‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 118 sur 166 · Ibid., art. Grand-prêtre, t. ni, col. 295-3o · texte numérisé non relu

Ibid., art. Grand-prêtre, t. ni, col. 295-3o

vemcnt sur les victimes. Les lils d'Hcli violaient les prescriptions légales, non pas en prélevant une part des sacrifices, mais en s'attribuanl les portions qui leur convenaient et en dépassant leur droit, I Sam., 11, 12-17; cf. 3G. Sous le règne de Joas, les prêtres recevaient de l'argent comme prix des sacrifices pour le péché et pour le délit, II Rcg., XH, 4-i8. Les prêtres déchus du sacerdoce, en punition de leur idolâtrie, étaient privés d'une partie de leurs revenus, II Reg., xxiii, 9 *.

Sa. AHGUMENTS PHILOLOGIQUES

Aux arguments tirés de l'histoire d'Israël les critiques ajoutent des preuves littéraires, déduites de la diversité du vocabulaire et du style des divers documents de l'Hexateuque. JNous n'insisterons pas ici sur la diversité des noms divins, Élohim et Jéhovah. Elle a été le point de départ de la distinction des sources et elle sert encore à caractériser les deux plus anciens documents de l'histoire d'Israël. Elle a cependant perdu de son importance première, et la diversité des noms divins n'est plus aujourd'hui, aux yeux des critiques, qu'un des exemples de la variété du vocabulaire des écrivains qui ont rédigé les sources de l'Hexateuque ^.

1. Sur la dîme, voir Dictionnaire de la Bible, t. 11, col. i433-i433, et sur les villes lévitiques, t. iv, col. ai6-aîi. Cf. F. Vigouroux, Les Livres Suints et la critic/ue rationnliste, Paris, 1887, t. m, p. 128-17G; P. Martin, Introduction à la critique 'icnèrale de l'A. T., Paris, 1888- 1889 (lithog.), t. m, p. iC5-(5oij; U. Cornely, Introductio specialis, part. I, p. 128-154 ; J. Klcy, Die Pentateucbf rage, f. igG-aiG.

2. On trouvera tous les éléments de la question dans le Dictionnaire delà Bible, aux articles Elohim, t. 11, col. 1701-1708, et Jéhovah, t. m, col. ia3o-i23/i, avec une statistique des noms divins dans toute la Bible, ibid.. col. 1221-1222. Cf. F. Vigouroux, Les Livres Saints, t. m, p. io3-ii3; P. Julian, £,'((i(/e critique sur la composition de la Genèse,

L'argument philologique des critiques a une portée plus générale. Selon eux, chaque document a ses expressions propres, ses tournures spéciales, un style distinctif. On les a déterminés en choisissant un certain nombre de morceaux présentant des différences plus marquées et en étudiant attentivement leur langue, leurs particularités lexicographiques et grammaticales. On discerne ainsi un certain nombre de termes caractéristiques, qui servent à reconnaître les autres passages, appartenant à la même source. Le procédé a paru arbitraire et subjectif à plus d'un. On range dans une catégorie tous les morceaux. qui présentent tel ou tel caractère, et dans une autre ceux qui ont d'autres caractères. Il n'est pas dès lors étonnant que les deux séries soient différentes. De plus^ à côté des termes distinctifs, il est un grand nombre d'expressions communes qui sont emplovées dans tous les documents. Ces considérations sont de nature à atténuer l'impression que peut produire à première vue la liste des expressions dites caractéristiques de chaque document. Il faudrait examiner chacune d'elles et rechercher si vraiment elle est caractéristique et distinctive. Beaucoup assurément no le sont pas.

Il faudrait tenir compte de la diversité des matières et du genre littéraire. Un code législatif ne se rédige pas dans les mêmes termes qu'une narration historique ou un discours parénétique. Il y aurait donc à éliminer de la liste des mots distinctifs, certains termes techniques, qui n'ont pas pu être emplovés dans un document, parce que l'auteur ne traitait pas les matières auxquelles ils appartiennent. Ainsi les mots, concernant le culte, qui abondent dans le code dit sacerdotal, ne peuvent pas

Paris, 1888, p. 190-207 ; abbé de Broglie, Qaeslions bibliqaes, édit. Piat, Paris, 1897, p. ii5-i3i, laq-i^i.

se retrouver dans le document qu'on appelle jéhoviste et qui est exclusivement historique. Un légiste n'écrit pas comme un historien.il faudrait s'arrêter à l'examen des expressions rares et particulières et des formes exclusivement propres à chaque document *. M. P. Martin2 a étudié le lexique du Deutéronome comparativement aux trois livres du milieu du Pcntateuquc, et il a expliqué les particularités par la différence du fond et de la forme de ce livre composé de discours de Moïse et d'un code spécial. Rien sous ce rapport ne lui a paru démontrer la conclusion que le Deutéronome ne pourrait être mosaïque ^. Enfin, la diversité du style peut tout naturellement s'expliquer si on admet que Moïse lui-même n'a pas rédigé tout le Pentateuque, mais l'a fait écrire par différents secrétaires ou scribes sous sa dii-ection. Chacun de ces écrivains avait son style propre et la diversité du langage n'est pas surprenante dans une œuvre à laquelle plusieurs mains ont collaboré ^. En outre, Moïse luimême et ses scribes ont pu, dans la Genèse, reproduire textuellement ou utiliser largement des documents différents, écrits par des écrivains ayant leur style propre. Si la conjecture d'Astruc était vérifiée, la Genèse serait ainsi composée des deux sources élohiste et jéhoviste réunies et combinées, et il serait loisible d'attribuer à Moïse ou à ses collaborateurs le rôle que les critiques

1. Voir F. Vigouroux, Les Livres Saints, t. m, p. iiG-iai, sur ^ani et 'anokî, deux formes du pronom personnel singulier de la première personne.

2. Introduction à la critique générale de l'A. T., Paris, 1886-1887 (lithog.), t. I, p. 576-00/1.

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