‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 20 sur 166 · MULTIPLES ÉDITIO:^S DE LOIS · texte numérisé non relu

MULTIPLES ÉDITIO:^S DE LOIS

Siîjnalons seulement la double législation, donnée au Sinaï, Exod., xx-\um., x, et dans les plaines de Moab, 38 ans plus tard, Deut., xii-xxvi. Les dispositions prises ne concordent pas. Voir plus loin. Avant de promulguer une nouvelle législation. Moïse ne parle que du Décalogue, comme ayant été la base de l'alliance contractée

au Sinaï (ou à l'IIorcb), Deut., v, i; vi, i ; et cependant il avait promulgué et écrit, non seulement les deux tables de la Loi, mais encore, à tout le moins, un petit code, à la fois religieux et civil, qui est appelé le livre de l'alliance, Exod., XX, i-xxiv, 4- Le texte du Décaloguc luimême n'est pas identique, Exod., xx, 1-17; Deut., v, 6-2 I ; si même il n'y a pas, Exod., xxxiv, 14-26, un autre Décalogue. Il y a de nombreuses divergences de détails dans les diverses dispositions législatives. Citons quelques exemples seulement. Le livre de l'alliance permet d'oiïnr des sacrifices en n'importe quel lieu, Exod., xx, 24, où le Se!":neur avait manilesté son nom ; le Deutéronome n'auloi'ise qu'un seul et unique lieu de culte, xii, 5 sq. ; xiv, 23 sq. ; XVI, 2 sq., etc. ; la môme disposition se trouve Lev., xvu, 4- A la Pàquc, on doit manger des azymes pendant sept jours, Exod., xxiii, i5; xxxiv, 18; Deut., xvx, 3, 4; pendant huit jours, Lev., xxni, 6, 8; Num., xwni, 16, 17. La fête des Tabernacles durait sept jours, Deut., XVI, i3; et huit jours, Lev., xxiu, 34; Num., xxi.v, 12-35. D'autres divergences dans la célébration des fèlcs seront signalées plus loin. Les lévites accomplissent leur service pendant 20 années de 3o à 5o ans, Num., IV, 23, 35, 39, 43, 45; pendant 20 années de a5 à 5o ans, Num., vni, 24, 25. Ils n'ont aucune possession territoriale, Num., XVIII, 20; Deut., xiv, 27; on leur accorde un terrain délimite autour des villes où ils habitent, Num., XXXV, 1-8.

Les mêmes lois sont répétées et leur promulgation est fixée à des époques différentes, sans qu'on aperçoive aucune raison de leur répétition. Ainsi, Exod., xxxiv, 17- 26, il y a des dispositions qui avaient déjà été prises et exprimées dans les mêmes termes aux c. xxi-xxiii. Deux lois sur le même objet se trouvent Lev., xviii, xx, sans

qu'on puisse dire qu'au c. xx on spécifie les punitions des délits signalés au c. xviii, puisque la sanction est déjà promulguée sommairement, xviii, 29. Il est impossible de comprendre comment il a été nécessaire de renouveler, dans l'intervalle d'un mois, la loi sur les villes de refuge, Num., XXXV, 9-34; Deut., xix, i-i3, attendu surtout que la première est plus détaillée et plus précise que la seconde.

Ces exemples, que l'on pourrait multiplier et qui sont pris tant dans les récits historiques que dans les parties législatives du Pentatcuque, d'après les critiques, prouvent que le livre, qui contient ces répétitions, ces divergences et ces contradictions, ne peut être l'œuvre d'une seule main et de l'auteur unique, Moïse, à qui on l'attribue '.

I . Voir A. Kuenen, Histoire critique des livres de l'A . T., i. i, p. 1 7-20 , 07-io: Ed. Reuss, L'histoire sainte et la loi, t. i, p. i24-i36; Holzinger, Einleitang in den Hexateuch, p. i5-25; F. de Hûgel, La méthode historifjue en son application à l'élude des documents de l'Hexateuque, dans Compte rendu du quatrième congrès scientifique international des catholiques, de 1897, Sciences exégétiques, Fribourg, 1898, p. 235 sq. (tirage à part, p. 5-2o).

Page 1