I. Conlroversi,T , Milan, 1731, t. i, p. 1C
actuel du texte, n'attribuant à Esdras qu'un travail de revision et l'addition du dernier chapitre du Deutéronome et de quelques détails. M. Loisv signale les discussions postérieures au concile, sur l'authenticité de l'Epître aux Hébreux, et il conclut : « Il suit de là que l'enseignement du concile touchant l'authenticité des Livres Saints n'a pas été, en fait, interprété à la rigueur. » Le concile n'a pas donné, à proprement parler, un enseignement ; il imprimait plutôt une direction à l'opinion catholique. 11 n'est donc pas défendu de discuter les attributions des Livres Saints aux auteurs nommés dans le décret. « Toute la question se réduit à savoir s'il y a des motifs graves de penser que l'attribution de tel livre à tel auteur n'est pas à prendre à la rigueur ou qu'elle n'est pas certaine, ou même qu'elle n'est aucunement fondée. » M. Loisy montre ensuite par des exemples concrets qu'en face des protestants, le concile a dû adopter officiellement la tradition des derniers siècles touchant l'origine de chacun des livres canoniques. (( La déclaration du concile se trouve ainsi proportionnée aux besoins du temps: elle apparaît, par certains côtés, comme une mesure disciplinaire sur l'application de laquelle il est possible de se relâcher, si les circonstances ne sont plus les mêmes. Sans doute l'enseignement du concile de Trente sur l'authenticité des Livres Saints, pris dans son ensemble, garde encore et gardera toute sa force: mais peut-être conviendrait-il aujourd'hui de ne pas trop insister sur certains détails. » Finalement, la déclaration de Trente touchant les auteurs des Livres Saints n'est ni une définition, ni même une doctrine expressément formulée: c'est seulement une u direction donnée à l'enseignement chrétien, direction qui était, à certains égards, nécessitée seulement parles circonstances,
et qui peut élre modifiée sur tel ou tel point, pour se conformer aux besoins des temps nouveaux ».
A notre avis, le concile de Trente, n'ayant pas fait une déclaration explicite au sujet de la tradition ecclésiastique en celte matière et ne s'étant appuyé sur elle qu'implicitement, il n'a rien changé à la valeur propre de cette tradition. La question reste donc de déterminer si cette tradition, empruntée aux Juifs, est une tradition purement littéraire, ou si, fondée sur la parole de Jésus et dos apôtres, elle a été transmise dans l'Eglise avec un caractère doctrinal. Les Pères de Trente lui ont reconnu, au moins, un caractère religieux, en sorte qu'il serait, au minimum, téméraire de s'en écarter, de même que des autres points fixés par la tradition au sujet des livres canoniques.