‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 131 sur 166 · I. Eclaircissements exêgéliques, p. lO · texte numérisé non relu

I. Eclaircissements exêgéliques, p. lO

la véracité de sa parole et donnaient à son affirmation le sceau de la vérité divine. Gela étant, on ne peut séparer dans la foi le livre reçu comme divin, de l'auteur qui a été inspiré pour l'écrire. « Les Juifs en recevant les livres de Moïse et des prophètes étaient obligés de croire que Moïse et les prophètes, auteurs de ces livres, n'y avaient point mis leurs pensées, mais uniquement celles de Dieu. » L'attribution des Ecritures à leurs auteurs, étant de foi à l'origine, devint une vérité de foi traditionnelle, lorsqu'elle fut conservée dans le souvenir des fidèles et enseignée par l'Eglise. « C'était donc une vérité révélée pour les Juifs de toutes les époques que Moïse a écrit le Penlateuque *. « Notrc-Scigneur supposa manifestement cette révélation dans les diverses discussions, où, pour établir sa propre autorité, il invoque celle de Moïse, qui était reconnue par ses adversaires. Il a ainsi légué à l'Église chrétienne la tradition divine ferme et éclatante, reçue par la Synagogue, que le Pentaleuquc en son entier et en ses moindres détails était l'œuvre de Moïse, le législateur d'Israël -.

Le raisonnement de M. Magnier repose sur une base contestable et fragile. Il présuppose un critérium de l'inspiration et de la canonicité que la majorité des théologiens tient pour inadéquat, au moins pour l'ensemble des Livres Saints. Sans doute, l'inspiration, étant un fait divin, a besoin d'être révélée par Dieu pour s'imposer à notre foi. Mais cette révélation n'a pas été faite directement aux auteurs inspirés; au moins, on n'en a pas la preuve. Hxc Dei revelatio (nécessaire pour faire connaître l'inspiration d'un livre) in inspiralione ipsa non claudiUir, ciini nullus Scripturx liber existât qui

I. Éludes sur la canonicité des saintes Ecritures, Pdiia 1892, p. i23-i33. a. Eclaircissements exégétiques, p. 7-10.

de se tanqiiam divinitiis inspirato testiinoniiim ponat. Imo, licet apponeret, nondum faisset satis, salleni quantum ad onines indiscriminatini tain Veteris qaam Novi Testamenti Ubros, quia seniper indiguisset authenticari ministerio eorum qui totius doctrinse revelatœ promulgatores a Deo sunt constituti, cujusmodi fuerunt quoad nos, post Christuni Dominum, soli apostoli '. Sous l'ancienne alliance, la déclaration du témoignage divin relatif à l'inspiration des Livres Saints se faisait vraisemblablement par le ministère des prophètes-. ^lais cette révélation chez les Juifs n'est pas nécessaire; la révélation divine, exigée pour déterminer le canon intégral des Écritures, nous est manifestée par la tradition apostolique. Hxc revelatio et traditio apostolica non necessario supponit revelationem et traditionem jam prœexistenteni pênes Judseos in Veteri Testamento^. D'ailleurs, le critérium imaginé par M. ^lagnier, quoique valable s'il s'était produit dans les conditions indiquées, n'est pas vérifié dans la plupart des cas. Le nom des auteurs de beaucoup de livres de l'Ancien Testanîcnt est ignoré. Une partie des Juifs, ceux de Palestine, au temps de Notre-Seigneur, ne recevaient pas comme divins les livres dcutérocanoniques de l'Ancien Testament, et le cardinal Franzelin ^ a dit à leur sujet : In Veteri Testamento propositio divini testimonii vel non exstabaf, vel certe complenda et conjlrmanda erat per

I. L. Billot. De inspiralione sacrœ Scriplurse, p. 5.'j-55. Cf. Perrone. Tractatus de locis theolo'jicis, part. II, c. ii, dans Prœlecliones, édit. Migne, Paris, t. ii, col. 1099; Franzelin, Tract'ttus de divina traditione el Scriplura. De Scripluris, th. vi et tu, 3* édit., Rome, 1SS2, p. 383- 39G ; E. Mangenot, Dictionnaire de théologie catholique, art. Canon des Livres Saints, Paris, 1904, t. 11, col. i555-i5G9.

a. C. Chauvin, Leçons cT introduction générale, p. 79-80.

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