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| ces ride d'anciens contours dus ue Li
Sous ln tente dressée au milieu du la plage. déserte, : D était crue, en opposition violente avec la clarté 0 da sable et surtout avec létendue de fan mer, qui scin- 4 tillait intensément, sans couleur, rien que de métal en 0 fusion, à lPincessant clapotement muët, éblouissant de mille prismes changeants. | | 00
Ce n’étaient plus le soleil discrét dans sa pourtant vive ‘4 lumière, le soleil pour ainsi dire parisien de Trouville, ‘à ni les brumes claires et fraiches du pays normand.
L’on était au Croisic qui, aux Jours d’août, donne l'illusion d’une côte beaucoup plus méridionale, avec | Nb excessive de s son ie achevant jet cuire > Res Ssa-
De
Plus loin que Port-Lin, la plage bordée d’é É villas, où les baigneurs s entassent, madame Heur
| rh a Dar dei sa ne sous une vaste tente
or à demeure, surveillant les jeux de l’aînée de ses
filles, soignant la seconde que sa coxalgie forçait à une
. presque complète immobilité.
Fo Ces jour- Ja, il y avait dans le petit salon en plein air, | outre la mère et Les deux enfants, Suzanne Castély en.
e séjour “me un mois chez son amie, puis Robert et 1 ii
lien Dolle. : | ne à
: à st D ace le docteur, à la suite de l'affaire def
nitivement conclue avet la marchande d’antiquités s'était
| décidé à venir au Croisic, résolu à tenter un dernier ef-
fort auprès de madame Féraud, vers laquelle le rame ni
nait un désir tenace, exaspéré par la résistance obstinée ie
de la jeune lemimen At oi Crau
: En ce moment, il tenait. solidement les dus mains s de
da jeune Marguerite, l'ainée des Féraud, qui essayait |
ie vainement de s'échapper, mi-rieuse, mi- colère.
Mince et longue, Penfant avait de beaux yeux noirs * expressif, brillant dans le hâle uni du visage à l’ovale D. prononcé, à la bouche et au menton volontaires. ! PMR Lâchez- -moi, docteur! criait- elle, avec cette nervosité particulière des fillettes très précoces dont l'inno- : cence physique est déjà traversée de vagues troubles. . Ÿ = Du tout! répondait le docteur taquin. Je veux que | tu me dises toi-même tes projets d'avenir. . Est- cé Vrai Le que tu veux devenir médecin? AL Le — - Lâchez- moi ! répétait elle en n trépignant. Je ne vous “ À dirai rien, rien! Je vous déteste! Re
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“Julien riait.
— - Bah! !cen eut pas vrai! Tu mn? aimes beaucoups. % au contraire !.. Na ne
— — Laissez- la du ! ne trouve pie. et injuste que ue
Pon abuse de sa force et de sa supériorité envers les enfants!. . Si j'avais su que vous taquineriez Marguerite, jamais je ne vous aurais parlé de sa vocation .…
Le docteur l’interrompit, ironique.
— Vocation !... à son âge, c est un bien grand mot.
Madame béraad riposta avec vivacité:
— Ah! vous êtes comme tout le monde!... Vous ne pouvez admettre que les jeunes intelligences renferment souvent des idées graves: | à
Devenu tout à coup sérieux, Julien no abandonné la fillette qui, bien que demeurant. boudeuse, ne s’éloi-, / gnait point, à présent qu’elle était libre.
— Je vous demande pardon à toutes deux, fit- ï- avec une contrition à peine moqueuse. F #
Ibn avait pas prêté grande attention au sens des pa roles prononcées par Henriette, mais il subissait le charme de sa voix très harmonieuse, très. diverse, mer es veilleusement changeante selon les pensées et les émo- a tons de la jeune femme. :
— Médecin? reprit-il. Et pourquoi pas? ( est une carrière comme une autre pour une femme, maintenant que tant d’entre elles prennent une profession . ei
Et, ses yeux étudiant la fillette campée devant lui, et dont le regard e revenait trouver, mi-admiratif, mi- ran- Chpeux :
— Médeein, comme moi? fit-il d’un ton one Une rougeur intense monta au visage de Marguerite. Elle fit un grand geste de protestation. LE — Comme vous, oh! non pas! jeta-t-elle avec violence. Moi, je guérirai les femmes, et surtout je les empécherai de se faire soigner par des hommes ! |
LA
puis, désespérant soudain de son éloquence, elle tourna le dos et s’enfuit, avec toute la vitesse que lui permet-
Julien Dolle parti d’un ect de rire note — Voyez-vous la concurrence, déjà !
La fillette eut un mouvement de dépit de se voir si mal comprise. Elle ouvrit la bouche pour s expliquer ;
taient ses jambes nues, maigres, mais bien dessinées. — Marguerite! reviens !... cria en vain le jeune
homme.
.— Vous vous méprenez. sur ce qu’elle veut dire, affirma madame Féraud. Je vous assure que sa vision très juste, très belle et très large du rôle du médecin-femme “A est telle qu ’elle pourrait lavoir et l’aura peut- être en- ; core à vingt ans.. |
— Quel âge a-t- le votre fille ? demanda Julien.
Ce fut Suzanne Castély qui répondit :
— Bientôt onze ans, n'est-ce pas, Henriette ?
- Amaigrie, nerveuse, plus jolie peut-être qu’autrefois, | mais étrangement fanée, avec déjà des tares de vieillesse commençante, finie en quelque sorte avant d’avoir at- | - teint vingt-deux ans, Suzaune exultait depuis que Julien Dolle avait formellement consenti à l’opération qu’elle sollicitait. Elle était fermement convaincue que celle ci la délivrerait des malaises qui la poursuivaient et gâ- taient sa vie. | Hi Elle serait l'héroïne de la première grande opération An qui aurait lieu dans la nouvelle clinique. Ce serait l'inau-
guration de l'établissement qui ouvrirait en octobre.
Déjà, une copieuse publicité avait été faite célébrant la clinique essentiellement moderne et cosmopolite.
Madame Féraud continua la conversation, répondant à Suzanne. | | | — Oui, Marguerite aura onze ans le mois prochain … Cest une tout à fait grande fille, et qui, depuis deux ans,
j . est développée. avec une rapidité extraordinaire, au moral comme au physique. |
que, sous prétexte de leur épargner des désillusions 4 des fautes, on ne les prive pas de tout ce qui fait la sa- veur intense de quelques années ?.… Ne vaut-il pas mieux
expier, payer des heures de Lonhn aveugle, n’est-i pas préférable de les avoir au moins goûtées ?.… Est-ce
8 + Suzanne eut un petit rire où transparaissait un a impere ceptible blâme. * | :
—— Dame, tu lui laisses tout iron UNS He Tont.. certes, non, fit doucement Henriette. Mais, ‘3 ai trop souffert autrefois de mon ignorance de la vie ca des êtres pour ne pas vouloir avertir et armer ma fille. we
Dolle hocha la tête. ren —— Evidemment, cela est tentant en thés. Reste à savoir si la jeune fille ayant mesuré d’avance toutes les
laideurs matérielles et morales de l’existence et de Phu- .
manité, gardera le ressort, le désir de vivre nécessaires. Suzanne s’écria : x pic 144 — Oui, voilà l’écueil de l'éducation des jeunes les |
telle que, peu à peu, on arrive à la comprendre... Est-
souffrir de déceptions que de n’avoir jamais connu die N. lusions et par conséquent de joies? Si un jour Von doit
exister que de vivre éternellement d’une vie nette, dés busée, perspicace, clairvoyante, nue comme un mi d’hôpital!. à Julien hocha la tête. Do à
— Il y a du vrai en cela... Sans le mirage, l’inconnu dans lequel nous avançons, qui voudrait, qe PONrEAIE | résigner à vivre !.. | % Héurteute nd avec lenteur, les ie. perdus da lPimmensité lumineuse de hab ois 5 | — des ne suis pas du tout de votre ie Jec Crois qu
“ e not re ignorance... ou pou mieux de ne Se mauvaise c connaissance des réalités... . Le bonheur n’est | pas un tissu d'illusions, osnahres fatalement destinées à être déçues… il réside dans un idéal tout proche, qu'il est donné à chacun d'atteindre, mais que trop sou- o
vent l’on ne sait pas apercevoir. (Eee) 4e Suzanne eut une exclamation douloureuse.
mer de bonheur !.… tout semble ligué, choses et gens, 1 nie ceux qui pourraient le connaître, qui souhaitent le plus ardemment le garder! | tn à Julien Dolle haussa les épaules avec ÉnRasen ae Qui peut se vanter d’être heureux!... sinon les “AR brutes qui végètent sans réflexion et sans sensation !.. 1 . Madame Féraud s’anima :
1" et Pourquoi les êtres intelligents s ‘acharnent- 11S; 40e = chercher le bonheur dans les nt audieu de le pren- Us dre dans la réalité? : | Lee ; “El riposta avec amertume : — Parce que la cn liLé S ae At ‘ignoble, écœurante. Mar ea el
— Cest vous qui la faites ainsi! |
— - Ah! si vous prétendez réformer l'humanité!
Fa Vous n’avez pas les bras assez solides, ma pauvre amie he Henriette répartit avec vivacité : : AY ut ! 2 DU. Voila le raisonnement qui perd le OHdE Le . Sous : ‘10 prétexte que les autres agissent mal, vous les imitez !.… Lt | Vous redoutez d’être seul courageux et vous fuyez, sans réfléchir que c’est la défection individuelle qui créeile:. 2 fléchissement universel !. . Si chacun faisait son devoir, marchait dans la voie los résolument, combien lé AR quilibre serait vite rétabli! i
— D’accord, mais comme c’est irréalisable, pourquoi voulez- -vous que lindividu entreprenne une lutte impos- | D eSiblés dans laquelle il se brisera les reins inutilement ?... A ù du re Inutilement l... jeta-t-elle frémissante. Jamais au-
fé
vérité, la belle connaissance que le jeune homme de vingt à vingt-cinq ans a de la vie, aussi bien intellec-
cun “effort, si isolé ue “ n’est on vain! ! ‘ Et, le serait-il, qu’il crée encore le bonheur individuel
; pour celui qui goûte la joie d’ avoir accompli intégrale- ‘ment son devoir... !: | Le
— Voilà une bacon bien problématique !
— Non pas, pour ceux élevés sainement!... Et c’est
justement, parce que vous êtes des dévoyés, Le égarés dans un faux idéal extra-humain que vous ne savez pe ÿ €
trouver le bonheur dans la vie réelle!
Suzanne protesta, une émotion dans d VOIX :
— Comment pouvez-vous parler de la sorte, Henriette, vous qui avez été si cruellement éprouvée par cette vie
qui nous déchire tous!... Vous, qui avez coudoyé tant
de peines, de chagrins et de misères |... Ah! si l’on n’avait pas le rte l'idéal irréel, menteur si l’on veut, mais si reposant, si doux... Mon Dieu, dans quel enfer
serait on?.… Et, c'est injuste de dire que notre souffrance provient de nos fautes... la plupart du temps, ce sont :
les événements, ce sont les autres autour de nous qui nous entraînent, qui nous dominent !..
Parce que tous, tant que nous sommes, hommes et femmes. nous parvenons à l’âge adulte, au moment d’a-
gir, insuffisamment avertis, n'ayant jamais pensé pro-.
fondément, n’ayant jamais envisagé les questions capitales de l’existence, étrangers à tous les problèmes
d quotidiens quise dressent devant nous, inexperts en tout,
ne sachant pas plus voir en nous-mêmes qu’en autrui. Suzanne accorda : à — Les jeunes filles sont peut-être ignorantes, mais les hommes!..
Madame Méard affirma avec force:
— Tout autant! et souvent plus encore! Ah! en
dans on à ue crée la vie Lolaire, entre denses : q gnement dogmatique et fossile du cours de philosophie
déguisé sous un nom ou un autre, eble bavardage absurde
et immonde chuchoté à son oreille par des camarades pervertis!... Son bagage intellectuel se compose d’un
sance de quelques mystères sexuels guettés au seul point de vue de l’égrillardise et.de la saleté... En réalité, il na pas en lui l’ombre d’un développement intellectuel personnel, une seule idée de conduite pratique; il ignore tout de ses organes les plus essentiels ainsi que de ceux
comme dans l’autre, il s’abandonne à ses instincts, parfois déviés, toujours obscurs et vagues.
" e Suzanne restait silencieuse, ne suivant pas entièrement ï la pousse de son amie. Julien Dolle objecta :
— Vous souhaitez une éducation mentale plus appro- .
fondie, une instruction physiologique plus large pour l'adolescent, fille ‘ou garçon?... Comment voulez-vous y
parvenir ?.. La morale enseignée sera toujours un rado-
tage de pédagogue qui glisse sur Pindifférence et l’inat-
tention de l'élève. et, un cours sur la génération de-
viendra forcément une cause d’agitation malsaine, un apprentissage d’érotisme: PE ou moins déguisé pass les enfants qui l’écouteront.
Henriette se récria :
tions péremptoires, de préceptes sans bases positives!
Oui, si D onu traitant de la question sexuelle se
lot de lieux communs, de rengaines sur les femmes, la. société, la morale, qu’il débite d’un air plus ou moins - entendu. Sa science physiologique se borne à la connais-
dela femme... Il est aussi incapable de diriger sa vie oc que son existence physique. . Dans l’une
— Oui, s’il s’agit de morale empirique, faite d’asser-
faiten ti se “ a sciences qu’i “ der qu'avec soi-même, et le livre est le meilleur de F. maîtres pour des sujets où même Ja dualité est à un | de trouble. HS AT Ne qe Dolle hockia fartétes #0 Nat it À Le livre est parfois le pire initiateur. Oui a ce é: que l’enfant découvre entre les lignes les plus austères.. + . = Quels délires ignorés surgissent pour lui de pages de science pure. | LENS Madame Féraud nia : sn da — Ceci est faux, lorsque l'enfant est sain, vigoureux, vraiment bien préparé pour tout connaître de la vie!.. | | Dolle résuma : | Nr es En somme, vous pensez qu il est bon pour l'entan