‹ L'auteur de la farce de PathelinChapitre 54 sur 67 · Holbrook, Étude sur Pathelin, p · texte numérisé non relu

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GUILLAUME ALECIS L'ÉCRIVAIN 135

Une confirmation de tout ce qui précède est fournie par une autre œuvre d'Alecis, contemporaine des Faintes, qui offre encore un parallélisme accusé avec notre farce.

Le Debat de l'omme et de la femmeï. — C'est un poème très court (160 vers), mais ses éditeurs disent avec raison que « cette pièce est une de celles qui justifient le mieux la réputation dont jouirent les œuvres de Guillaume Alexis à la fin du xv° siècle et au commencement du xvi° ». « Le fond même du Débat est assurément peu de chose ; les arguments que s'opposent mutuellement l’homme et la femme reproduisent les lieux communs de la scholastique du moyen âge et pourront paraître enfantins ; mais la forme en est des plus élégantes et des plus heureuses. Frère Guillaume s'est approprié un refrain que Villon a employé dans une ballade qui figure dans le Grant Testament

Bien est eureux qui riens n'ya,

et lui a opposé, pour la défense des femmes, un second refrain qui est la contre-partie du premier :

Malheureux est qui rien n'y a.

Villon n'avait rimé que six fois en ia et plusieurs de ses rimes ne sont pas riches ; notre poète s'est plu à chercher la difficulté en s'imposant quarante fois de suite des rimes en ta. Ces petits problèmes de versification étaient de ceux que Frère Guillaume aimait à résoudre ? ».

L'imitation du Grant Testament dans le Débat fournit pour ce dernier un ferminus a quo : octobre 1461, date après laquelle Villon, sorti des geôles de Meun, a composé son poème. D'autre part les érudits que nous venons de citer remarquent que le Débat « doit être à peu près du même temps que les Faintes du monde ». Dans ce cas le Débat se placerait comme les Faintes vers 1465. Quoi qu'il en soit, 1l est curieux d'observer que le Débat contemporain des Faintes

I, pp. 121-44.

At A.,t. I, pp. 4121-22.

révèle comme ces dernières des allusions précises et accusées à Pathelin. Que l’on compare en effet les vers 73-82 du Débat et les dix premiers vers de Pathelin :

Saincte Marie ! Guillemette, Pour quelque paine que je mette A cabasser n'a ramasser,

Nous ne povons rien amasser ; Or vis je que j'avocassoye.

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