soixante-dix hommes étaient occupés h la pêche des perles dans le détroit de Terres : les plus habiles pêcheurs sont les Malais.
La baie de Sydney est extrêmement poissonneuse : un voyageur raconte que, dans une partie de pêche, il prit, en moins d'une heure, avec quatre ou cinq personnes, 145 poissons. On rencontre par milliers les écrevisses.
Dans l'Australie occidentale, la pêche des'perles occupait en 1878 cinquante-cinq navires et cent trente-cinq bateaux. En 1878, on en a exporté pour 2 5oo 000 francs. La pêche de labaleîne'etles
autres pêches ont rapporté plus de Gooooo francs. Il y a une fabrique de sucre, vingt-neuf moulina, dix scieries, une fabrique de sel, cinq tanneries^ huit brasseries, deux fonderies. En somme riadustrie est peu répandue.
Les peaux d'opossum sont exportées en Angleterre pour faire des gants. On estime aussi la peau, les os, le lard, Thuile du dugong : sa chair est excellente, le lard n'est pas dédaigné pour la table ; les os remplacent Tivoire, et Ton a préconisé son huile, qu'on a voulu placer au-dessus de celle de foie de morue. Le poil du Lasyums vwerra sert à faire des chapeaux. Les peaux de kangarous s'exportent beaucoup pour l'Angleterre et San Francisco.
Il y a d'excellents bois de menuiserie et de construction. Il faut citer l'acajou d'Australie, fourni par une espèce d'eucalyptus, le jarrah, très commun dans l'Australie occidentale, le bols de sandal. Le Cedrela australis donne des planches d'une teinte rougeâtre, fort légères et pourtant d'une grande dureté, le Tristania conferta,!' Acacia excelsa^VEucalyptus pilularis et le Melia azedarach servent
à la construction des canots; VEucalyptus maculata {spotted gum)y à la fabrication des bois de fusil ; le Melaleuca styphelioîdes à la fabrication du papier; le Freneîa Endlicheri à la marqueterie.
Le bois des eucalyptus est approprié à toute sorte de construction : charpentes de magasin, traverses de chemin de fer, planchers, bordages des navires, barriques. VExocarpus îcUifolia donne . un bois dur et serré, très employé par les ébénistes ; celui de V Acacia haipophylla, de V Acacia pendula^ qui répand une odeur de violette, est aussi très recherché.
Mais on détruit les forêts sans réfléchir aux dangers de cette criminelle imprévoyance. Les squatters ont trouvé un moyen bien simple de faire disparaître les broussailles et de renouveler les herbes, c'est d'allumer d'immenses incendies. Ainsi s'éclaircissent les forêts, que les troupeaux coi\tribuent aussi à diminuer en dévorant les jeunes pousses. En outre, les voyageurs ou les charretiers, qui campent dans le bush, rassemblent, pour faire leur cuisine ou chasser pendant la nuit les moustiques et pour se chauffer, toutes les branches sèches qui se trouvent à leur portée. Aussi les arbres sont-ils généralement espacés, et leurs troncs étroits et élevés ne portent de bran-
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ches qu'à dix ou douze pieds de hauteur. La hache du bûcheron a cerné de tous côtés les arbres, qui sèchent, meurent et se couchent les uns sur les autres. Il leur faut faire place à la prairie, au champ de blé, au verger, et à ces représentants de Tancien monde : le chêne, le platane, le peuplier, le saule, le pin.
Le journal Public opinion nous annonce que le gouvernement de TAustralie du sud s'est ému de la diminution croissante des forêts, qui augmente la sécheresse du clûnat. On a proposé un système de reboisement qui consisterait à conserver un terrain de 200 000 acres où Ton feraitdes plantations pour la somme de 335 000 francs pendant douze ans; pendant les cinq premières années, cette opération ne donnerait aucun revenu, mais ensuite eUe procurerait près de 90 000 francs par an, et au bout de vingt-quatre ans, la colonie aurait 200 000 acres bien plantés. Le journal auquel nous empruntons ce fait propose de modifier ce plan d'une manière qui nous paraît heureuse, en remplaçant de vastes parcs par d'autres plus petits qui, répandus en différentes localités, exerceraient une influence plus heureuse sur la distribution des pluies.
L'olivier, larbre à thé, le caféier, ne tiennent
guère de place que dans les cultures de fantaisie. Les ananas sont parfaitement acclimatés. Il n'est pas une seule des cultures européennes qui ne trouve un sol à sa convenance sur un point de l'Australie. Les sociétés d'horticulture ont institué des expositions de fleurs et de fruits. Les poires, les pêches, les pommes, les raisins : les choux sont d'une grosseur remarquable, a Tout abonde sur le marché, dit le docteur Bourse : volailles, gibier, viande de qualité supérieure de bœuf et de mouton. On a depuis quelque temps établi des usines pour la fabrication des conserves de bœuf. Cette abondance et cette qualité des vivres fut pour l'équipage une ressource précieuse ; et l'état sanitaire de YAtalante s'en ressentit d'une manière favorable. »
Les voies de communication sont nombreuses.
Les routes municipales sont en bon état, mais les chemins de traverse sont dangereux par les mau< vais temps et les voitures risquent souvent de s'y embourber profondément. Les chemins de fer sont admirablement établis. On n'y ressent pas de trépidations. Les rails sont fixés sur des traverses de gommier rouge.
Victoria possède près de 2 000 kilomètres de chemins de fer, qui ont coûté chacun 265 000 francs. Sur les chemins de fer de l'État on paye o',x5 et o'yii par kilomètre. En France, les chemins de fer de l'État font payer par kilomètre de 10 à 12 centimes en première classe. £n 1875 il y a eu 6 i65 076 voyageurs. Les recettes ont été de f>7 millions de francs, les dépenses de 14260000 fr. On étudie en ce moment le projet d'un grand chemin de fer reliant Brisbane au golfe de Carpentarie. C'est une entreprise ^gantesque, mais qui n'a rien qui puisse étonner après le chemin de fer des États-Unis de l'Atlantique au Pacifique ; la ligne sera bien moins longue. Mais il est vrai que le transport des voyageurs et des marchandises sera aussi moins important. Cette entreprise^ sans pouvoir être considérée comme d'un grand avenir, est autrementsérieuse que certains autres projets fantastiques de chemins de fer transcontinentaux. On espère que les voyageurs profiteront de la nouvelle ligne et débarqueront sur les côtes du golfe de Carpentarie, au lieu d'effectuer la longue, difficile et dangereuse traversée du détroit de Torrès.
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Le service des postes est bien fait dans Victoria. Le prix d'affranchissement est de o',2o pour i4 grammes; les cartes postales coûtent o^io. Il y a 900 bureaux de poste. Les coins les plus reculés de la province attendent rarement plus de deux jours leurs lettres de Melbourne.
En 1875 la poste a expédié 17 i35 lettres, 7 553 000 journaux, i 528 000 paquets divers. Tandis qu'en France chacun n'écrit en moyenne que 10,2, dans Victoria chacun écrit 20,2; en Angleterre c'est 33,4.
Les lignes télégraphiques couvrent dans l'Australie méridionale 7 240 kilomètres, dans Victoria 7 417. Dans cette province on a envoyé en 1875 753 000 dépêches. Un télégramme de dix mots coûte 1,25.
La plus grande ligne télégraphique australienne est la belle entreprise du télégraphe transcontinental. On ne connaissait ni le sol ni les habitants. Néanmoins en treize jours on arrêta le projet^ les Chambres le votèrent, on s'entendit avec les entrepreneurs, on signa le marché.
La ligne va d'Adélaïde à Port-Darwin et traverte.
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tout le continent dans ses parties les plus désertes. II fallait tout faire venir d'Europe, les poteaux, les fils, • les isolateurs. fallait transporter ces matériaux et des vivres pour les travailleurs. Il fallait défendre cette ligne de 5 400 kilomètres contre les naturels. Ils coupaient les fils, ils brisaient les poteaux pour en faire des hache3. On eut, pour les arrêter, Theureuse idée de soumettre quelques chefs prisonniers aux décharges de la pile électrique ; depuis les fils ont été respectés. Commencée en 1870, la ligne est entrée en exploitation le 12 août 1872. Le 12 novembre, deux banquets étaient donnés, Tun à Londres, l'autre à Adélaïde ; au commencement le président de celui de Londres envoya une dépêche à Adélaïde, il recevait la réponse au dessert.
Par le télégraphe transcontinental TAustralie se trouve reliée à TEurope par Java et Singapour. Une autre ligne, construite en 1875, 1876 et 1877, par ringénieur Knokey, unit Adélaïde à Perth; une autre Adélaïde à Melbourne, et Melbourne à Sydney et à Hobartown. Un télégramme de Londres à Sydney coûte i3',5o par mot.
Des lignes de bateaux à vapeur mettent l'Australie en communication hebdomadaire avec l'Eu-
rope par l'Orient-Line et la Compagnie pénînsu-
laire et orientale, qui envoient un navire chacune tous les quinze jours, en ayant soin qu'un intervalle de huit jours s'écoule entre le départ des bâtiments de l'un et celui de l'autre. En outre la Compagnie des paquebots du Pacifique et la Compagnie australienne et orientale expédient un paquebot toutes les quatre semaines. '
De Sydney on va en cinquante-deux heures à Melbourne, en cinquante heures à Brisbane, et en soixante-Klouze heures à Hobartown ; en cinq jours àAdélaîde, en sixjours àAuckland ou à Wellington ou à la Nouvelle-Calédonie, en sept aux îles Ficyi. De 1872 à 1878 inclusivement, on a construit dans la Nouvelle Galles 371 navires à voiles et 5o8 vapeurs, ayant un tonnage de 26 470. Il y a dans la marine anglaise des bâtiments construits sur les chantiers de Sydney.
Pour la valeur des échanges les colonies viennent dans l'ordre suivant : Victoria à peu près les 8/20 : la Nouvelle Galles 7/20 ; l'Australie du sud les 3/20; le Queenslandun peu plus de 2/20. L'Australie occidentale ne fait qu'un commerce insignifiant. La Nouvelle-Galles du sud a importé en 1 856 pour 126 millions de francs, en 1866 pour 221 millions, en 1876 pour 342 millions, en 1878 pour 369millions. Le chiffre de ses exportations
pendant les mômes années à été de 85, 212, 325^ 324 millions. La part de la Grande-Bretagne est d'environ 45 p. 100 dans le commerce d'importation et de 4^ P- 100 dans le commerce d'exportation. En 1878 il est entré dans les ports de la colonie 2 5oo navires, dont 2 3oo anglais, 100 américains, 4o français.
Les importations de l'Australie occidentale consistent surtout en chevaux, moutons, poissons, farine, garance et peaux ; les exportations en laine, perles, bois de sandal. Les premières étaient en 1878 de 9 5oo 000 francs, les secondes de 10700000 francs.
Le chifiDre des importations de Victoria, comprenant du sucre, de la laine, du bois, du thé, était de 4o millions; celui des exportations, comprenant principalement de l'or et de la laine, de 375 millions. Parmi les marchandises importées i5o/iooo viennent d'Angleterre, 243/1000 de la Nouvelle-Galles ; 58o allaient à Melbourne. C'est de ce port que partaient les 893/1000 des exportations; 433 dirigés sur l'Angleterre, i44 sur la Nouvelle Galles.
Le Queensland, qui importe pour près de 86 millions de francs exporte en tout pour 80 millions où l'or etle cuivre, puis la laine, les peaux et le suif, occupent le premier rang; le sucre et le coton
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y entrent pour 4 millions et demi seulement.
Sur les 1 34 millions de francs qu'exporte l'Australie dn sud, la valeur provenant des possessions anglaises est de i 800 000 francs ; sur les 123 millions importés, qui consistent principalement en suif et en fer, 7 800 000 en proviennent. Xérès, Porto, la Prusse rhénane, le cap de Bonne-Espérance, Bordeaux envoient leurs vins ; TAngleterre ses liqueurs spiritueuses, du zinc, de la poudre, des objets manufacturés.
Nous ne saurions terminer ce chapitre de la géographie économique sans dire un mot des expositions récentes. L'Australie avait tenu un rang honorable aux expositions de Londres (i85i) et de Paris (i855 et 1867). Elle a voulu avoir son exposition universelle. Après celle de Sydney, a eu lieu celle de Melbourne, qui a été, paraft-i),une véritable révélation ; on y voyait un assez grand nombre de produits européens, surtout anglais, français et allemands, les thés de THindoustaa et de Geyian, qui ont trouvé désormais en Australie un marché important, les blés d*Adélaîde, les perles du Queensland, les vins de la Nouvelle Galles,
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d(^ belles collections de bols de construction et d^ébénisterie des diverses provinces, et toute une série d'animaux indigènes de la Tasmanie. Les rapports des commissaires généraux étrangers
constatent tous les immenses progrès accomplis par rindustrie manufacturière locale.
Enthousiasmés par le succès de l'exposition de Melbourne, MM. Joubert et Towpeny ont voulu montrer les produits européens aux habitants d'Adélaïde. Malgré l'opposition des négociants de la ville, qui craignaient la concurrence étrangère, le maire, M. Smith, accorda son patronage à l'exposition. Elle fut ouverte le 21 juillet 1881, au milieu d*un grand concours de population, et elle a été fermée en novembre. Une grande exposition internationale est projetée à Adélaïde pour 188G.
Melbourne vient d'avoir une exposition de moutons très remarquée.
En janvier 1882, une exposition de laines est ouverte à Brisbane. ^
Ainsi les colonies australiennes entretiennent des relations de plus en plus fréquentes avec l'ancien monde, et ne craignent même pas de convier les industriels européens à ces tournois pacifiques, on les frères aînés sont quelquefois vaincus.