Art. parade de l'Encyclopédie
clerc normand anonyme du xiv* siècle. Rien ne nous empécherait même de remonter jusqu'aux auteurs du Gefa et du Babio. Tous ces ancêtres en effet ont contribué à Pathelin. Si on ne peut songer à leur en donner la paternité, c'est qu'il ne faut pas, comme M. de Tressan, mettre la charrue avant les bœufs et une œuvre du xv° siècle avant 1400. Car il est évident que Pathelin est une œuvre du xv° siècle et un fait historique aussi inséparable du règne de Louis XI que la fameuse aventure de Péronne. Pathelin s'inscrit en marge du règne de Louis XI comme Tartuffe en marge du règne de Louis XIV.
: L'attribution à Villon n'est pas frappée de la même absurdité chronologique. Elle se concilie même à la rigueur avec le terminus a quo qu'on s'accorde aujourd’hui, comme nous le verrons, à assigner à Pathelin, puisque cette date de 1464 à partir de laquelle Pathelin apparaît est celle à partir de laquelle Villon disparaît historiquement !. C’est pourquoi il est curieux et même émouvant de noter qu'il y a du Villon dans le personnage de Pathelin. Ce point a été déjà souligné par Gaston Paris, qui dit en parlant du pauvre François : « Le côté bohème de sa vie et de son œuvre a inspiré des livres comme les Repues franches, Pierre Faifeu et sans doute aussi, et cela de très bonne heure, la farce immortelle de Patkhelin? ». On peut même aller jusqu’à dire que Pathelin est la première en date des Repues franches. La manière dont Pathelin se procure les six aunes de drap est dans la note de ces récits où Villon et ses compagnons réussissent à arracher quelque chose pour rien à des marchands du type de Guillaume Joceaulme. Ce dernier lui-même est à sa façon friand de Repues franches :
Je doy boire et si mangeray De l'oye, par Saint Mathelin,
4. Voir Pierre Champion, François Villon, 1913. La dernière trace que nous avons de Villon nous est fournie par la lettre de bannissement du 8 janvier 1463.