I. Uxr., sxxiii, n° h. Pal. Gr., l. ili, col. 5Co-5Ci
ciens du peuple ; mais il ne niait pas explicitement que le Pentateuque ait été écrit par Moïse. Au témoignage de saint Épipliane ^ et de saint Jean Damascène -, les nazaréens, qui étaient des judéo-chrétiens, prétendaient que les livres de Moïse n'étaient pas de lui, qu'ils avaient été fabriqués, et que la loi, donnée aux Juifs par ce législateur, était difTérente de celle que contenait le Pentateuque, L'auteur des Homélies clémentines ^, qui était gnostique, faisait dire à saint Pierre, au lu*^ siècle, que la loi, donnée par Dieu à Moïse, avait été confiée oralement aux anciens, et qu'elle avait été mise par écrit, après la mort de Moïse, par un autre que lui, puis perdue, retrouvée et enfin brûlée au temps de ^«abucllodonoso^. Il s'appuyait sur le récit de la mort de Moïse, compris dans le Pentateuque qui, par suite, ne peut être l'œuvre de celui dont la mort V est racontée. D'ailleurs, il ne croyait pas à la vérité de tout le contenu des livres attribués à Moïse '*.
Si les Juifs talmudistes attribuaient à Josué les huit derniers versets de la loi, Deut., xxxiv, 5-i2 '', il faut aller jusqu'au xii® siècle pour rencontrer des rabbins qui niaient l'authenticité mosaïque de quelques autres versets du Pentateuque. Abenesra (-j- 11O7) rapportait, mais en le réfutant, que le rabbin Isaac ben Jasus (7 1007) avait soutenu que le passage, Gen., xxxvi, 3i, avait été écrit sous le règne de Josaphat. Abenesra lui-même pensait qu'il y avait plusieurs additions dans les livres de Moïse ; mais, comme il n'osait pas le déclarer ouvertement, il s'est exprimé parfois en termes équivoques, laissant suf-