Ch. Guérvy, list. de l'ab. de Lyre, p
débattues par le curé Thibaut. Et si on se souvient de l’autre procès que sous le même abbé, Louis d'Harcourt, Lyre a eu à soutenir à l’occasion de ses halles aux draps contre un drapier !, on conviendra que le commentaire de Pathelin ce n'est pas seulement l'œuvre reconnue de Guillaume Alecis mais l'histoire de son abbaye.
Guillaume Joceaulme, nom d'un personnage historique. — Le nom du drapier n’a rien d’extraordinaire en soi ; il sonne bien bourgeois et la rime qu'il fait avec le prénom Guillaume lui donne une ampleur béate qui a pu séduire l'oreille très ouverte et l'esprit très malicieux de notre auteur. Et pourtant la richesse et la finesse des allusions et des suggestions de l'œuvre avertissent le chercheur que ce nom peut avoir une signilication plus concrète. La façon même dont il est introduit confirme cette impression. En effet, dans le texte de Le Roy (qui est le plus ancien) il apparaît d’abord au début de la page 8 et ensuite tout à la fin de la page 24. Dans le premier passage, ce nom forme un octosyllabe comme les vers de la Farce — ce qui est assez curieux :
Guillaume ioceaulme drappier Le second passage n'est pas moins appuyé :
Cest ung guillaume qui a seurnom de ioceaulme
et (en haut de la page suivante) :
puis que vous le voules scauoir.
Plus curieux que Guillemette, nous nous sommes demandé si l’auteur n'aurait pas, comme il l’a fait pour son Thibault de Saint-Maur et pour son Jehan du Quemin, accroché une allusion spécifique à ce nom du drapier. Or peu d’années avant Pathelin un personnage réel a fait retentir avec fracas ce nom de Guillaume Joceaulme dans les milieux de l'Eglise. Les juges ecclésiastiques ont condamné ce personnage en le stigmatisant des épithètes mêmes que la Farce applique à Guil-