De inspiralione.p. Gi
2. u L'origine humaine d'un livre se trouverait impliquée dans le fait de sa canonicité, si on venait à établir qu'il a été admis dans le canon, précisément à cause de la persuasion où était l'Eglise primitive d'avoir affaire à l'œuvre d'un apôtre. C'est peut-être le cas de l'Apocalypse. » A. Durand, L'i-lal présent des études biblii/ncs en France, dans les Etudes, 5 février if)02. p. Ht"].
'i. Mécliineau, L'oriijine mosaïque du Penlateufjue, p. 33-34. Cf. Cereseto, Tre classi di dollori, p. il\S-il\Ç).
Si ces affirmations sont certaines, l'adhésion à l'anthenticité mosaïque du Pentateuque s'impose à tous les chi'étiens. En effet, lorsque les saints Pères s'accordent unanimement à présenter une doctrine comme révélée ou comme s" imposant à notre croyance, cette doctrine doit, de l'aveu de tous les catholiques, être regardée comme faisant partie de l'enseignement de l'Eglise. Les Pères parlent alors comme témoins de la foi de l'Eglise et de la tradition catholique, et non comme docteurs privés. Mais, pour que leur enseignement présente ce caractère et ait cette autorité, deux conditions sont requises : I* qu'il soit proposé par l'unanimité morale des Pères, c'est-à-dire par la plupart de ceux qui ont eu à s'en occuper: 2" qu'ils adhèrent à la vérité enseignée par eux, parce qu'ils la regardent comme faisant partie de l'enseignement traditionnel de l'Église, c'est-à-dire comme révélée ou se rattachant à la rélévation. Quand ces deux conditions sont vérifiées, on se trouve en présence d'un enseignement qui appartient à la foi et auquel on est tenu d'adhéier. Toute la question est donc de savoir si elles sont remplies au sujet de l'authenticité mosaïque du Pentateuque.
L'unanimité morale des Pères à reconnaître le Pentateuque comme l'œuvre de Moïse n'est guère contestable.
Le R. P. Lagrange l'a cependant contestée : « L'unanimité, dit-il ', n'est déjà plus absolue lorsqu'il s'agit de l'étendue de ce qui est attribué à Moïse. Quelques-uns (des Pères) ont été . conséquents ; ils veulent que Moïse ait écrit, comme prophète, même le récit de sa mort. En général, on le donne à Josué, sans aucune raison traditionnelle, simplement parce que cela paraît
I. Les sources du Pentateuque, dans la Revue biblique, 1898, p. 35.
plus plausible. Quelques-uns vont jdIus loin et admettent des gloses; voilà une porte ouverte à la critique interne. >, On désirerait des noms et des références précises. Philon, De vila Moysis, 1. III, et Josèphe, Ant. jud., 1. IV, c.viii, 48, attribuaient à Moïse le récit de sa propre mort. Yoir p. 226, 227. Des rabbins ont pu le penser aussi. Quel Père a partagé leur sentiment ? On ne peut citer qu'Origène ^ En faveur de gloses insérées, on pourrait citer .saint Jérôme, expliquant les mots : iisqiie in hodiernuin diem. \o'\r^. 202. Ces restrictions, fussent-elles plus nombreuses, n'atteignent pas la substance du Pentateuc[uc actuel et ne prouvent rien contre le sentiment unanime des Pères toucbant l'origine mosaïque de ce livre. Si la porte est ainsi ouverte à la critique interne, il n'en résulte pas c]ue toutes les hypothèses des critiques modernes aient libre passage par celte porte que nous ne voulons pas former. Le légitime emploi de la critique interne n'autorise pas les abus commis en son nom.
Le même critique a voulu introduire une interruption de plus de cent ans dans la tradition patristique qui attribuait le Pentaleuque à Moïse, puisque beaucoup de Pères, sur la foi du IV^ livre (apocryphe) d'Esdras, xiv, 21 sq., ont admis qu'Esdras avait reconstitué par inspiration divine tous les Livres Saints détruits dans l'incendie du Temple de Jérusalem -. Mais, alors même il n'y avait pas réellement interruption dans la tradition, puisque les Pères, qui adoptaient cette opinion, continuaient à croire et à affuyiier que le Pentaleuque, détruit, puis restitué par Esdras, avait été écrit par Moïse lui-même. (( Si VEnéide venait à se perdie et qu'un