‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 23 sur 166 · II. Au point de vue religieux · texte numérisé non relu

II. Au point de vue religieux

L'écrivain éloliiste savait que Laban était idolâtre, Gren., XXXI, 19, que Rachel avait enlevé les téraphims de son père, 3o, 82, et que Jacob fit ôter de sa maison les dieux étrangers qui y étaient gardés, Gen., xxxv, 2, 4- Cf. Jos., XXIV, 2. Les patriarches, Abraham, Isaac et Jacob, connaissent Dieu et l'honorent, mais sous le nom d'Éloliim. Les lieux où ils lui rendent leur culte sont exactement marqués, et il s'y rattache un souvenir religieux, conservé dans les traditions locales. Jahvé ne se révèle qu'à Moïse, et l'écrivain élohiste n'emploie à dessein ce nom divin qu'après le récit de sa révélation divine. Quoique moins fréquemment que le jéhoviste, en parlant de Dieu, il se sert d'expressions anthropomorphiques, Exod., xxxi, 18; xxxii, 16. Dieu apparaît surtout en vision et en songe, Gen., XX, 3, 6; x\i, 12, 17; wii, I sq. ; XXVIII ; xxxi, 11, 24: xxxvii, 5; xl ; xli; xLvi, 2 ; Num., xii, 6 ; xxii, 8 sq. Quand il se manifeste, c'est sous des formes sensibles, Exod., xxiv, i, 2,9-11; cependant il parle à Moïse bouche à bouche, et il se montre à lui face à face, Exod., xxxi, 11. Les plaies d" Egypte sont représentées comme des représailles par lesquelles Dieu se venge sur les Egyptiens, de l'oppression des Israélites, et Moïse accomplit des miracles par le moven de sa verge, Exod., iv, 17-30; vu, 17: ix, 23, 28; X, 12, i3; xiv, 16 ; xvn, 5, 9; ?sum., xx, 8, 9, 11. Ces miracles sont plus extraordinaires que ceux que rapporte le jéhoviste. La providence divine se montre sous un aspect particulier dans l'histoire de Joseph, Gen., \Lv, 6-8; L. 20. Dieu laisse agir les hommes pour

atteindre ses fins ; il dirige leurs actes à leur insu, et même contre leur gré, vers un but déterminé ; c'est ainsi qu'il a voulu que Joseph fût vendu par ses frères alin qu'Israël fût sauvé de la famine.

Les principaux personnages de l'histoire d'Israël sont désignés comme prophètes, Ainsi Abraham l'est expressément, Gen. , XX, 7, et il a la foi et l'obéissance d'un prophète, Gen., XXII. Moïse est aussi N'p^, Deut. , xxxiv, 10; n-r;» m?, Num., xii, 7; ='-'"^^~ -"n, Jos., xiv, G. D'ail-

leurs, il sert d'intermédiaire entre Dieu et les Israélites : le peuple ne s'adresse pas directement à Dieu; Moïse intercède pour lui, Exod., xv, 20; xvii, 4; Num., xi, 2; XII, i3; XXI, 7. Il opère des miracles; il est législateur. Sa sœur Marie est appelée propliétesse, Exod., xv, 20.

Au point de vue moral, la législation élohiste comprend le Décalogue et le livre de l'alliance. Les institutions juridiques y sont mentionnées; il est souvent parlé des anciens, des notables et des juges. Sous le rapport du culte, le tabernacle et l'arche d'alliance occupent une place importante, Exod., xxxiii, 7-11; Num., xii, 4- Les prêtres n'y ont pas une grande part ; c'est Moïse qui remplit les fonctions de cet ordre. Son beau-père, Jéthro, offrait à Dieu des sacrifices, Exod., xvm, 12. Tous les Israélites sans distinction participaient à lamanducation des victimes, Gen., xxxi, 54; Exod., xvm, 12 ; XXIV, II. La tribu de Lévi est cependant dite la tribu sacerdotale, Deut., x, 8, q. Cf. Exod., xxxii, 28. Bref, le document élohiste est déjà une histoire théocratique plutôt qu'une histoire nationale.

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