‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 36 sur 166 · II. .4» point de vue religieux · texte numérisé non relu

II. .4» point de vue religieux

Les critiques regardent le document jélioviste comme un écrit prophétique, parce qu'il envisage et présente l'histoire de l'humanité et d'Israël en conformité avec les principales idées religieuses et morales des prophètes. Pour lui, Jahvé (nom qu'il donne à Dieu dès le débutj est le maître de la terre entière, Exod., ix, 29, par conséquent le Dieu des païens aussi bien que des Israélites. Il a créé le monde. Il a été connu d'Adam et honoré par les patriarches. Il décide du sort heureux ou malheureux des particuliers. Il intervient dans les événements de l'histoire, et il accomplit des miracles en faveur de son peuple, notamment les plaies d'Egypte, la submersion des Égyptiens dans la mer Rouge, et la nuée lumineuse. 11 est donc le maître des éléments qu'il fait servir à ses desseins. Jahvé n'est pas la divinité abstraite; c'est le Dieu vivant, qui s'occupe de son peuple, qui se laisse toucher par les prières d'Abraham et de Moïse. Il règle les destinées d'Israël et étend sa providence sur tous les peuples, Gen., XII, 3; xxviii, i4. Pour exprimer les relations de Jahvé avec les hommes, l'écrivain jéhovisle emploie constamment des anthropomorphismes. Dieu entre en rapport direct et immédiat avec ceux à qui il révèle ses volontés. Il apparaît à Abraham, à Jacob, etc., sous une forme humaine. Jahvé a2;it comme un homme le ferait ; il crée l'homme avec de la terre, Gen.. n. 7; il plante le jardin d'Éden, 8; il forme la femme avec une côte d'Adam, 21,

'j.'.2: il se promène dans le jardin, Gen., m, 8; il s'entretient avec Gain et met sur lui un signe, Gen., iv, 9-1 5 ; il ferme la porte de l'arche, Gen., vu, iG ; il descend sur terre pour voir la tour que bâtissaient les hommes et pour confondre leur langue, Gen., xi, 5, 7. Ce n'est pas seulement à l'enfance du monde, c'est encore dans l'histoire d'Israël que Jahvé agit ainsi ; il fond sur Moïse et tlierclie à le tuer, Exod., iv, 2l\; il brise les roues des thars égyptiens, Exod., xiv, 20. Jahvé éprouve les 3aiêmcs sentiments ({ue les hommes : il se repent et 3'afflige dans son cœur, Gen. , vi, 6, 7 ; Exod. , xxxu, 1 4 ; il jure et fait des serments, Gen., xxiv, 7 ; Num., xi, 12 ; il est en colère, Exod., iv. i4. L'écrivain jéhoviste a cependant reproduit dans son récit quelques traits mythologiques : l'arbre de la science, le commerce charnel des fils de Dieu (les anges) avec les femmes, l'arc-en-ciel donné à Noé comme signe de l'alliance divine, etc.

Les idées prophétiques du jéhoviste apparaissent aussi dans le domaine de la morale. Il traite le problème de l'oriîïinc du mal dans le monde et il est l'historien de la chute d'Adam et d'Eve. Il montre aussi le progrès du péché et du mal dans l'humanité. Gain et sa race sont maudits. La civilisation, œuvre des Caïnites, sert à étendre et à augmenter le crime. Des anges eux-mêmes se pervertissent et leur union avec les filles des hommes donne naissance à une race de géants, fameux par leurs excès plus encore que par leur taille. Le cœur de l'homme déchu est porté au mal, Gen., vi, 5, et le déluge est nécessaire pour purifier la terre. Après le déluge. Dieu constate encore les inclinations perverses de l'humanité, Gen., vni, 21. Aussi le jéhoviste signale-t-il l'immoralité de Cham, Gen., ix, 22; la division des hommes, xi, 1-9; le crime de Sodomc et la conduite des filles de Lot, xix.

Il accentue l'infidélité et la désobéissance des Israélites à l'époque mosaïque, Exod., xvi, 4. 5, 25-3o; xvii. a, ~; XIV, II sq. ; xxxii, 9-1 4: xxxiii, 12-xxxiv, 22 ; Num., xi, XII, XXV ; Deut., xxxi, 16-22. Il est pessimiste. Mais Dieu, par des interventions continues, s'oppose à la corruption grandissante, en punissant les coupables, surtout en se préparant, dès la vocation d'Abraham, un peuple saint, qui conservera dans le monde le culte de Dieu et sera plus tard la bénédiction de toutes les nations. Le jéhoviste a mêlé à son récit des vues prophétiques sur l'avenir et les desseins miséricordieux de Dieu envers les hommes coupables, Gen., m, i5; v, 29; xviii, 18; xxviii, i4.

Il insiste sur la foi en Dieu, qu'il loue en Abraham et qui a été pour ce patriarche la cause des bienfaits divins et de la sainteté, Gen., xv, 6. La délivrance de l'oppression égvptienne est due à la foi des Israélites, Exod., iv,i, 3i ; XIV, oï ; XIX, 9. Au désert, ceux-ci sont bénisou punis selon qu'ils ont cru ou manqué deconfiance, Num. , xiv, 1 1 . Gain, Abel, Noé, Abraham et Jacob offrent des sacrifices à Jahvcen n'importe quel lieu ; et ces localités deviennent des lieux saints. On attribue au jéhoviste un Décalogue, Exod., xxxiv, 14-2G, qui est exclusivement religieux et rituel, puisqu'il ordonne la célébration du sabbat et des fêtes annuelles. Cet écrit connaît la fête de Pàque, qu'il rattache à la sortie d'Egypte. Dans les fragments conservés, il n'est peut-être pas parlé du sacerdoce aaronique. Il y est question de la distinction entre animaux purs et impurs.

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