‹ L'auteur de la farce de PathelinChapitre 43 sur 67 · G.A., t.1, pp · texte numérisé non relu

G.A., t.1, pp

sept fois entre 1486 et 1500, le Blason l'a été vingt-cinq fois entre 1500 et 1614. C'est, à notre connaissance, avec Pathelira la production poétique du xv° siècle qui a été le plus souvent réimprimée. MM. Piaget et Picot en énumèrent trente-quatre éditions différentes et ils ajoutent que leur liste n'a pas la prétention d’être complète. Que ce succès vraiment éclatant soit justifié par les qualités littéraires et dramatiques du poème de Guillaume Alecis, c'est ce que nous espérons montrer un peu plus loin. En attendant, nous en appellerons au jugement des érudits que nous venons de nommer : « Le Blason de faulses amours, écrivent-ils, est de tous les ouvrages de Guillaume Alecis le plus connu; il a eu l'honneur insigne d’être imité par La Fontaine, ce qui suffirait pour le préserver de l'oubli. Il a d'ailleurs des mérites propres qui lui assurent une place à part parmi les productions de la littérature française du xv° siècle. Écrit d’un style alerte et vif, le Blason de Guillaume Alexis fait un heureux contraste avec tant de poèmes prétentieux et lourds, des Pierre Michaut, des Meschinot, des Georges Chastellain, des Molinet, des Cretin et d’autres « rhétoriqueurs » de même espèce. Par ses qualités d’esprit et de clarté, le bon moine de Lyre, qui s'intitule lui-même « un homme plaisant entre mille » nous fait plutôt songer à Clément Marot ! ».

Comme l'indique le titre, le Blason est une satire des amours illicites. C’est un sermon aussi, si l'on veut, mais qui prêche en chantant. « La forme de ce joli petit poème est très remarquable et originale. Toutes les strophes sont de douze vers sur deux seules rimes, ainsi distribuées : 4 aab aab bb 8 a bba. Cette strophe n'était pas entièrement nouvelle : de nombreux poèmes du xui° siècle, de Rutebeuf, du Reclus de Molliens, par exemple, sont composés de douzains pareils, en vers octosyllabiques. Ces douze vers octosyllabiques sur deux seules rimes exigeaient une grande habileté, mais n'allaient pas sans engendrer quelque monotonie. Guillaume Alexis eut l’idée de

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leur donner la variété et la vivacité qui leur manquaient : il réduisit les quatre premiers vers à quatre syllabes. C'était augmenter la difficulté de cette strophe déjà difficile. Guillaume Alexis s’en est très habilement tiré. Et il serait fort difficile aujourd’hui même, comme le remarque Viollet-le-Duc, de surmonter avec plus d'adresse les entraves que s'était imposées le bon moine de Lyre ! ». | |

La Fontaine qui se connaissait en rythme a bien vu ce que celui d’Alecis avait d’aérien et de narquois. Il a composé, comme il dit, « en vieil style, à la manière du Blason des fausses amours », un de ses plus jolis contes, celui de Janot et Catin ?. Voici pour comparaison le début des deux poèmes :

Ung jour passoye

Près la saulsoye,

Disant sornettes.

La chevauchoye,

Dont je chantoye

Telz chançonnettes :

« Toutes flourettes

« Sont amourettes ; « C'est de plaisance la montjoye, « Bon fait toucher ces mamellettes. »

Et, après plusieurs bergerettes, Souvent je la recommençoye.

(Blason, 1-12)

Un beau matin, Trouvant Catin Toute seulette, Pris son tetin

Par amourette,

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