‹ L'auteur de la farce de PathelinChapitre 25 sur 67 · Schumacher, op. cit., p · texte numérisé non relu

Schumacher, op. cit., p

2 Cf. A. Piaget et E. Picot, Œuvres poéfiques de Guillaume Alexis, 1896-1908, 3 vol. [SATF.], t. I, pp. 1, 58, 157; t. III, p. xiv. — Nous citerons le”poète d’après ce recueil sous les initiales G. A.

Go ogle

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du monde surtout on retrouve les personnages, les thèmes de la Farce rendus avec une précision, une fidélité que ne sauraient expliquer les jeux du hasard et du souvenir. Pourtant, avant de montrer comment Pathelin s’éclaire à la lumière de l'œuvre d’Alecis l'écrivain, il sera bon d'essayer de faire vivre la physionomie d'Alecis l'homme. On verra qu’elle n’est pas sans intérêt ni même sans mystère. | Guillaume Alecis — et non Alexis, la première forme étant attestée par les signatures autographes — s'appelait en réalité Guillaume de Hareng !. Il parait avoir appartenu à une famille patricienne normande dont le lieu dit de la Chapelle Hareng (Capella Alexis) dans le diocèse de l'Eure conserve le nom. Cette famille remonte au xr siècle en la personne d'Onfroi Harenc. En 1378 Guillaume, fils de Simon, laisse son nom patronymique pour prendre celui de son fief de Gauville ; en 1425 un Guillaume Hareng faisait des libéralités à l’abbaye du Bec. Avec cette date de 1425 nous sommes tout près de la date probable de naissance de Guillaume Alecis dont le premier poème, daté de 1451, est bien clairement une œuvre de fin d’adolescence. De même, avec Gauville et le Bec nous nous rapprochons de l’abbaye de Lyre dans l'Eure où s’est écoulée sa vie de religieux. Nous verrons plus loin les raisons qui nous invitent à penser que Guillaume Alecis fut « aprins à l'escole » dans une autre abbaye de la région, celle de la Croix-Saint-Leufroy. Quoi qu’il en soit, même si son enfance s'est passée à l’ombre de ce cloître bénédictin, notre homime n'a senti qu'assez tard l'éveil de la vocation monastique. Sa jeunesse fut joyeuse, galante, un peu trouble, ainsi qu’en témoignent les confessions dont ses œuvres abondent. Il fut un de ces « gorriers » ou de ces gommeux à la mode de 1445 dont il a peint avec un coloris verveux les pourpoints à jours, les gants à trous, les chapeaux à frisures et les escarpins à

1. Pour les données biographiques consulter la notice sur Guillaume Alexis, Évreux, 1907, par l'abbé Charles Guéry, et, du même auteur, L'histoire de l'abbaye de Lyre, Évreux, 1917. — Alecis est le génitif de alex qui signifie hareng.

barbes d'écrevisse. Quand nous étudierons en lui l’écrivain nous retrouverons ces confidences où il s'attarde avec un remords complaisant sur le temps passé joyeux « qu’il souloit aux dames plaire ». Nous le verrons même parmi ces souvenirs évoquer une aventure de coureur de guilledou qui est — chose curieuse — devenue le thème d'une farce du temps. Pour le moment il suffira de citer la plus énergique de ces remembrances tirée de son premier poème, l'4 B C'des doubles. Alecis s'en prend à « Luxure la maquerelle », qui, sans le secours de la Vierge, l'eut fait sombrer corps et âme, et il ajoute :

Mais sur moy n'ay vaine ne membre Qui ne tremble, quant bien me membre

Du Monde et de son faulx mestier.

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