CRISES NERVEUSES AUTO-TOXIQUES
On a signalé toute une série de crises nerveuses avec ou sans convulsions qui s’observent chez les enfants nerveux auto -intoxiqués, et qui vont de l’étourdissement à l’attaque convulsive complète : ce sont les accidents pseudo-épileptiques.
Ces crises ont été reconnues depuis longtemps et distinguées des crises épileptiques par de nombreux auteurs,
parmi lesquels nous citerons le D'’ Clozier, de Beauvais, et tout dernièrement encore Rachford (1).
Crises de petit mal auto-toxique. — Nous pouvons grouper ces cas sous le nom générique de petit mal autotoxique par toxémie gastro-intestinale. J’en ai observé moimême plusieurs cas.
Ces attaques de petit mal sont précédées par une nervosité, une irritabilité extrême de l’enfant, qui dort de plus en plus mal. En même temps des troubles gastro-intestinaux divers se montrent de plus en plus, et l’enfant maigrit et s’anémie.
L’attaque commence sans prodrome par un étourdissement plus ou moins intense ! Quelquefois l’enfant tombe sans connaissance; d’autres fois, il tombe, mais il se rend compte de ce qui se passe autour de lui. Jamais il ne présente de mouvements convulsifs.
Au bout de quelques minutes, il se relève avec un état nauséeux suivi d’un violent mal de tête, qui amène un sommeil invincible, dont il ne sort qu’après quelques heures.
Les attaques se répètent souvent plusieurs fois par mois.
Le régime et les désinfections intestinales amènent une rapide amélioration et une disparition définitive de ces malaises nerveux.
Crises de grand mal auto-toxique (2). — L’éclampsie auto-toxique n’est pas très rare chez l’enfant et s’observe quelquefois chez l’adulte.
Tantôt les paroxysmes convulsifs revêtent les caractères des accès de grand mal, tantôt ils sont plus ou moins complets, tantôt plus ou moins atypiques.
Tantôt la crise convulsive succède à l’ingestion du même aliment; tantôt elle se produit irrégulièrement et sans cause apparente.
(1) Rachford, Arch. of Ped., 1904.
(2) D’Espine, Éclampsie infantile. Congrès de médecine de Paris, 1900.
200 SYMPTOMATOLOGIE DE L’AIJTO-INTOXICATION INTESTINALE.
Or, dans tous ces cas, un régime sévère suffît pour faire cesser définitivement les crises éclamptiques, qui, dans certains cas, se renouvelaient plusieurs fois par semaine.
Crises de tétanie. — Nous savons actuellement que la suppression et l’atrophie de la glande thyroïde produisent lemyxœdème, etque l’atrophie oula suppression des glandes parathyroïdes de Sandstrœm causent la tétanie.
La cause immédiate de la tétanie n’est donc pas d’origine gastro-intestinale.
Mais ce que nous savons aussi, c’est que, soit dans la tétanie, soit dans le myxœdème,les symptômes s’accentuent singulièrement lorsque les substances extractives contenues dans la viande et certaines substances grasses sont ingérées, et qu’ils diminuent avec un régime végétarien.
Le régime et l’auto-intoxication digestive jouent donc un rôle secondaire important dans l’étiologie de la tétanie, car ils forment des substances toxiques en quantités si considérables que les glandes parathyroïdes insuffisantes ne peuvent plus les neutraliser.
Troubles mentaux. — Je ne fais que mentionner ici l’importance de l’auto-intoxication digestive dans l’étiologie des maladies mentales, affirmée par Pierret, Regis, Ballet, Voisin, etc.
Les maladies mentales ne sont pas de notre ressort. Mais nous observons si souvent, dans le cours des auto-intoxications digestives, des idées noires, des phobies, de la misanthropie et même de la mélancolie, que nous sommes tout disposé à accepter leur influence sur les troubles psychiques.
Troubles paralytiques. — Nous savons que des troubles paralytiques d’origine médullaire ou névritique sont bien connus dans les intoxications digestives aiguës par ptomaïnes, et nous avons décrit nous-même, dans notre thèse, un cas de paralysie spinale aiguë de l’adulte à la suite
de l’ingestion de moules avariées (1). Koiiche (2), tout dernièrement encore, en cite plusieurs cas.
Mais il s’agit, dans ces cas, d’empoisonnements alimentaires et non pas de troubles auto-toxiques d’origine digestive.
Nous n’avons pas eu connaissance qu’il existe réellement des troubles paralytiques auto-toxiques.