C O > T E > U PRIMITIF
Si, comme le montre bien lanalvse détaillée de ce livre, le Deutéronome actuel présente une unité apparente indéniable et forme un tout oiganique, l'examen critique de sa structure interne laisse des doutes sur son homogénéité. On y remarque aisément des interruptions, des répétitions et des morceaux, qui sont de véritables blocs erratiques. Ainsi le premier discours, I, 6-iv, 4o, est suivi de trois versets sur les villes de refuge établies par Moïse à l'est du Jourdain, 4i-43, et d'un préambule historique, 44-49- parallèle à i, i-5, de sorte que le livre entier a deux introductions historiques divergentes. La première partie du second discours, vi, 4-xi, 33, est, parallèlement à iv, i-4o, une exhortation plus développée à pratiquer la loi. Une nouvelle exhortation, xxvr, 16-19, clôt encore la partie strictement législative, xii, i-xxvi, i5. Le troisième discours contient des éléments disparates : le c. XXVII reproduit deux ordonnances spéciales ; la première, concernant un monument de pierres sur lequel on gravera la loi, i-4, 8, est coupée par l'ordre d'élever un autel, 3-" ; la seconde formule les bénédictions et les malédictions de Moïse et des lévites pour les observateurs et contre les violateurs de
la loi; le c. xxviii donne d'autres bénédictions et malédictions. Le qualiième discours, \\i\, \\x, est une nouvelle exhortation à observer la loi. Le c. xxxi, qui est très entremêlé, raconte la substitution de Josué à Moïse, 1-8, Tordre de lire la loi tous les sept ans, 9-i3, •2^-2~, l'annonce de la mort prochaine de Moïse, i4-23, et l'introduction, 28-3o, du cantique de Moïse, xxxii, que les critiques tiennent pour vme addition postérieure. Ils attribuent, du reste, à l'élohiste la bénédiction de Moïse, XXXIII. Voir p. 5:2. Enûn, depuis longtemps on a reconnu que le c. xxxiv est une addition au Pentaleuque. D'autre part, en comparant les deux éléments du Deutéronome, le corps de lois et son cadre historique, on constate entre eux une diversité de ton et de genre. La partie législative apparaît comme un ouvi'age indépendant, complet, ayant en lui-mènic sa raison d'être et composé en vue d'exercer une action spéciale à une époque déterminée. Peut-être même est-il l'ormé de lois diiTérentes. Le cadre historique répète en partie les livres précédents du Pentateuque et raconte les derniers événements de la vie de Moïse, comme pour parachever le Pentateuque entier. Ce caractèi'e disparate du contenu du Deutéronome a amené les critiques à conclure que le Deutéronome actuel n'est pas une œuvre homogène, mais qu'il comprend un Ibnd primitif, complété, remanié, et finalement arrangé pour servir de conclusion au Pentateuque. Mais ils ne sont pas parvenus à s'entendre sur l'étendue du Deutéronome prlmitii', Di, ni sur la nature, le nombre et l'importance des additions, Da, faites au noyau, plus ou moins gros, du livre. G. d'Ei chthal * a discuté critiquement le texte du Deuléro-
I. Le Deuléronome, dans Mélanges de crilitjue biblique, Paris, 18Î5O, j). 8i-y2.
nome, et p. 187-2G7, l'a reslitué dans son élat primilif. Quelques critiques plus modérés conservent à D i l'ensemble des c. i-x\xi, retouchés par Rj. Pour Dillmann, le désarroi du texte actuel et les passages divergents proviennent des remaniements de ce rédacteur. Le résumé historique, i, (3-iii, 29, ne cadre pas avec l'exhortation, IV, i-4o; continué par le c. xxxi, il formait l'introduction du Deutéronome primitif, dont iv, 4i-43, faisait partie. Les c. v-xxvi constituaient le fond du livre. Le rédacteur a emprunté n , i-4o, à une exhortation du texte primitif, qu'il a mutilée, remaniée et placée à l'endroit actuel pour donner une conclusion parénétique au premier discours de Moïse, i, 6-in, 29. Il a ajouté iv, 44-49; transformé en discours ix, 25-\, 1 1 , qui provenait d'une introduction historique ; déplacé XI, 26-28, qui primitivement était a la suite du c. xxviii, et XI, 29-02, qu'il a glosé en l'enlevant de xxvii, i-3. Dans le code lui-même, quelques gloses, par exemple, xvn, 5, sont du rédacteur. Les c. xxvii-xxx ont subi de plus fortes retouches. Dans le c. xxvii, le verset 9 est seul primitif, les versets 1-8 sont une compilation dont 1-3 viennent de D. où ils étaient originairement après le c. xxviH. Ce chapitre a été fortement retouché, ainsi que les deux suivants dont la partie originale n'est plus reconnaissable. Du c. xxxi, les versets 9-i3 sont seuls intégralement conservés ; 1-8 et 24-3o ont été retouchés par le rédacteur. Driver ' admet des conclusions analogues. L'introduction historique, i, i-5 (sauf 3), est de Di. Dans le premier discours, i, G-iv, 4o, appartiennent à Di, I, 6-111, i3; m, 18-1V, 28; IV, 33-4o, et à D2, m, 14-17; IV, 29-31, 4i-49- Dans v-xxvi, Di a rédigé v-xi,