‹ L'auteur de la farce de PathelinChapitre 45 sur 67 · Ch. Guéry, Guillaume Alexis, p · texte numérisé non relu

Ch. Guéry, Guillaume Alexis, p

GUILLAUME ALECIS L'ÉCRIVAIN 105

quelque observation il n’en est guère dont l'équivalent ou l'identique ne se retrouve dans les œuvres du moine de Lyre !. Enfin ce n'est pas nous qui avons le premier rapproché Île nombre rond de vers de Pathelin de celui du Blason comme manifestant chez l'auteur un curieux souci de symétrie ?. Mais ce n’est pas seulement la technique du Blason, c'est son allure et sa forme qui méritent de nous arrêter. Toutes deux en effet révèlent à l'analyse un sens dramatique très remarquable. Le Blason est une satire des amours illicites, mais c'est une satire en action. On pourrait le transporter tout vif sur la scène — comme d’ailleurs presque toute l'œuvre d’Alecis, car notre moine pense naturellement et écrit en termes de dialogue. Même les Faintes du monde, avec leur Jeu de bascule de tel et de qui, sont au fond un ouvrage dramatique. Il en est de même, cela va sans dire, du Débat. Mais, pour en revenir au Blason, le caractère dramatique de ce poème est si nettement marqué qu'un pasticheur servile du Blason, d’Estrées, nous dit que son Contreblason a été sur le modèle d'Alecis « composé et extré en forme de satire, comedie, tragedie, invective et dialogique controverse alterquative 5 ». Dans le Blason on ne trouverait pas la « controverse alterquative » telle que ce pédant falot de d’Estrées l'entend. Mais le dialogue, la satire, la comédie y sont, et « bien drapés ». En effet Guillaume Alecis non seulement oppose deux personnages d'allure différente, mais il pose le décor avec une vivacité de dessin et de couleur qui est d’un artiste et avec un mouvement qui est d'un homme de théâtre : décor précis, décor changeant et nuancé où nous sont rendus les mines, les

1. Supra, pp. 23-24. Dans la comparaison des procédés et des habitudes métriques dans Pathelin et Alecis le seul cas négatif que nous relevons, c'est la mesure de « eaue » compté pour 2 syllabes dans Pathelin (170, 606, 756) et pour 1 syllabe seulement dans les Faintes (316, 867). On conviendra qu'il n'y a pas là de quoi infirmer nos conclusions.

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