UNITÉ LITTÉRAIRE OU PLURALITÉ
DES ÉCRITS ÉLOinSTES
On s'est demandé si l'écrit élohiste était l'œuvre d'un seul homme ou le résultat du travail d'une école. Beaucoup de critiques admettent l'unité littéraire du document. Ils pensent qu'il est l'œuvre d'un écrivain du
— JC) —
royaume d'Isi'aël • . Presque toutes les traditions locales qu'il rapporte se rattachent à des localités de ce royaume. Dans l'histoire de Joseph, ce n'est pas Juda, mais Ruben, qui est le chef et le conseiller de ses frères, Gen., xxxvii, 22, 29; xLii, 37. On raconte que les ossements de Joseph ont été rapportés à Sichem, Gen., l, 24; Jos., xxiv, 82. Les lieux sanctifiés d'Israël sont spécialement mentionnés : Sichem, Gen., xxxv, 4 1 Jos., xxiv : Béthel, Gen., XXVIII, 32. La région du !\edjeb, qui était sous le pouvoir des Israélites du nord, est connue ; mais le royaume de Juda est à peine cité. Tout en reconnaissant que le document élohiste, dans son état primitif, avait été composé par un Israélite, Kuenen- a prétendu qu'une édition complétée en avait été donnée plus tard dans le royaume de Juda. Il a donc distingué deux écrits élohistes, Ei et E2. Il attribuait à E2 le Décalogueet les parties de récits de l'Exode, xix-xxiv, qui s'y rattachent, et l'histoire du veau d'or, Exod., xxxii, i-xxxiii, 6, qui y est étroitement liée. Ce dernier récit, qui est une réprobation, censée faite d'avance par Moïse, du culte des veaux à Dan et à Béthel, ne peut être de la même main qui a retracé la sanctification de Béthel par une apparition divine. Il y a, en outre, Exod., xxxii, 34. uneallusion à la captivité d'Israëlen Assyrie, captivité qui était la punition du culte idolàtrique de Samarie; c'est l'indice d'une retouche postérieure à l'an 722. La promulgation du Décalogue se rattache à ce morceau. Kuenen attribuait encore à E2 Num., XI, i4. 16, 17, 24b-3o. Le récit de l'élection des vieillards n'a aucun rapport avec la plainte de Moïse qui précède ; il est dilférent du choix des juges, raconté, Exod., xviii;
1. O. Procksch, Das nordliebràische Sagenbuch. Die Elohimquelle , Leipzig, 190C.