Schumacher, op. cit., p
homme qui a un passé littéraire ! « Il n’y a qu’un poète artiste et styliste comme Villon qui offre rien d’égal à la versification de Pathelin ! ». À Villon on pourrait joindre Charles d'Orléans et Martin le Franc. Pour des raisons diverses (nous les avons déjà exposées en ce qui concerne Villon et il serait oiseux de les donner en ce qui concerne Charles) les deux premiers sont hors de cause comme auteurs possibles de Pathelin. Il en est de même pour Martin le Franc, qui, du reste, est mort en 1463, c’est-à-dire un an avant le ferminus a quo de la Farce. Il faut chercher ailleurs. Et chercher parmi les auteurs qui florissaient dans les années où se place ce chefd'œuvre, dans le pays normand et dans le monde des clercs d'église.
Or, à l’époque, dans le lieu et le milieu susdits, il se rencontre un des poètes « les plus célèbres de la secondé moitié du xv° siècle », qui fut aussi un des meilleurs du xv° siècle tout entier, un écrivain qui, comme versificateur, fut pour le moins l’égal de Villon, de Charles d'Orléans et de Martin le Franc, un artiste si original et si adroit « qu'il fait penser à Marot... et qu'il a eu l'honneur insigne d’être imité par la Fontaine? ». Ce poète est Guillaume Alecis, auteur des Faintes du monde et du Blason de faulses amours.
Il est si oublié que nous nous sentons presque obligé de nous excuser d’avoir songé à lui. S'il n’était que ce que nous avons dit : un bon poète, un versificateur expert, si même il ‘ était ce que nous montrerons : un des satiristes les plus incisifs de son temps, ce ne serait point assez encore. Mais si nous avons songé à Guillaume Alecis à propos de Pathelin c'est que Guillaume Alecis, lui, y a beaucoup songé : il a été le premier à se servir comme nom commun du mot pathelin ; c'est son œuvre qui offre les allusions les plus anciennes, les plus nombreuses, les plus littérales à Pathelin ; dans ses Faintes