‹ L'auteur de la farce de PathelinChapitre 56 sur 67 · G. A.,t. Il, pp. 64, 67, 68, etc.; t. III, p · texte numérisé non relu

G. A.,t. Il, pp. 64, 67, 68, etc.; t. III, p

Avoir ne puis aultre advocat,

Quand viendray au point de la mort.

Si toy, dame, n'y metz debat,

Je suis en denger d'avoir tort.

GUILLAUME ALECIS L'ÉCRIVAIN 139

c'est que nul homme n’a eu pour cela une meilleure et plus simple raison.

Le Martyrologue des faulses langues !. — Cette diatribe contre les médisants daterait de 1475 environ, car le poète nous dit qu'il la composa à l'orée de la vieillesse. C’est, sous la forme d'un songe, une vision plus villonesque que dantesque de l'enfer, à la fois goguenarde et sinistre. Alecis au reste s'est inspiré de la fameuse ballade de Villon contre les langues envieuses et, suivant son instinct tenace, il l'a dramatisée. C'est un dialogue de théâtre entre lui-même et les langues médisantes : dialogue moitié prose, moitié vers, où passent et repassent, comme dans une comédie macabre, toutes les conditions humaines.

Outre ce caractère vraiment scénique, le Martyrologque présente pour nous un autre intérêt, c’est la tactique particulière de l'ironie et de la satire. En effet Alecis, bien qu'il ait l'air de mettre toutes les langues médisantes dans le même sac à supplices, fait en réalité entre elles une distinction qui nous renseigne sur ses sentiments vrais. Ainsi il accable de malédictions sans réserve les langues qui parlent mal de la « papalité », des gens d'église et des nobles. Mais lorsqu'il en vient à la langue qui parle des avocats et des juges, le ton change brusquement. Ici, nous le sentons avec évidence, la langue malévole parle pour le propre compte du poète *. Elle reproche aux avocats de « prendre des deux côtés » et de dire aux clients à écus : «Tais-toy, mon amy, ta cause est seüre et entiere ». C’est fort exactement ce que l'avocat Pathelin dit au berger dès que celui-ci parle écus à la couronne :

Donc auras tu ta cause bonne, Et fust elle la moitié pire.

(Path., 1127-28)

1. G. A.,t. Il, pp. 293-353. L'œuvre attribuée formellement par Du Verdier à Alecis dans sa Bibliothèque (éd. Rigoley de Juvigny, t. II, p. 61) est signée au début par un acrostiche très mutilé que MM. Piaget et Picot ont rétabli comme celui de Frère Guillaume Alecis.

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