‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 129 sur 166 · I. F. Prat, Le code du Sinaî, p. G · texte numérisé non relu

I. F. Prat, Le code du Sinaî, p. G

3. Cereseto, Tre classi di dotlori, p. i55-i57; Ipolesi del P. Humme-

sinon explicitement en termes propres, du moins implicitement et en termes équivalents, est donc, à leur juge ment, une vérité de foi divine, appartenant à la révélation de la nouvelle alliance '.

Pour écarter cette conclusion, c[uelques critiques modernes pensent que, si Jésus et ses apôtres ont parlé du Pentateuque, comme si le Pentateuque avait été écrit par Moïse, ils n'avaient pas cependant affirmé ou enseigné l'authenticité mosaïque de ce livre. Les critiques rationalistes et quelques protestants orthodoxes soutiennent que le Sauveur a sur ce ppint partagé l'erreur commune. Dans le domaine de l'ordre historique et littéraire qui n'a aucun rapport essentiel avec la révélation divine de l'ancienne alliance, « pas plus qu'en matière d'astronomie, de physique, de sciences naturelles et d'archéologie, Jésus n'a jamais prétendu à des connaissances inaccessibles aux hommes de son temps et de sa race -. » Les critiques catholiques, qui n'admettent pas l'erreur en Jésus, disent que Jésus n'a pas traité la question. Il était venu sur terre pour prêcher la vérité, et non pour l'ésoudre les problèmes littéraires. Du reste, le problème littéraire de l'origine du Pentateuque ne se posait pas. Les Juifs croyaient à l'origine mosaïque du livre. Jésus et les apôtres, en parlant du Pentateuque, en ont parlé comme tout le monde, sans affirmer ni redresser le sentiment commun ^. Ils s'accom-

lauer e di allri aiitori moilerni sa l'autenticila de! Dcuteronomio di Mosé, Gênes, 1904, p. 227; Hoberg, Moses iind der Pentaleuch, p. 70.

i.Méchineau, L'origine mosaïque du Pcnlaieuque, Paris, 1901, p. 34. Cf. R. Cornely, Introduclio specialis in Idsloricos V. T. Ubros. part. I. Paris, 1887, p. 35-38.

a. L. Gautier, Introduction à l'Anden Testament, t. i, p. 237.

3. J. Lagrange, Les sources du. Pentateuque, clans la Revue biblique, 1898, p. 23; A. Loisy, Études bibliques, p. 109-1 11.

modaient à l'opinion régnante, ou, raisonnant d'après les idées de leurs contemporains, ils parlaient comme eux. En citant Moïse, Jésus l'entendait en apparence comme les scribes et les sadducéens. Pour juger de la valeur de cette distinction, il ne suffirait pas, comme on l'a fait, de pousser une exclamation indignée, car tous les cxégètcs catholiques reconnaissent que le Sauveur a quelquefois raisonné d'après l'opinion de ses contemporains ou même d'après les erreurs de ses adversaires, maniant ainsi l'argument dit ad hominem ^ il faudrait discuter la justesse de cette distinction, établie entre enseigner une chose et simplement parler d'une chose, dans son application à l'authenticité littéraire des écrits inspirés. Disons seulement que, suivant ces vues nouvelles très discutables, cela seul serait révélé sans mélange d'erreur et appartiendrait au domaine de la foi divine, qui serait enseigné dans l'Écriture : ce qui est simplement énoncé serait inspiré, puisque l'inspiration s'étend à tout dans la Bible, mais ne serait pas objet de foi divine ni même intégralement exact sans être toutefois formellement erroné. Or les théologiens admettent généralement, et avec raison, que tout ce qui est inspiré appartient à la révélation publique et chrétienne, soit directement pour les vérités dogmatiques et morales et tout ce qui leur est connexe, soit indirectement pour tous les autres énoncés bibliques, et que, par conséquent, tout énoncé lilblique est exempt

I. Citons un exemple, se rapportant précisément à notre sujet. Pour expliquer la parole : Si aulem illius (Moysi) lilteris non creditis, quomodo verhis meis creditis? Joa., v, 47, le P. Knabenbauer dit : Argumenlum est, ut Toletus dicit, a majore négative, non absohite, sed secundum opinionem illorum, etc. Commentarius in Evangelium secundum Joanncm, Paris, 1898, p. 221. Cf. J. Lagrange, La méthode historique, 2' édit.. Paris, 190A, p. ioi-io3.

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d'erreur *. Concluons donc, en application de cette doctrine commune, que si Notrc-Seigneur et les apôtres ont formellement parlé du Pentatcuquc ou, au moins, de certaines parties déterminées, comme œuvre de Moïse, cette vérité serait révélée et de foi divine. Mais le P. Lagrangc et M. Loisy disent que Notre-Seigncur et ses apôtres n'ont pas parlé ex professa de l'authenticité mosaïque du Pcntateuque. Cette question littéraire ne se posait pas pour eux. Noire-Seigneur n'avait pas à y répondre et les apôtres ne l'ont pas résolue. En employant la dénomination usuelle, ils ne tranchaient pas cette question et ils n'imposaient pas aux chrétiens l'obligation d'admettre comme vérité révélée l'origine mosaïque de ce livre. Il serait peut-être plus simple de répéter ici la remarque du P. Prat, et de dire que le titre : Moïse, donné au Pentateuque ne signifierait pas nécessairement un livre écrit par Moïse, mais pourrait désigner le livre qui contient l'histoire de Moïse ou la législation mosaïque. Des cxégètcs récents reconnaissent trop aisément que, même en admettant que Jésus et ses apôtres parlaient du Pentateuque conformémont au sentiment des Juifs qu'ils partageaient, leur pensée propre, insérée dans un livre inspiré, ne devient pas par là objet de la révélation chrétienne, et par conséquent objet de foi divine, s'ils n'ont pas voulu l'enseigner explicitement.

Si on pouvait admettre cotte position, on conclurait avec le P. Lagrange : « Les textes bibliques ne prouvent donc pas que Moïse a rédigé le Pentateuque. » Par suite, l'authenticité mosaïque du Pentateuque entier ne serait pas une vérité de foi divine. Mais si on soutient,

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