Supra, pp
2. Ch. Guéry, Hist. de l'ab. de Lyre, p. 230, illustration des armoiries de Lyre. Voir aussi le sceau de l’abbé de Lyre que nous reproduisons un peu plus loin.
Me voulez vous faire entendant De vecies que sont lanternes ? (800-801)
Quand on a déjà eu l’occasion de saluer tant de fois au passage dans Pathelin l'ombre du moine de Lyre, il est impossible devant cette « reine des guitares » de ne pas songer à la lyre emblématique, blason parlant ou, pour mieux dire, sonnant de l’abbaye de Lyre. C'est cette allusion-signature qui marque le beau milieu de la farce ; c'est par elle que s'ouvre le « délire » de Pathelin. Notre avocat ne sait jamais mieux ce qu'il dit que dans ces passages où « il fait semblant de rêver ». S'il « bat la campagne », c'est la campagne normande, la campagne de l’abbaye de Lyre.
Mais ce qui s'inscrit dans le texte de Pathelin ce ne sont pas seulement les armoiries parlantes de l’abbaye de Lyre, c'est encore le sceau personnel de l'abbé qui en dirigea de 1840 à 1463, c'est-à-dire jusqu’à la veille même de Pathelin, les tumultueuses destinées. Aux vers 1015-20 le drapier Guillaume, pestant contre son berger qui lui a volé ses moutons, s'écrie :
Il en viendra au pié l'abbé, Par la benoiste couronnee ! (1015-16)
c'est-à-dire « il devra confesser son dol, par la Vierge à la couronne ! » L'auteur, grâce à l’allusion au valet d’abbaye impliquée dans les vers suivants !, accuse que c’est bien à un abbé et à une abbaye qu'il pense. Or les images du distique de Guillaume dessinent exactement le sceau de l'abbé de Lyre, Guillaume le Bas. Ici nous laisserons parler la gravure qui représente le sceau de Guillaume : l'abbé au pied de « la benoiste couronnée » ?.
« La benoiste couronnée », c'est-à-dire la Vierge à la couronne, était le « numen » particulier de l’abbaye de Lyre, de même que l'abbé agenouillé aux pieds de la « benoiste couron-