‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 142 sur 166 · DES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

DES CATHOLIQUES

Depuis une dizaine d'années, un certain nombre d'exégètes et de critiques catholiques, prêtres ou religieux, dont la foi ne peut être suspectée, avaient exprimé publiquement, avec la tolérance de leurs supérieurs et sans avoir été, avant l'année 1906, blâmés ou repris par l'autorité du pape ou des évêques, que la thèse de l'authenticité mosaïque du Pentateuquc ne s'imposait pas à la foi des chrétiens et pouvait être librement débattue et contestée, sans détriment pour la foi, parce qu'elle ne rentrait pas dans le domaine de la révélation divine*. On a pu déclarer solennellement cjue les critiques conservateurs progressistes, prouvant que les livres de l'Ancien Testament, les Psaumes, les Proverbes, les livres historiques des Juges, de Samuel et des Rois, semblent être le résultat d'un progrès religieux et litté-

I. Voir des indications précises dans Pelt, Histoire de C Ancien Testament, 3' édit., Paris, 1901, t. i, p. 324-325; A. Loisy, Etudes bibliques, p. 79-126.

raire constant, on a pu, en présence de ces faits incontestables, se demander légitimement s'il n'en serait pas de même pour le Pentaleuque; si ce livre, regardé par la croyance commune comme l'œuvre exclusive de Moïse, ne serait pas une collection de récits et de lois dépoques différentes, puisqu'on y découvre, de l'aveu des savants les plus conservateurs, la trace de nombreux documents. Si donc il était bien établi qu'il y a, dans ce livre, plusieurs documents, ceux que les critiques distinguent et dont la rédaction définitive devrait être reportée à une époque postérieure à Moïse, la foi serait-elle en péril? « Nous ignorons les auteurs et la date de composition de Josué, des Juges, des livres de Samuel, des Rois, desParalipomènes; cette ignorance nous fait-elle douter de la véracité liistorique de ces récits? Nullement, pas plus que l'ignorance où nous sommes des auteurs de beaucoup de psaumes, de l'Ecclésiaste, de la Sagesse, de Job, de Juditli, de Tobie ne nous fait douter des vérités doctrinales ou morales que ces livres renferment. Notre foi n'est certes pas en péril en raison de cet anonymat ; y serait-elle davantage si l'on prouvait que le Deutéronome est une rédaction récente d'anciennes lois d'époque mosaïque; que divers groupes de lois postérieures, civiles, morales et rituelles auraient été rattachées à l'œuvre primitive de Moïse? * »

Ces vues ont été discutées, il est vrai, et généralement rejetées. Néanmoins, il ne convient pas, me semble-t-il, de les repousser par la seule question préalable en disant que la cause est jugée. Leurs raisons ont été exposées déjà dans la discussion précédente. Nous allons rappeler les principales, car il faut les examiner de près.

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