‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 29 sur 166 · Einleitung, trad. lluthsitein, p. i · texte numérisé non relu

Einleitung, trad. lluthsitein, p. i

connaissaient seulement la tradition reproduite par l'élohiste '. Il reste toutefois qu'on ne peut guère dépasser le viu* siècle pour la composition de l'élohiste.

Les arguments démonstratifs font défaxit pour fixer une date plus précise. On ne peut s'appuyer que sur des critères internes. Le style ne peut fournir qu'une indication générale : le document appartient à l'âge d'or de la littérature hébraïque, à l'époque de la royauté; il n'a pas d'archaïsmes. Les faits racontes paraissent anciens relativement au narrateur ; Israël était établi d'une manière définitive au pays de Chanaan. On cite des morceaux poétiques, postérieurs aux faits qu'ils célèbrent. Driver indique prudemment, comme date générale, les premiers siècles de la royauté. S'en rapportant aux allusions historiques, c[u'ils découvrent dans le document, d'autres critiques proposent des dates qui vont du ix" au mu" siècle, même en deçà. Schrader s'arrêtait à une époque rapprochée du schisme des dix tribus, vers 975- 900. Dillmann, à cause des idées propbélic|ues de l'élohiste, fixe sa composition à la première moitié du ix' siècle, quoiqu'il en place la limite extrême à la mort de Jéroboam II. Kittel, Riehm et Rothstein font de l'élohiste un contemporain d'Élie. Schûtz attribue E à la période de 85o à 800. Les critiques, qui admettent la priorité de J sur E, maintiennent le jéhoviste au ix" siècle, mais ils rabaissent l'élohiste de cent ans, au moins, et le placent au viii" siècle. Ils y trouvent des allusions à des faits récents. Kuenen rapporte Ei aux environs de 760 et E2 vers le milieu du vu" siècle. Les idées religieuses et morales du premier sont celles des prophètes du viu"" siècle; il ne fait pas allusion à la ruine de Sama-

I. O. Prockscli. Geschichlsbelragung undgescliicltlliche Ueberlieferiing bei t(en vorexilischcn Prophden, Leipzig, 1903, p. iof)-i34.

rie (721). CornlU et Wildebocr se sont ralliés aux mêmes conclusions. Stade ne remonte pas plus haut que 760 et il reconnaît que le document pourrait même être postérieur à 721 . Lagarde a voulu faire descendre l'élohiste au vT siècle. Il proposait cette date si basse à cause de l'emploi du nom d'Eloliim et des connaissances spéciales de l'auteur dans les affaires égyptiennes. Son sentiment s'appuyait sur une interprétation contestable du nom de Jahvé et des noms égyptiens, Gen., xli, 45, dont les (ormes n'auraient commencé à cire usitées que sons Psammélique I*"!" (635-6io). 11 en concluait que l'élohiste élait contemporain de la seconde dynastie saïte et avait connu l'Egypte de cette époque. Aucun critique n'a accepté ces conclusions. Ilolzinger reconnaît qu'il ne faut pas placer Ea trop avant dans le vif siècle, et il ne lui paraît pas prouvé qu'il soit postérieur à Ei de tout un siècle.

§ 5. SO URCES

Tous les critiques reconnaissent que, pour la plus grande partie de son récit, l'écrivain élohiste s'est borné à mettre par écrit la tradition orale sur les origines de la nation, telle qu'elle existait de son temps dans le royaume du nord, et qu'il s'est efforcé de la rendre fidèlement, quoique sous une forme littéraire et de la façon la plus attrayante. Peut-être lui-même croyait-il, comme ses contemporains, à la vérité historique des faits, ainsi transmis par la tradition orale jusqu'à son temps. Mais si quelques critiques modernes, avec Driver et Gautier, admettent encore que l'histoire sainte, telle qu'elle est racontée dans ce document, est vraie, au moins dans son ensemble, la plupart n'y voient qu'un tissu de légendes ou de mythes, sur les patriarches, sur Moïse, le séjour d'Israël en Egypte et dans le désert, et la conquête de la

Palestine*. Celle tradition était, quand elle a été mise par écrit, trop éloignée des événements ; elle diflère, d'ailleurs, de la tradition parallèle du royaume de Juda, relatée dans l'écrit jéhoviste: les deux traditions enfin, par leur contenu même et en particulier par l'élément préternaturel qu'elles renferment si abondamment, apparaissent aux critiques modernes, comme des légendes sans valeur historique.

Mais le document élohiste, dans ses couches différentes, El et E2, a-t-il utilisé des sources écrites? On le pense généralement, et on ne discute guère que sur l'étendue et la date des emprunts. Ces sources écrites seraient des récits historiques, des morceaux poétiques et des documents législatifs.

Page 1