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enfances » de Guillaume Alecis demeurait une conjecture, il suffirait que ce personnage s'identifiât avec l'abbé bénédictin de La Croix-Saint-Leuffroy. Ce simple fait fournit à notre thèse un étai si robuste que nous aurions pu nous en contenter. Mais en nous pardonnera peut-être d’avoir suivi Jusqu'au bout, à l’aide du fil que lui-même nous a mis en main, le dédale des malices du « bon moine ».
Pathelin et Lyre. — Si l’allusion à l’abbaye de La Croix- Saint-Leufroy nous met à quelques lieues du monastère de Lyre, il est d’autres passages de Pathelin qui nous y transportent tout droit. Un de ces passages est celui qui commence Juste au milieu de l’œuvre (800-807). Guillemette vient de dire au drapier qui arrive pour chercher son argent que Pathelin est dans le délire. Le drapier insiste pour être payé et demande à Guillemette si elle veut lui faire croire « de vessies que ce sont lanternes ». Or c’est précisément à une transmutation non de vessies en Jlanternes mais de guitares en lyres que va se livrer Pathelin. Ce dernier évoque en effet, et c’est par cette vision que débute sa divagation, la « reine des guitares ». Celle-ci, s'écrie-t-1l, vient d'engendrer vingt-quatre « guiterneaux » ou petites guitares à l’abbé d'Yverneaux. Cette évocation de l'abbé en question, nous l'avons montré !, rappelle trop le nom proverbial et hivernal de l’abbé de Froides-Vallées pour être autre chose qu’un jeu de mots sur « froidure », c'est-à-dire la dèche. Mais Pathelin évoque aussi une abbaye. Et il souligne, avec cette fantastique « reine des guitares », que l’abbaye à laquelle il pense est celle de Lyre, dont les armoiries parlantes étaient la Lyre, sœur jumelle de l'antique cithare, la lyre « reine des guitares ? ». Les paroles que le drapier prononce, Juste avant l'évocation de cette étrange sou-
veraine, préparent admirablement la transmutation d'une guitare en une lyre :