‹ L'authenticitë mosaïque du PentateuqueChapitre 93 sur 166 · Eludes bibliques, Paris, 1901, p · texte numérisé non relu

Eludes bibliques, Paris, 1901, p

3. J. Corluy, Commentarius in Evangelium Joannis, 2' édit., Gand, 1880, p. 128-129; C. Fillion, Évangile selon S. Jean, Paris, 1887, p. ii5; Id., La Sainte Bible, Paris, 1901, t. vu, p. 5o2.

4. Cf. J. Knabenbauer, Comment, in Ev. sec. Joannem, Paris, 1898,

5. F. Prat, Le code du Sinaï, p. (52, note; La loi de Moïse, etc., dans les Eludes, 5 octobre i8g8, p. ig.

cite une parole de Moïse, Dcut., xviii, i5. On lit Moïse le samedi dans les synagogues, Acl., xv, ai ; et avec un voile sur le cœur. Il Cor., m, i5. Saint Paul cite différents passages du Pentateuquc comme paroles de Moïse, Uom., X, 5-8, 19. L'Apocalypse, xv, 3, parle du cantique de Moïse.

On a cherché de différentes manières à affaiblir ces témoignages de Jésus et des apôtres. On a prétendu qu'ils impliquaient seulement l'origine mosaïque de quelques récits, discours ou phrases, et on a conclu que Jésus et ses apôtres ne partageaient pas le sentiment de leurs contemporains. Si la restriction est juste en certains cas, comme il ressort de ce qui précède, elle ne peut s'appliquer à l'ensemble, et il paraît impossible do nier que Jésus et les apôtres n'aient pas parlé conformément à la crovancc de leur temps au sujet de l'origine mosaïque du Penfateuque. On peut apprécier diversement la portée de leur adhésion à cette croyance, et nous exposerons plus loin sa valeur théologique; mais on ne peut rejeter le fait. Et c'est parce que le Pentateuquc a passé de la Synagogue dans l'Eglise comme l'œuvre de Moïse qu'universellement jusqu'à la fin du xviii° siècle les chrétiens ont vu dans ces cinq livres un antique monument remontant au législateur d'Israël. Les témoignages bibliques, acceptés dans leur ensemble et abstraction faite des distinctions précédentes, ont suffi à entretenir et à fortifier la croyance commune, contestée seulement par les critiques modernes.

ARTICLE DEUXIÈME Le sentiment perpétuel du peuple juif.

Les textes de l'Ancien et du Nouveau Testament, précédemment étudiés, nous ont appris ce que les Juifs avant l'ère chrétienne ont pensé de l'activité littéraire de Moïse et de la composition du Pentateuque. Aussi haut que l'on peut remonter dans la tradition écrite, on trouve la preuve qu'on attribuait au législateur de la nation la rédaction de lois et de récits, qui se rencontrent dans le Pentateuque actuel, et les critiques eux-mêmes avouent qu'à partir de l'époque à laquelle furent rédigés les Paralipomènes et faite la traduction dite des Septante, les Juifs regardaient Moïse comme l'auteur du Pentateuque. Tous les contemporains de Notre-Seigneur, à quelque secte qu'ils appartînsent, admettaient cette tradition. Jésus et ses apôtres en ont parlé comme s'ils l'admettaient eux-mêmes, et leur sentiment s'est perpétué dans l'Eglise chrétienne. La tradition juive s'est conservée dans la Synagogue et a persévéré à peu près sans exception jusqu'à nos jours.

Pour le premier siècle de notre ère, nous avons les témoignages de Josèphe et de Philon, représentants des deux fractions du judaïsme, palestinien et alexandrin. Dans la liste qu'il dresse des vingt-deux livres, que les Juifs tiennent pour divins et inspirés, Josèphe ', écho de ses coreligionnaires de Palestine, met en première ligne, suivant l'ordre des temps et la chronologie du contenu, les cinq livres de Moïse, qui com[)rennent l'histoire des origines et la tradition de l'humanité à partir

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