B. — SÉRIE AROMATIQUE
TYROSINE (acide oxyphénylaminopropionique C^H^^Nü^).
Elle se forme aux dépens de la plupart des substances protéiques, à l’exception de la colle, et dans les mêmes conditions que la leucine, qu’elle accompagne régulièrement.
On la trouve dans le vieux fromage (Fupdç) ; mais elle ne paraît pas se trouver dans les glandes fraîches.
La tyrosine paraît constituer dans la molécule d'albumine le noyau aromatique caractérisé par le réactif de Millon et par la production secondaire d’une partie des corps aromatiques (Kossel).
En effet, en présence des alcalis et des microbes protéolytiques , elle se décompose en oxy acides , en phénols et crésols.
TRYPTOPHANE (acide indolaminopropioniqueC^^H^^NO^).
Le tryptophane de Neumeister (1) est un chromogène qui, traité avec le chlore ou le brome, donne un produit pourpre nommé protéinochrome. Nencki pensait que ce corps était l’origine de plusieurs matières colorantes de l’organisme.
Hopkins et Cole (2) démontrèrent enfin que le tryptophane se forme parallèlement à la tyrosine par l’action sur les corps protéiques des acides, alcalis, enzymes et microbes.
Ils prouvèrent que cette substance est un acide indolaminopropionique et caractérisé par le réactif d'Adarnkiewicz (coloration rouge obtenue en chauffant un albuminoïde en présence d’acide sulfurique additionné de quelques gouttes d’acide acétique glacial).
Cette réaction paraît due au noyau tryptophanique des albuminoïdes, comme la réaction de Millon est due à leur noyau tyrosinique.
Enfin le tryptophane, pour compléter son analogie avec la tyrosine, se décompose sous l’influence des microbes en indol et scatol.
On le voit : La tyrosine est ta substance mère des piiénol et ci'ésol ;
Le tryptophane est la substance mère de V indol et du scatol.
PHÉNYLALALINE (acide phénylaminopropionique G'Hi«iW).
Cet acide monoaminé aromatique a été trouvé par Schulze et Barbiéri dans la putréfaction microbienne des substances protéiques végétales.
Fischer le trouve dans la décomposition de la caséine par les acides; Abderhalden, dans celle de l’hémoglobine. Cet acide paraît pouvoir s’oxyder dans l’organisme en acide benzoïque.
La phénylalanine. en se combinant dans le rein^ et peut-
(1) Neumeisteh, Zeils. f.phns. Ch., XXVI, p. 329.
(2) Hopkins et Cole, Zeits. f.phys. Ch., XXIII, p. 412,
SUBSTANCES TOXIQUES
être aussi dans le foie avec le glycocolle^ serait la substance mère de V acide hippurique.
ACIDES DIAMINÉS.
Les acides diaminés qui se forment sous l’influence de l’hydrolyse des albumines par les acides, les alcalis, les enzymes et les microbes, protéolytiques, sont la lysine, l’histidine et l’arginine, et ont reçu de Kossel le nom de bases hexoniques.
LYSINE
Elle a été isolée en premier lieu par Hedin (1).
HISTIDINE
Elle a été isolée d’abord par Kossel, puis par Hedin. ARGININE (C®Hi^N^02).
L’arginine est un produit constant de la décomposition des matières albuminoïdes par les ferments, tels que la trypsine et l’érepsine, et sa décomposition chimique conduit à l’envisager comme le groupe uréogène de la molécule albuminoïde.
Si l’on fait bouillir l’arginine en présence de l’hydrate de baryte, elle se décompose en donnant de l’urée et de l’ornithine, ou acide diaminovalérianique. Mais, dans l’organisme, il n’avait pas été possible, jusqu’ici, d’observer directement la formation d’urée aux dépens de l’arginine.
Kossel et Dakin(2) y sont parvenus dernièrement en démontrant dans l’organisme une diastase, Varginase., qui provoque le dédoublement de l’arginine en urée et en ornithine. Cette arginase se trouve mélangée à l’érepsine de Cohnheim.
On la trouve dans le foie, les reins et le thymus ; mais jamais elle ne paraît être présente dans le pancréas, la rate et les capsules surrénales.
Cette découverte éclaircit en grande partie la production
(1) Hedin, Arch. du Bois-Reymond, 1891, p. 273.
(2) Kossel et Pakin, Zeils. f.p/iys. Ch,, XLI, p. 321,
de l’urée aux dépens des albuminoïdes, en démontrant que l’arginine et peut-être les autres acides diaminés contiennent un noyau uréogène.
MINEUSE SOUS LTNFLUENCE DES MICRORES.
Nous avons ainsi examiné dans leurs grandes lignes les produits de la désagrégation de la molécule albuminoïde par les enzymes.
Comme nous l’avons vu, les microbes vont plus loin; les produits de dédoublement qu’ils fournissent sont en premier lieu les mêmes, acides mono et diaminés que nous venons d’examiner et, en second lieu, les produits de désagrégation plus complète de ces acides aminés :
1° C’est ainsi que la destruction des acides monoaminés aromatiques produit de nombreux corps aromatiques secondaires : le noyau de la tyrosine donnant naissance aux oxyacides aromatiques, aux crésol et phénol ; le noyau du Iryptophane donnant naissance aux scatol, indol et pyrrol.
Cet ensemble de corps possède une odeur infecte tout à fait caractéristique;
2“ C’est ainsi que la désagrégation des acides monoaminés de la série grasse donne naissance à des acides gras et à des diaminés que l’on désigne sous le nom de ptomaïnes ou alcaloïdes de putréfaction ;
3° C’est ainsi enfin que la putréfaction des matières protéiques engendre des gaz : hydrogène, acide carbonique et hydrogène sulfuré.
En même temps, le liquide soumis à l’influence des microbes anaérobies devient de plus en plus alcalin et se charge d’ammoniaque, ce qui indique une attaque profonde des acides mono et diaminés.
SUBSTANCES TOXIQUES
Or la plupart de ces corps, produits par les anaérobies, sont toxiques ; aussi méritent-ils dans notre travail une étude plus approfondie, car leur présence dans notre économie est beaucoup plus sérieuse et plus grave, puisqu’elle peut conduire à l’auto-intoxication intestinale.
Nous étudierons successivement :
1“ Les acides gras volatils ;
2“ Les ptomaïnes et leucomaïnes; /
3° Les substances aromatiques ;
4° Les gaz.