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| — Savez-vous, Mady ? dit-il pendant que. La jeune JE femme allait et venait, disposant une nappe et des tasses sur un guéridon, tout en véillant au chocolat qui chauffait sur un fourneau à gaz dans la petite cuisine. Savez- to vous ?.. . Nous devrions Fe en costume. At Elle approuva, enchantée. no: é 4: — Oh! oui, la bonne idée!... J'ai justement reçu mes 4 vêtements ce matin. . Rte RUN SR RH # 11% ‘Puis, sé ravisant: : F | pu: Mc e2Mais vous ?..
moi node fit un rai ; . — Vous avez bien quelques draperies, “quelques chif- + fons à me prêter ? | |
— Non... Ah! si, peut- être. à PNB Fe Re Et, tout en versant le chocolat bouillant, croquant son
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‘pain, avalant de temps en Lemps une gorgée, elle courait Je ‘A satharnpés. bouleversait armoire et DEA) déphiait * ne Ms des étoftes. TE f hs Silencieux cl vaguement inquiet,” son appétit coupé, Fa
Ca: stély mangeait sans goût. Il ne tarda pas à repousser | sa tasse à demi pleine, le petit fait à peine entamé PÉNORCEE
pe:
“La | Boustière échangérent un regard iuvolon… ra
ms Je crois que je ferai mieux de vous s‘Jaisser répé- nie “ter, prononça le jeune homme indécis. È on Ne Mais La Boustière le supplia, sincère. | ie : 1 Non, restez !.. PE vous assure que Je vous en sau- D: nue | \RAS Sa jalousie première dobrée. il s ’accrochait à ce ne lui -ci, qui peut-être le défendrait de l’autre. Jacques d de Caula avait fait son choix.
. — Laà!. . Maintenant, .Mady, ie -vous et lais- À sez-moi la cab ensuite. De . rire de la jeune femme sonna. nn #0 Tenez, pour aller plus vite, je vous sbandodbe lé — cabinet de toilette, enfermez vous.ÿ, je m cu. . dans ma chambre en même (Érpe, Il acquiesça : — Bon. | D Et il disparut aussitôt dans la petite pièce, pendant que Mady plaçait le PaTaes devant la porte ouverte ji ai. Re AU URSS — Comme cela, cria- Le elle aux autres Re vous ' i | pouver causer, Je vous entends. | | Mais aucune parole ne montait à e étre 1:
guettaient malgré eux le léger bruit du déshabillage de. Ja jeune femme. | ‘ | Hu ù Cependant, pour se donner une contenance, Robe “ feuilletait la brochure de la Résurrection du Christ, sie sur la table. IL posa quelques questions. La Bous- HÈTG)S anima soudain et, prolixe, conta la genèse de son œuvre-— éclosion de son âme de timide, dé Hide et 14 . de rêveur. Fit A (204 ue L'apparition adorable de Mady coupa ses’ confide Mes ue Incarnant si peu le type traditionnel d’ pute . | blonde de la Magdeleine, Mady, après réflexion, avait is
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décidé d'en faire une création tout opposée. 4. foi de . lourdes draperies dont les peintres affublent le COrps ee . charnu de l’amante de Jésus, une mince tunique desoie + blanche souple épousait étroitement ses formes élan- : . cées, laissant ses bras complétement nus entre les longs \ pans fendus des manches en soierie d'Orient rayée de. jaune et de grenat. Une écharpe jaune et violette enserrait ses cheveux noirs, flottant sur ses épaules : deux minces tresses renouées de cordonnets de soie jaune, verte et violette retombaient de chaque côté de son visage. Sans fard, elle avait néanmoins allongé et avivé ses yeux de kohl sombre. :
Elle glissait sur le tapis,ses pieds nus en es sandales “de maroquin Jaune fau le bord de sa tunique traihante. | | Se
Elle s’arrêta devant les deux hommes.
: — Je vous plais ? adressa t-elle indistinctement à l’un el à l’autre.
Robert ne répondit rien, se renversant sur le canapé, .ses yeux suivant avidement les contours de cette chair. ‘intime inconnue, qu’il imaginait pâle et fine, sous 2 draperie si fidèlement obéissante.
La Boustière la contemplait, plongé dans une ivresse infiniment plus mystique que sensuelle.
. — Mon rêve! murmura-t-il presque indistinctement.
La Magdeleine! la Magdeleine ! : |
- Dans sa bouche, ces late semblaient avoir un sens
. Fa mystérieux, profond, lointain, incommensurable, ainsi que le désert, # Mais un souffle de brutalité parut traverser la pièce in Avec le geste de Jacques de Caula, qui repoussait le paravent ( et paraissait, dans la Linie de sa demi-nudité ro ocante. Une pièce d’étoffe de soie de Chine vert était nouée bas sur les reins, telle qu le de
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nant vers Mady avec un incroyable mélange de galan- is
IL expliqua :
— Ce sera l'affaire du coiffeur de modifier ma tête. o à brune en blond, mais puisque c’est aussi votre avis, mon cher auteur, je romprai résolument avec Étaucae tra- : ‘ dition qui revêt le Christ du costume et le coiffe des longs cheveux des chrétiens gaëls et celtes du deuxième
ou du troisième siècle. je ferai de votre léssous, le juif
oriental qu’il devait être. Le digne partenaire de cette .
incomparable Magdala que voici, ajouta-t-il en se tour-
terie,. d’effronterie et d’ impudente vanité. Il étalait sa beauté comme si elle eût été à vendre. Droite, immobile, ses bras pendant le long d’elle, | Mady le considérait avec une apparente ai un peu
méprisante ie démentai l'imperceptible frémissement
de ses narines.
rant la naissance de ventre audacieuse he ment nu. Le torse rie mince et vigoureux, à l’épi- Ho : -derme délicat, ‘complètement glabre, ou soigneusement ne apparaissait presque entièrement sous le haïck de soie blanche dont il s’était drapé avec un art tout orien- 0 ME Sur sa tête, un autre haïck formait turban etretom- bait en arrière.
Non qu’à cet instant celte chair d'homme l émût < sen- .
suellement; mais elle devinait le vouloir du célèbre comédien de 14 séduire, et, quoi qu’elle en eût, elle était flattée. Jacques mettait à ses pieds mieux qu’un désir
banal, mais l’enivrement de tous ses succès. Il semblait à l'artiste fougueuse qu’elle était, que de lui émanät - indicible griserie des applaudissements frénétiques qu ue commandait à son gré.
Le Commençons- nous ? fit-elle avec une certaine brus, querie. :
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Et elle jeta a brochure à La Boustière. LR e.
ee ne douceur inusité pour prononcer ce ne
us et moi:
IL parut à Robert, révolté, de Madyÿ avait: cc Pub a at De Caula s’était reculé. Quelque c ; d’indéfinissable s'était répandu sur ses traits. Il n'était plus lui: il ne marchait plus eu cette chambre ; il jouait, transporté
| “ii elle, car nous on déjà partent scène, |
en un monde de convention et de rêve où, Mady elles,
aussi instantanément, s'était élancée : ses beaux yeux
non pas lernis mais embués d’un mystère troublant.
La scène d'amour comme ça entre Iéssous et Mag- dala, dite en entier, puis repri e dix fois, semblable touours et pourtant g grandissant chaque fois en*force et en émotion en le silence absolu de la chambre, où deux !
lampes voilées d’abat-jour projetaient sur le couple quasi
divin des lueurs inégales, mettant en valeur, suivant
leurs gestes, tel pli de leur vêtement, telle partie de.
leur visage, telle place nacrée ou doucement ombrée
de leur chair nue. ÿ La grâce de leurs bras dévoitée était remarquable chez tous deux ; la fragilité menue et longue de ceux de
Mady ét dune beauté inouïe lorsqu’elle s’enroulait à
Ja vigueur mate, sans exagération musculaire, de ceux’ de Jacques. Et leurs étreintes, avaient une volupté indescriptible, à cause de la demi-nuit, de l'intimité close de la pièce étroite, du mutisme et de l’immobilité des
U deux hommes présents, domptés par un obseur senti-
ment, où une inavouable ] Joie sensuelle étouffait leur j Ja-
* Dusie instinctive et leur égoïsme individuel.
: : Avec la volupté froide, pour ainsi dire cruelle, qui était en lui, Jacques de Caula attisait l’émotion ardente | qui montait de leur duo, opposant à la passion brûlante
des tirades que Mady traduisait avec une violence tout
re
nsualité mystique de son | vetbe je din.” FR Et sa he il joignait le geste sournois et calculé, gbbissait. =. ct ii | em