‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 117 sur 166 · Ibid., t. II, col · texte numérisé non relu

Ibid., t. II, col

/i. Ibid., art. Jubilaire (Année) , t. m, col. 1750-1754.

lY. Les prêtres et les lévites.

Au début de l'hisloirc israélite, disent les critiques, il n'y avait aucune distinction entre prêtres et laïques; chacun immolait à sa guise les victimes du sacrifice. Les grands sanctuaires seulement avaient une classe spéciale d'hommes exerçant les fonctions sacerdotales. Il y eut bien, au début, une tribu de Lévi ; mais elle avait disparu déjà à l'époque des Juges. Les prêtres se nommèrent indifféremment prêtres ou lévites ; ce dernier nom ne les rattachait pas à l'ancienne tribu de Lévi. Les lévites n'apparaissent comme une caste séparée que dans le livre d'Ezéchiel, où ils sont formés de prêtres déchus de leurs droits à cause de leur prévarication et réduits au simple rôle de serviteurs des fils de Sadoc, xliv, io-3i. D'après le code sacerdotal, les lévites n'ont jamais été prêtres; ils ont toujours eu à remplir des fonctions subalternes. Les prêtres sont les descendants d'Aai'on, et ils ont à leur tête, au sommet de la hiéraixhie, un grand-prêtre, successeur direct d'Aaron. Le grand-prêtre est une création artificielle du code sacerdotal, aussi bien que les nombreux revenus sacerdotaux, inégalement distribués entre les prêtres et les lévites.

Israël, en effet, avant la législation du Sinaï, n'avait pas de sacerdoce, et les sacrifices, au jour de la conclusion de l'alliance, sont offerts par des jeunes gens, choisis par Moïse parmi la foule, Exod., xxiv, 5. Mais, bientôt après, Moïse organise le culte public et il institue un sacerdoce, comptant trois degrés hiérarchiques : un grand-prêtre, des prêtres et des lévites, Exod., xxviii, i-xxix, 87. Le choix de la tribu de Lévi est dû à la fidélité de ses membres lors de l'adoration du veau d'or, Exod., XXXII, 26-29; ^"r"> "'> 5-iv, 48- La consécra-

tion d'Aaron et de ses fils, Lev., viii, 1-30, et leur initiation, Lev., ix, 1-24, ne les mirent pas à l'abri de la révolte contre leur élévation au sacerdoce, et Dieu dut maintenir leurs privilèges par la punition exemplaire des rebelles, Num., xvi, i-5o *, et par le miracle de la verge fleurie d'Aaron, Num., xvii, 1-12. La tribu de Lévi a été, des le désert, consacrée au culte religieux -. Quant au plan de restauration religieuse d'Ezéchiel ^, est-ce un plan réel, ou bien ne propose-t-il pas une restauration idéale et irréalisable, qui enlève toute valeur bistorique à ses renseignements sur la distinction des prêtres et des lévites ''.'* Quant au grand-prètre, il est mentionné, dans les livres liistoriques, toutes les fois que son intervention s'est produite; son institution i-emonte au désert et n'est pas une ci'éation artificielle du code sacerdotal ■'.

Les redevances, ducs aux prêtres et aux lévites, sex-aient aussi une invention récente. Primitivement, les sacrifices des Israélites auraient été des repas sacrés auxquels on invitait les prêtres là où la corporation existait. Ceux-ci n'avaient aucun droit à recevoir une portion de la victime. Le Dcutéronome, xviii, 1-8, leur en attribua des parties déterminées. Le code sacerdotal les augmenta notablement et distingua les parts du grand-prêtre, des prêtres et des lévites, Lev., vu, 28-34; Num., v, 8-10; xviii, 8-32. Quant aux villes lévitiques, Num., xxxv, 1-8; Jos., XXI, 1-39, l'idée en a été suggérée par Ézéchiel, xLviii, io-i4- — En fait, les livres liistoriques mentionnent les redevances dues aux prêtres, et leur prélè-

I. Voir Dictionnaire delà Bible, art. Coré, t. 11, col. 969-972. 3. Voir ibid., art. Lévi (Tribu de), col. 200-218.

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