‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 143 sur 166 · I. Cité dans la Revue biblique, 1901, p. /|f>r · texte numérisé non relu

I. Cité dans la Revue biblique, 1901, p. /|f>r

Le principal effort des critiques qui les soutenaient s'est porté sur la discussion des preuves des thèses précédentes, en vue de montrer que la question du Pentateuque n'est pas révélée dans l'Écriture, ni enseignéepar l'Église comme certaine, mais qu'elle est libre au point de vue de la foi. Ils ont prouvé, et à juste titre, que la question n'a pas été définie par le concile de Trente. Ils ont cherché ensuite à démontrer qu'elle n'est ni de foi divine ni théologiquement certaine, en discutant, à leur manière qui n'est pas toujours exacte, le double témoignage de l'Écriture et de la tradition.

ARTICLE PREMIER D'après l'Écriture.

Selon eux, le témoignage de la Bible ne fournit pas un enseignement formel de l'authenticité mosaïque dvi Pentateuque.

1° Les affirmations formelles du Pentateuque sur le rôle de Moïse comme écrivain se bornent à lui attribuer la rédaction de quelques récits. Si on veut les prendre rigoureusement à la lettre, elles prouvent en même temps que Moïse a écrit ces parties du Pentateuque et qu'il n'a pas écrit le reste, qui ne lui est pas attribué formellement.

Le Deutéronomc est donné comme l'œuvre de Moïse, Deut., XXI, 34- Cette attribution doit être interprétée dans un sens large, mais réel. Elle ne peut pas s'appliquer, d'abord, au Deutéronome tel que nous l'avons, puisque le livre n'était pas encore terminé. Elle vise, au moins, l'ensemble de cette loi et notamment la partie proprement législative. Mais il n'est pas nécessaire de prendre à la lettre la formule : « Moïse a écrit. » Si

— So^ —

Moïse n'était pour rien clans le Deutéronome, ce livre, lui étant attribué, serait un pscudépigrapbe. Or, le fait ne répugnerait pas à l'inspiration, puisque l'exemple de la Sagesse, attribuée à Salomon, semble prouver qu'un livre pseudépigraphc peut être inspiré. Mais le Deutéronome étant une revision, une mise au point du code de l'alliance, et ce code étant l'œuvre de Moïse, Moïse est réellement l'auteur du Deutéronome, quoiqu'il n'en soit pas le rédacteur. On pourrait donc sans erreur dire que ce livre est l'œuvre de Moïse au même titre que le code de l'alliance. Le rédacteur a été logique. Il a donné le nom de Moïse à ce qu'il considérait avec raison, ou plutôt à ce que la tradition considérait comme son œuvre ^ .

Cette interprétation réduit l'activité littéraire de Moïse aux premiers linéaments de l'bistoire et de la législation. Au jugement de M. Loisy ^, elle suffit toutefois à expliquer l'origine et la valeur substantielle de la tradition qui attribue à Moïse le Pentateuque tout entier. Il n'attribue pas, comme le fait le P. Lagrange, le Décaloirue et le code de l'alliance à Moïse lui-même; il pense que les plus anciens rédacteurs de l'histoire sainte les reconnaissent comme des institutions mosaïques, et que la tradition mosaïque de cette législation a donné naissance à la tradition de Moïse rédacteur de la loi dite mosaïque. iVinsi le Pentateuque, œuvre législative et manuel de religion, procède de Moïse et n'appartient réellement qu'à lui; il ne pouvait s'appeler autrement que la loi de Moïse. Tous ceux, en effet, qui ont mis la main à l'œuvre législative qui nous est parvenue sous le

1. J. Lagrange, Les sources du Pentaleiifjne, dans la Pevue biblique, 1898, p. 22: La mêlhode historique, 2' édit, Paris, igo^, p. 176-177.

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