‹ L'auteur de la farce de PathelinChapitre 26 sur 67 · ABC · texte numérisé non relu

ABC

Le poème auquel nous empruntons ces vers d’une contrition angoissée marque, croyons-nous, la période de conversion d'Alecis. Mais nous ne pensons pas que lorsqu'il l'a composé il fût déjà moine ni même qu'il fût en Normandie. En effet, à la fin del'À BC, aux vers 1265-67, le poète, s'adressant à son livre et lui souhaitant de répandre la bonne parole, lui dit :

Tu ne rencontras vent du moÿs En ce doulx pays de Vendosmoys Qui mieulx respondit à ton vueil [vœu].

Il faut noter que cette indication de lieu précède de quelques vers seulement l'indication de la date du poème, l’année 1451 (vers 1283). D'autre part, aux vers 864-65 Alecis parlant d’un ennemi qui le menace se rassure en disant :

Il ne peut adversaire mectre N'a toy, n'en Anjou ne ou Mayne.

Il nous semble que ce n'est pas au hasard que Guillaume Alecis nomme ici ces régions voisines du Vendômois qui est

Go ogle

GUILLAUME ALECIS L'HOMME 71

nommé à son tour dans la partie terminale de son poème. Si telle est la sphère d'action où son adversaire peut songer à lui nuire c'est évidemment que lui-même était dans ces parages. Au reste l'analyse des vers où Alecis parle de l’ennemi en question confirme cette conjecture. Il nous présente ce personnage comme un envieux qui l'a calomnié auprès de grands seigneurs. Mais il précise : il s'agit d’un homme de lettres qu vit aux crochets des grands.

Vous, seigneurs, qui l'escoutez lire

Et qui a pain et pot l'avez...

Et comment vous en plaist le chant ?

Mieux amez oyr sa leczon

Que de l'euvangile le son. (750-51; 756-58)

Or, quarante vers plus haut, Alecis avait déjà dit de cet écornifleur :

Ung medisant qui semble l'ange Gabriel les nouvelles livre; Son contredict il fait delivre. (716-18)

Ici il nous semble tenir du poil de la bête et que ces trois derniers vers désignent par deux allusions l’homme à qui pense le poète. La première de ces allusions, celle à l’ange Gabriel de contrefaçon, ne peut mieux s'appliquer qu’à l’auteur de la Cornerie des anges, Pierre Chastellain dit Vaillant. L’archange Gabriel était le corneur en chef des anges ! dont Vaillant a trompeté la cornerie dans son poème. La date de la Cornerie des anges de Vaillant n'est pas connue, mais tout porte à croire qu'elle est à peu près 1450. C’est à cette époque en effet que commence à s'établir la réputation de Vaillant, réputation fondée précisément sur ce tour de force baroque en rimes équivoquées ?. Au reste c'est à ce même genre qu'appartient

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