SYMPTOMES NERVEUX
Céphalées. — Le phénomène autotoxique le plus habituel, comme le fait si bien remarquer Sevestre, est la céphalalgie, qui est ordinairement frontale ou localisée dans le cerveau lui-même.
Cette céphalée est gravative, souvent modérément intense, mais pénible par sa persistance ; d’autres fois, elle s’accom-
pagne d’élancements et de points tixes comme une névralgie frontale unilatérale ou temporale.
Elle se montre à un moment quelconque de la journée, quelquefois dès le matin, le plus souvent à l’occasion de la reprise des études.
Le travail cérébral en elfet l’augmente toujours et la réveille lorsqu’elle a cessé; aussi les enfants, même les bons élèves, éprouvent-ils de ce fait une répugnance ou même une inaptitude plus ou moins marquée pour le travail intellectuel.
Il en résulte un retard dans les études et consécutivement aussi un état de tristesse et d’ennui qui se complique parfois de troubles nerveux.
Ces enfants ont le plus souvent peu de propension à jouer, dans la crainte de voir leur céphalalgie augmenter par des mouvements plus ou moins brusques.
Cette céphalalgie peut cesser au bout de quelques jours ; mais souvent elle persiste pendant plusieurs semaines, ou du moins se manifeste dés que l’on veut faire reprendre les études.
Elle ne se produit cependant guère la nuit, et il est bien rare qu’elle empêche complètement le sommeil ; cependant, chez les enfants sujets aux maux de tête, on observe un sommeil mauvais, agité, troublé par des grincements de dents, des gémissements, des cauchemars ou par une agitation plus ou moins marquée (Sevestre).
La perte de la mémoire, surtout pour les noms propres, s’observe souvent avec les céphalées auto-toxiques.
Migfraioes. — Toutes les migraines ne sont pas d’origine auto-toxique, mais un certain nombre sont sans aucun doute provoquées par les entérotoxines.
La migraine peut s’observer dans les premières années de la vie sous forme de crises légères encore peu caractéristiques, car les troubles digestifs y sont si prédominants
qu’on est tenté de les prendre pour des crises d’embarras gastrique simple.
Voici les caractères cliniques de la migraine auto-toxique.
L’accès éclate tantôt le soir, tantôt le matin; il débute par un mal de tête, avec vertige, et s’accompagne de crainte du bruit et de la lumière ; puis surviennent les vomissements, qui le matin sont muqueux, tandis que le soir ils peuvent renfermer des parcelles alimentaires.
Ces vomissements, qui ontuneforte odeuracide, se répètent à nombre de reprises; ils sont peu abondants et donnent lieu à des efforts pénibles qui peuvent durer de un à trois jours.
Pendant la crise, le petit malade est très abattu ; son visage est pâle et ses pupilles sont rétrécies.
L’attaque se termine brusquement comme elle a commencé. Tout d’un coup, le petit malade qui, il y a une heure à peine, était très abattu et vomissait tout ce qu’on lui donnait, redevient gai et dispos et se met à manger avec appétit.
La première attaque est suivie d’une seconde à trois ou quatre mois d’intervalle. Puis, à moins d’un traitement approprié, les crises se rapprochent et deviennent de plus en plus caractéristiques à mesure que l’enfant avance en âge.
Migraines paroxystiques. — On voit assez souvent chez des collégiens, des étudiants, ou même chez des adultes, cette forme de migraine observée parRossbach d’abord, qui la décrit sousle nom de gastroxyiuis, etparFenwick ensuite. Cette forme de migraine, qui ne se voit que chez des nerveux, n’est que l’exagération de la précédente. Elle s’accompagne d’une hyperchlorhydrie paroxystique, qui explique fort bien les phénomènes stomacaux.
J’en ai observé un cas bien net chez un publiciste célèbre.
La crise s’annonce souvent par un état légèrement nauséeux, avec inappétence et constipation. Elle commence par une céphalalgie violente, qui débute parla région fron-
taie ou occipitale et ne tarde pas à s’étendre à toute la tête.
Parallèlement à la céphalée survient une douleur cuisante à l’épigastre et en arrière du sternum, accompagnée de pyrosis, d’éructations, de météorisme intestinal et de nausées et bientôt suivie d*un vomissement plus ou moins abondant de matières fortement acides et brûlantes.
Parfois la crise disparaît après ce vomissement, et le malade s’endort d’un sommeil calme, dont il se réveille complètement remis.
Il n’est pas exceptionnel de voir certaines manifestations toniques, cloniques ou même vaso-motrices accompagner la migraine.
Les manifestations toniques consistent dans une tension générale des muscles voisins du siège de la douleur migraineuse : ainsi on peut noter une exagération du plissement des paupières, une saillie de la joue, une dilatation de la narine, une élévation delà commissure labiale.
Les manifestations cloniques^ plus rares, consistent dans de légers tremblements, dont les muscles des paupières ou de la face sont agités.
Les troubles vaso-moteurs sont beaucoup plus habituels. On observe fréquemment une sécrétion lacrymale ou salivaire exagérée, une pâleur de la face à laquelle succède souvent une congestion veineuse intense, etc.