‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 141 sur 166 · CONCLUSION DE CE CHAPITRE · texte numérisé non relu

CONCLUSION DE CE CHAPITRE

Sur la question de savoir si l'origine mosaïque du Pentateuque appartient au domaine de la révélation et doit être crue de foi divine, nous avons rencontré trois sentiments différents :

1° Les uns disent que la question du Pentateuque n'est pas libre au point de vue de la foi et que l'authenticité mosaïque doit être affirmée avant tout examen. Ils prétendent que le fait de la rédaction du Pentateuque est fondé sur trois autorités irrécusables : à) la tradition judaïque consignée dans les Livres Saints; b) l'enseignement formel de Jésus-Christ et des apôtres ; c) la tradition chrétienne et l'enseignement de l'Eglise. La première et la seconde de ces autorités font rentrer ce fait dans le domaine de la révélation divine, et il est légitime de penser que les Pères, admettant ce fait en s'appuyant sur la tradition juive, consignée dans les

Livres Saints, et sur l'enseignement de Jésus-Christ et des apôtres, l'ont admis et enseigné comme faisant partie du dépôt de la révélation et par conséquent s'imposant à la foi des chrétiens. Il est bien évident que si ces prémisses sont vraies, la conséquence s'impose : l'authenticité mosaïque du Pentateuque est révélée et doit être crue de foi divine. En effet, cette vérité, bien que n'étant pas explicitement révélée, le serait implicitement et formellement, exprimée qu'elle serait, sinon en termes expi'ès, du moins en termes équivalents, puisqu'elle se tirerait des formules révélées par simple explication et sans qu'il soit besoin de recourir à une déduction proprement dite. La négation de l'origine mosaïque du Pentateuque serait donc une erreur, opposée à une vérité révélée qui n'est pas dogmatiquement définie. Ainsi la proposition contradictoire serait erronea in Jide ' . 2° D'autres, s'appuyant sur les mêmes arguments, tirent une conséquence différente. Des témoignages inspirés ils concluent sans hésitation que Moïse est, dans un vrai sens, l'auteur des cinq livres du Pentateuque. « C'est une vérité de foi divine, en tant qu'il s'agit de certaines parties déterminées de ces livres, pour lesquelles l'origine mosaïque est directement affirmée par la Bible. C'est au moins une vérité certaine {théologies certum), quant à l'ensemble du Pentateuque, pris dans sa substance ; parce que c'est une conséquence qui se déduit nécessairement des textes dont nous avons indiqué la longue série. » La tradition catholique appuie et confirme cette conclusion-. Cette distinction est fondée sur la

1. Telle est la conclusioa du P. IMéchineau, L'origine mosaïque du Pentateut]tie,f. 34.

2. J. Brucker, Autlienticilè des livres de Moïse, dans les Etudes, i888, p. 337. Le luênie critique est revenu sur le même sujet dans la même

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manière dlffércnlc dont les deux parties de la thèse sont exprimées dans la révélation. La rédaction de quelques parties du Penlatcuque par Moïse est explicitement révélée ; et par conséquent de foi divine. Laullienticilé mosaïque du Pentateuque n'est énoncée dans la révélation que virlueUemenl, parce qu'elle n'y est pas exprimée formellement; elle en est seulement tirée par déduction ou raisonnement. Or, la plupart des théologiens pensent qu'on ne saurait regaider comme la parole de Dieu, ni par conséquent croire sur son autorité (defide divina), les vérités qui ne sont affirmées dans la révélation que d'une façon virtuelle. La rédaction du Pentateuque par Moïse se rattache donc à la révélation : elle est enseignée par l'Église dans son magistère ordinaire, au moins à ce titre: elle est donc théologiquement certaine. Sa négation pourrait être dite erronée, ou au moins téméraire.

3° D'autres enfin pensent qu'aucune des autorités alléguées par les théologiens précédents ne présente la composition du Pentateuque par Moïse comme un point d'histoire intéressant la foi, et par suite que l'authenticité mosaïque de ce livre peut être librement débattue entre catholiques, comme toute opinion qui n'intéresse en rien la foi. C'est la dernière question qu'il nous reste à examiner brièvement.

Re\iie, janvier iSçiy, p. 122-123. Selon lui, la négation absolue de l'autLenticité du Pentateuque serait une hérésie, puisqu'elle contredirait des affirmations formelles de l'Écriture, qui attribuent expresséimnl a Moïse divers morceaux du Pentateuque. Mais la négation de r.iuthenticité mosaïque du Pentateuque entier n'est pas hérétique, car elle n'a jamais été l'objet d'une condamnation expresse de l'Église. C'est assez qu'elle soit contraire à toute la tradition catholique, comme elle l'est en effet, pour quelle soit à rejeter.

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