‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 58 sur 166 · II. Sources législatives · texte numérisé non relu

II. Sources législatives

Nous avons rapporté plus haut, p. io5-ioG, les principales relations du code moabite avec le livre de l'alliance et le Décalogue jéhoviste, voir le tableau de Driver, p. 73-76. Le Deutéronome maintient une partie des ordonnances religieuses de la législation de E et de J, notamment au sujet de la dîme, des trois fêtes annuelles, des sacrifices, des impositions religieuses et de l'année sabbatique. L'accord est souvent verbal. Aussi les critiques admettent-ils la dépendance de D relativement à la législation de J et de E, surtout de E, encore isolé, de son Décalogue et du livre de l'alliance. « Qu'est-ce au fond que le Deutéronome ? Une édition un peu développée, populaire, oratoire du livre de l'alliance^. » Mais la législation deutéronomique n'est pas toujours d'accord avec les lois antérieures; non seulement, elle les complète, mais elle semble innover, et elle promulgue, notamment sur la pluralité des autels et l'unité de sanctuaire et sur les droits et les revenus des lévites et des prêtres, des disj)osilions ([ui contredisent le livre de

1. A. Loisy, dans la Revue d'histoire el de littérature religieuses, i8()('), i. I, p. 289; Iil., L<i relii/ion d'Israël, Paris, igoi, p. 08-70. Cf. J. Lagrange, La méthode hislori<jiie, 2' (•tlil., Paris, iijo.'i, p. i^O.

l'alliance. C'est donc plus qu'une mise au point de l'ancien droit religieux, plus qu'une adaptation des vieilles ordonnances à une situation nouvelle ; c'est une réaction contre le passé, l'introduction d'un esprit nouveau, dans les mœurs et les pratiques populaires. Le Deutéronome, dit Holzinger ', va à l'encontre du livre de l'alliance, et il ne s'en rappioche continuellement que parce qu'il veut le déloger. Pour réussir à se faire accepter, il se donne comme le code complet et homogène, publié par Moïse au pays de Moab, comme le code de l'avenir, que les Israélitesdevrontobserver quandils seront établis en Clianaan. Le livre de l'alliance représente à ses yeux le culte ancien de l'époque où chacun faisait ce qui lui semblait bon. Le Dcutéronome sanctionne les usages d'autrefois et maintient la simplicité des cérémonies ; mais il se sépare grandement du passé par ses tendances et par la centralisation du culte qui modifie essentiellement le droit religieux antérieur. Puisqu'il en est ainsi, il v a lieu de se demander si, dans ses dispositions nouvelles, le Dcutéronome est un code fictif et une supercherie, dont le succès s'explicjuerait difficilement, ou bien s'il est, partiellement du moins et dans quelle mesui'e, l'écho du passé. En d'autres termes, pour les critiques qui se refusent à admettre une fiction pure, la question se pose des sources législatives de D, indépendantes de J et de E.

Comme un certain nombre des dispositions nouvelles, indiquées plus haut, p. 10G-107, coïncident avec des prescriptions particulières de u la loi de la sainteté », n,Lev., xvii-xwi, voir le tableau de Driver, p. 73-7G, loi qui fait partie du code sacerdotal, P, Dillmann en a conclu

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