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que D, pour la l('y;islalion comme pour l'histoire, dépendait de P, dès lors plus ancien. D'ailleurs, en dehors de la loi de sainteté, on a constaté encore d'autres rapprochements législatifs entre D et P. Cf. Deut., xii, 29-32, avec Num., xxxin, Sa; Deut., xiv, 3-20, avec Lev., xr, 2-22; Deut., XIV, 22-29, avec Num., xvui, 21-32; Deut., XV, 19-23, avec Num., xvni, 17; Deut., xvi, 1-17, avec Num., xxviii, xxix; Deut., xviii, 1-8, avec Lev., VII, 32-34; Num., xviii, 1-20; Deut., xix, i-i3, avec Num., xxxv; Deut., xxii, 12, avec Num., xv, 3~-4i ; Deut., xxni, io-i5, avec Num., v, i-4; Deut., XXIII, 22-24, avec Num., XXX, 3; Deut., vu, 2-4, 16, avec Num., XXXIII, 55 ; Deut., vu, 5 ; xii, 3, avec Num., xxxiii, 52; Deut., XVI, 4, «ivcc Num., ix, 12; Deut., xvii. G; XIX, i5, avec Num., xxxv, 3o. Le seul, qui .soit remarquable au point de vue des expressions, est la liste des animaux purs cl impurs, Deut., xiv, 3-20; Lev., xi, 2-22. Ces ressemblances indéniables ne prouvent pas la dépendance de D relativement à P, car, dans un plus grand nombre de cas, on signale entre les deux codes des divergences qu'on prétend être inconciliables. Aussi les critiques cn.seignent-ils pour la plupart qu'il n'y a ni rapport direct ni parente littéraire entre D et P. Driver admettrait plutôt la dépendance de II à l'égard de D et la même relation entre eux qu'entre le Deuléronome et le livre de l'alliance. Le code sacerdotal, d'autre part, n'a pas ignoré les législations antérieures et les a utilisées en quelques points.
Si les ordonnances spéciales de D n'ont pas été empruntées à P, d'où proviennent-elles? Quelques grafiens l'ont du Deutéronome un précipité et une cristallisation des vues et des espérances des prophètes, selon le mot déjà cité de Cornill. Pour expliquer la bonne foi dos
auteurs du Deutéronomc, Rcuss' déclare que leur œuvre se ramenait u à mettre par écrit la substance de renseignement de dix ou douze générations de prophètes, lesquels pouvaient, en bonne conscience, faire remonter au premier de tous, dont le nom nous ait été conservé, les principes qu'ils ne cessaient de prêcher et qui avaient été transmis, de main en main et de bouche en bouche, dans les écoles, sous la direction dhommes entourés du respect de leurs contemporains et que la postérité avait couronnés dune auréole légendaire. Il n'y avait donc là de nouveau que la iorme; le fond était le résumé d'un travail séculaire». LeDeutéronome n'est doncqu'un exposé de l'enseignement traditionnel des prophètes israélitcs;il n'innove pas, il ne fait que condenser et codifier les idées courantes depuis des siècles.
Pour Driver, ces lois ne sont pas des inventions de 'auteur. La plupart sont empruntées aux coutumes anciennes ayant force de loi. Elles sont seulement formulées d'une façon plus précise et plus accentuée ; elles sont aussi mises en rapport avec le temps de leur rédaction et par suite modifiées. Mais l'élément nouveau du Deutéronomc, ce n'est pas tant la législation que l'exhortation à observer les lois anciennes, et encore la parénèsc n'était-ellc nouvelle que dans sa forme. Les motifs d'obéir, la fidélité à l'alliance contractée avec Dieu, remontaient à Moïse. L'auteur du Deutéronome a exposé suivant sa manière propre un enseignement mosaïque. La tradition avait conservé le souvenir d'un discours législatif que Moïse avait prononcé dans les plaines de Moab. C'est ce discours que l'auteur du Deutéronomc a refait dans l'esprit de Moïse. D'autres critiques sont