A. — ACIDES GRAS VOLATILS
Lorsque les acides gras s’accumulent dans le sang, il se produit une intoxication acide ou acidose.
L’acidose est donc caractérisée par une diminution de l’alcalinité du sang.
Or, on le sait, la plus grande partie de l’acide carbonique de notre sang est liée chimiquement, si bien que la puissance d’absorption du sang pour l’acide carbonique dépend de sa réaction alcaline. Aussi le rein a-t-il précisément pour mission d’éliminer tout excès d’acide, et c’est pour cela qu’il peut faire sortir du sang, milieu alcalin, un liquide acide, l’urine. Mais, si la proportion des acides qui pénètrent dans le sang est trop considérable, le rein ne suffit plus à cette tâche, et la diminution de l’alcalinité du sang amènera une intoxication par rétention de l’acide carbonique, les tissus ne pouvant plus s’en débarrasser qu’incomplètement dans le sang.
Mais cette acidose ne se produit que lorsque les acides gras se forment en grande quantité, ce qui n’arrive guère que sous l’influence de la fonte et de la fermentation des substances ternaires, des graisses en particulier.
Quant à la formation des acides gras volatils (formique, acétique, butyrique, valérianique, etc.), sous l’influence de
la putréfaction azotée, — celle de la leucine en particulier, — elle est excessivement minime, si minime que beaucoup d’auteurs mettent même cette formation en doute.
Seul Rosenfeld (1) fait exception, et, dans un travail récent, il attribue la formation des acides gras principalement à la putréfaction des corps protéiques dans l’intestin. Ces recherches demandent confirmation.
En tout cas, nous pouvons encore conclure pour le moment, avec la presque unanimité des auteurs, que la proportion des acides gras provenant de la putréfaction azotée est trop faible pour pouvoir causer la moindre intoxication de l’organisme.