II. Morceaux poétiques
L'élohiste cite deux collections de poèmes : le livre des guerres de Jahvé, Num., xxi, i4, i5, et le livre du
I. Voir Dieùonnaire de la Bible, art. Moïse, t. iv, col. iaio-i3i3-
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juste ou des justes, Jos., x, 12, i3, auxquels il emprunte un passage. On a fait au sujet de ces deux livres bien des conjectures *. On les distingue généralement et on y reconnaît deux recueils de chants nationaux, célébrant les victoires et les héros d'Israël et composés peu après les événements auxquels ils se rapportaient. Quant aux recueils, on en a fixé la formation à des époques différentes : ou bien, au plus tôt sous les règnes de David ou de Salomon, puisque l'élégie de David sur Saùl et Jonathan, II Sam., i, 18, faisait partie du livre du juste, ou longtemps après, par exemple, vers 900 (Renan), entre 85o et 800 (Meyer, Stade, etc.). Cette date tardive résulte de l'hypothèse que le chant du puits, Num., XXI, 17, 18 -, et le chant d'Hésébon, Num., xxi, 27-80 •\ faisaient partie de l'une ou de l'autre collection, et que le sens du second était déjà oublié, puisque l'élohiste l'applique à l'époque mosaïque.
D'autres morceaux poétiques ont encore été reproduits par l'élohiste, sans référence à la source à laquelle ils ont été empruntés. Quelques critiques lui attribuent l'insertion du cantique de Moïse après le passage de la mer Rouge, Exod., xv, 1-18. Dillmann et Driver pensent qu'il a emprunté, au livre des guerres de Jahvé, ce chant, dont une partie provient réellement de Moïse. D'autres pensent que ce chant est plus récent et a été inséré plus tard dans le cadre de l'élohiste *.
I. Sur le premier voir F. de Hummelauer, Numeri, Paris, 1899, p. 3^i4-245, et sur le second. Dictionnaire de la Bible, t. m, col. 1878- 1875. Cf. Wildeboer, Die Lileralur des A. T., 2* édit., GôUingue, i(jo5, p. 73-73.