‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 65 sur 166 · III. Au point de vue religieux cl moral · texte numérisé non relu

III. Au point de vue religieux cl moral

Le code sacerdotal, tant dans ses récils historiques que dans ses parties législatives, expose des idées religieuses 8t morales, différentes de celles des documents antérieurs. Comme eux, naturellement, il est monothéiste, et le monothéisme qu'il professe est des plus absolus. Il ne combat l'idolâtrie que dans un petit nombre de passages, tels que Num., xxv, (j sq. Les relations de l'homme avec Dieu ne sont pas ramenées par lui, comme par le deutéronomlslc, à l'amour; les Israélites, selon ses conceptions, ne sont pas des enfants de Dieu. Il établit outre Dieu et sa créature une distance infinie, parce (|u"il attribue à Dieu un caractère absolu et transcendental, non pas sans doute, en termes formels, puisqu'au contraire, il évite les questions spécifiquement théologiques et les problèmes religieux, mais par les idées qui forment le fond de son écrit. Le culte mosa'ique, au lieu de rapprocher l'homme de Dieu, tend à maintenir entre eux la distance qui existe entre l'infini et le fini. Dieu, en effet, veut qu'on lui obéisse; il impose sa volonté, sans en donner les motifs. L'observance des jîréceptes est exigée rigoureusement, sous menace de châtiments et de ruine. Dieu n'a pas besoin de l'homme ni d'Israël ; s'il a créé le monde, c'est qu'il l'a voulu; s'il s'allie avec les hommes, ce n'est pas par un contrat; il impose son alliance, et il en dicte les conditions. Quand il fait une révélation, il ne se manifeste pas comme dans les théophanios des documents

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élohislc et jéliovisto ni en songes; il parle simplement à l'individu avec qui il entre en communication. La seule manifestation sensible de Jahvé, dans P, est celle de la nuée lumineuse qui montre sa a gloire » et provoque la crainte et le tremblement. Moïse et Aaron sont les intermédiaires entre lui et le peuple, à qui il ne parle pas directement. Les antbropomorphismes et les antliropopatliismes sont extrêmement rares dans P. Les seuls qu'on y rencontre consistent à dire que Dieu a parlé aux organes de la révélation et cette parole divine s'exprime en commandements positifs ou plus souvent en prohibitions. Dieu cependant intervient dans le monde, qu'il gouverne. Les miracles qu'il opère manifestent ouvertement que c'est lui qui agit. Il règle lui-même les événements, et il endurcit le cœur de Pharaon pour se glorifier par lui, Exod., xiv, 4, 8. Il punit les Egyptiens pour leur montrer qu'il est Dieu, Exod., vu, 5; xiv, 4- H oi'donne d'envoyer des espions en Palestine, Num., xiu, 2, tandis que d'api es J et E, c'est le peuple qui a eu l'idée de cette expédition. Il règle directement les difficultés survenues entre Moïse et les Israélites, Num., xvi, 4, 22 ; XVII, lo; XX, 6. Dans le récit de la création. Dieu apparaît tout-puissant et sage, toutes ses œuvres sont bonnes, très bonnes; l'homme est fait à l'image de Dieu. Bien que le code sacerdotal porte principalement son attention sur les manifestations extérieures du culte, il n'exclut pas les lois morales. S'il ne les formule pas, c'est que leur observation va de soi. Les patriarches sont présentés comme des hommes justes et intègres, Gen., VI, 9; xvii, I. Le code, il est vrai, insiste tout spécialement sur la pureté lévltique, tout extérieure, absolument nécessaire à l'exercice du culte, conservée par l'éloignemcnt de certains contacts et rétablie par des ablutions»

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La religion cxléricurc avec ses multiples observances semble primer l'amour de Dieu, la piété intime et personnelle. La sainteté consiste surtout dans l'obéissance aux préceptes divins. Déplus, Israël, le peuple clioisi, le peuple saint, est la propriété de Dieu, isolée du mon? païen et confinée dans la pratique du culte, réglé par le Seigneur tout-puissant. L'étranger toutefois peut s'affilier à Israël par la circoncision et avoir part à ses prci'ogativcs et à son culte. Si la législation sacerdotale est exclusivement nationale, Israël semble être réservé à un idéal, dont on espère la réalisation, à un brillant avenir, durant lequel il répandra dans le monde entier la vie Dcligieuse et morale qu'il pratique lui-même.

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