I. Uoses und der Pentateuch, p
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lions faites au livre de la Loi ; ainsi Josué, Jos., xxiv, aG ; Samuel, I Sam., x, aô; David et Ézéchias ont publié des lois nouvelles, I Par., xvi, [\-Ç); xxm-xxvi; Il Par., XXXI. Après le retour des Juifs en Palestine, les prêtres résolvent des cas de conscience, Agg., ii, 12-1^. C'est aux exégètes qu'il appartient de fixer les limites de ces additions législatives faites au Pcntatcuque. M. Hoberg donne seulement cette règle générale : toute disposition qui suppose une habitation fixe, comme Lev., xxv,32-3:i, est vraisemblablement d'origine postéiùeure. Les réflexions générales, les titres et les conclusions des sections appartiennent raremen au texte original. Moïse n'a donc pas écrit chaque mot, chaque \ rase et chaque verset du Pentatcuque. Ce livre est le p -Juit du développement religieux de la révélation chez les Juifs depuis Moïse jusqu'au temps qui a suivi le retour à Jérusalein après la captivité. Moïse en avait écrit le fond, dont le cadre et le sujet comprenaient la majeure partie de la législation de l'Ancien Testament. Si le Pentateuque n'est pas tout entier de Moïse, il est cependant entièrement mosaïque.
Le P. Jean-Baptiste, de Glatigny, franciscain, vient d'examiner d'une autre manière s'il est rationnel de reprendre les vues de Corneille de la Pierre et de Pereira sur la composition mosaïque du Pentateuque *. Il étudie l'ouvrage lui-même, en commençant par les derniers livres. Des témoignages, Exod., xxiv, 3-8; Dcut., xxix, I : XXXI, 9, il conclut que Moïse écrivit deux volumes uniquement et exclusivement législatifs. Le premier contenaitlcs instructions que le législateur hébi'cu avait reçues de Dieu sur le Sinaï. Or ce volume nous ne l'avons pas
I. Les commencements du canon de l'Ancien Testament, Rome, 190G,
tel qu'il était rédigé au moment où il fut lu avant qu'Israël contractât alliance avec Dieu. Aucun des quatre derniers livres du Pentateuque n'étant purement législatif ne le représente. Cet écrit toutefois n'est pas entièrement perdu; il y en a des fragments dans l'Exode, xii, i-xxxi, i8 (à l'exclusion d'additions postérieures) ; dans le Lévitique, vu, 87, 38, renvoyant à Exod. , xxv ; Lev. , xxv, i; XXVI, 45; xxvii, 34, mentionnant des ordonnances divines, portées sur le mont Sinaï et reproduites à la suite d'autres données plus tard, Lev., i, i, etc. Le livre de l'alliance, écrit par Moïse au pied du Sinaï, ne nous est parvenu que par fragments disséminés dans l'Exode et le Lévitique, et rien ne prouve que la somme de ces fragments soit l'équivalent matériel du texte du Sinaï. La seconde loi, écrite par Moïse, fut la base de la nouvelle alliance conclue entre Dieu et Israël au pays de Moab, après la révolte et l'apostasie de Cadès-Barné, Deut., XXIX, 1,9; XXXI, 9, 24-26 ; cf. XXVIII, 58, 61 . Elle diffère de la loi du Sinaï ; mais elle n'est pas reproduite dans notre Deutéronome en l'état de sa teneur primitive. Des indices du texte actuel en font foi. Le P. Jean-Baptiste en conclut que les seuls chapitres v-xxvi du Deutéi'onomc se trouvaient dans le second volume de l'alliance ; il y ajoute les chapitres xv, xviii, xix, xxvii-xxx, xxxv et xxxvi des Nombres qui, étant législatifs, devaient appartenir à ce second volume, puisque les dispositions qu'ils contiennent sont postérieures à la date du premier volume. Enfin, les lois du Deutéronome, v-xxvi, comparées aux ordonnances parallèles des Nombres, ne reproduisent pas le Deutéronome primitif, elles n'en sont qu'une partie. Le second texte législatif de Moïse n'a pas été conservé textuellement dans le Pentateuque, il y est seulement par fragments et parfois résumé. Il y a aussi des gloses dans
les deux autres discours prononces par Moïse, Deut., i- IV ; xxvii-xxx: ils ne sont rapportés que fragmentairement, et leur rédaction actuelle n'est pas de Moïse.
L'examen des écrits historiques de Moïse fait aboutir à la même conclusion. Le P. Jean-Baptiste pense que Moïse a tenu un journal des événements qui se sont produits depuis que Dieu lui eût confié la mission de faire sortir Israël de l'Egypte, Exod., xvii, ik-, xxxiv, 27. Or ce journal n'existe pas dans sa forme primitive dans le Pentateuque, puisque les quatre derniers livres sont en partie législatifs et en partie historiques. L'étude des parties historiques de ces livres confirme cette conclusion. Le franciscain pense aussi que la Genèse n'a pas été composée par Moïse, telle que nous l'avons. Beaucoup des arguments des critiques servent à l'excellent religieux, qui ne s'en doute pas, comme preuves de sa thèse. A ses yeux, la Genèse, comme les autres livres du Pentateuque, n'a pas été rédigée dans sa teneur actuelle par Moïse; elle l'a été par un contemporain de l'exil, qui a changé l'ordre des écrits de Moïse et a revisé, complété, mis au point les volumes dont il se servait. Le fond du Pentateuque est de Moïse; la forme est de plusieurs écrivains inspirés, qui ont adapté le Pentateuque aux besoins religieux des Juifs exilés. Plusieurs arguments du P. Jean-Baptiste sont très contestables; mais le principe desa thèse est juste et parait indemne au regard de l'orthodoxie. Aussi le livre du religieux franciscain est-il muni des autorisations régulières de l'autorité ecclésiastique. Il y a lieu de discuter sa thèse sovis le rapport critique ; on ne peut lui opposer une fin de non-recevoir au point de vue dogmatique. Bien qu'elle paraisse plus large que la teneur formelle de la décision récente de la Commission biblique, celle-ci peut lui ser-
vir de laisser-passer orthodoxe. La Commission biblique, en effet, n'a pas clos le champ des hypothèses, elle l'a plutôt ouvert plus largement, et 11 n'y a pas de témérité doctrinale, croyons-nous, à soutenir l'authenticité mosaïque du Pentateuque, telle que l'entend le P. Jean- Baptiste.
Cette manière d'envisager l'authenticité mosaïque du Pentateuque ne se distingue pas essentiellement de celle des anciens, puisqu'elle attribue à Moïse lui-même la rédaction ou le fond de la majeure partie de l'ouvrage. Il n'y a entre ces deux conceptions qu'une différence de degré sur le nombre des additions à reconnaître dans l'œuvre originale de Moïse et sur la part, plus ou moins grande, du ou des rédacteurs. Mais elle est foncièrement distincte de l'authenticité mosaïque, entendue dans un sens très large et se conciliant avec l'hypothèse des documents de date postérieure à Moïse.