S I. NOMS DIFFÉRENTS
Le quatrième document, dont est constitué l'Hexateuque, a reçu différentes dénominations, dont chacune exprime une de ses particularités caractéristiques. Tant
1. Cf. L. Gautier, Introduction à l'A. T., Lausanne, igoO, t. i, p. iboi83.
qu'il a clé confondu avec le document élohisle E, on rappelait lui-mcnie l'éloltisle ou le récit élohisle, parce que son auteur évitait de nommer Dieu Jahvé avant la révélation de l'Exode, vi, 3, et dans la narration des événements antérieurs se servait exclusivement du nom Élohim. Lorsque E en a été distinct, on a conservé à lancien document le nom d'élohiste, mais pour marquer la distinction des deux documents, on l'a appelé \e premier élohisle et E le second élohisle. Ces dénominations créèrent des difficultés, quand on admit que le second élohiste était chronologiquement antérieur au premier (premier seulement par la date de sa découverte). Elles furent donc abandonnées. Parce que ce document remonte jusqu'aux origines du monde et de l'humanité, Ewald l'avait nommé « le livre des origines ». Comme il forme le fond littéraire du Pentateuque actuel, le rédacteur définitif lui ayant emprunté son cadre et son canevas, Tuch et Nôldeke lui avaient donné le nom d' « écrit fondamental », Grimclschrift. Wellhausen l'a désigné sous la dénomination de « code sacerdotal », Priestercodex (d'où la sigle P, qui le distingue de E, de J, et de D), parce qu'il contient la législation sacerdotale et rituelle, qui se trouve dans les livres du milieu du Pentateuque (Exode, Lévitique et Nombres). Cette dénomination ne convient pas au document entier, qui est à la fois un livre historique et un code; mais elle qualifie exactement la partie principale et la plus distinctive du document; aussi les critiques l'ont-ils généralement adoptée et est-elle aujourd'hui prédominante et d'un usage courant. Nous l'emploierons donc à l'exclusion de toute autre.