‹ L'auto-intoxication intestinaleChapitre 137 sur 182 · T K A ITEM EN T · texte numérisé non relu

T K A ITEM EN T

sucrée par ensemencements avec ^ne dilution des selles prélevées avec les précautions usitées.

Au lieu du colibacille que l’on obtient régulièrement dans ces conditions et dont les colonies envahissent rapidement toutes les plaques, il obtint, à côté de plusieurs colonies de /iori/lns /Inorescens lif/u(^faciens Flugge, une quantité de petites colonies d’un bacille très mobile, très allongé, que je me crois en droit d’identifier avec le Proteui; vulf/nris de Hauser.

Deiu ivnia examen u/uinse jones après le jtremier). — L’enfant avait été tenu pendant ces quinze jours exclusivement au régime farineux, avec addition de ^0 grammes de lactose par jour ; il y avait dans son état une amélioration notable et de nouvelles cultures faites dans les mêmes conditions ne donnèrent que des JPtcillas roH et Jî.larfh aerof/enes; le Protens avait entièrement disparu.

Nous avons dans ce cas un exemple typique du remplacement des protéolytes anaérobies et pathogènes {Protens et liacUhis flnorescens) parles amylolytes aérobies [B. lactis, B. coli), sous l’influence de la modification du milieu intestinal par le régime farineux.'

Depuis lors, nous avons eu l’occasion de faire un nombre considérable d’observations analogues, qui n’ont du reste fait que confirmer les résultats déjà obtenus et publiés par Kscherich et son école.

Régime de t’auto-intoxication intestinale.

Telle est la théorie; examinons maintenant quelles sont en pratique les indications générales qui découlent de cette étude au point de vue du régime de l’entérite.

DIMINUER LA PUTRÉFACTION AZOTÉE

A. — Indications générales.

Aliments azotés. — 1“ Diminuer le plus possible les aliments azotés, dans lesquels les microbes de l’intestin puisent leur nourriture ;

2° Interdire complètement ceux des aliments azotés qui sont des milieux favorables au développement microbien et forment de véritables bouillons de culture;

3® Choisir, parmi les aliments azotés, de préférence les œufs comme étant moins putrescibles dans l’intestin.

Aliments gras. — 1® Éviter les graisses de viande, qui augmentent les putréfactions;

2® Choisir de préférence le beurre frais comme aliment gras, car son action est beaucoup moins nocive.

Aliments farineux. — 1® Introduire dans le régime une proportion aussi considérable que possible de farineux, r Mais il faut, pour obtenir ce résultat, saturer l’intestin d’hydrocarbures. -, ...

- J’ai dit saturer, car il ne suffit pas, pour obtenir un effet, d’introduire simplement quelques farines dans l’alimentation, il faut, en cinq ou six repas, distribués dans la journée, gaver systématiquement le malade de farineux..

Il ne faut pas lui permettre d’introduire sa ration azotée (viande ou lait) sans que ces aliments soient accompagnés, ainsi que le montre l’expérience, d’à peu près cinq fois leur poids de farineux.

Ce n’est que de cette manière qu’on obtiendra de ce régime un effet antiputride dans l’intestin ; mais on en sera récompensé par un succès réel et une transformation souvent merveilleuse d’un malade.

2® Dans l’auto-intoxication par entérite aiguë ou dans les poussées aiguës, le régime farineux sera exclusif pendant quelques jours, car il joue dans l’entérite aiguë le même rôle que la diète hydrique dans le catarrhe aigu.

TRâITEME?<T.

3° Dans l’auto-intoxication par entérite chronique refroidie, le régime antiputride sera mixte : lacto-farineux d’abord ; ensuite on ajoutera les œufs et la viande, en proportion très réduite.

4° Dans l’auto-intoxication ordinaire, le lait mélangé aux farineux, mais avec prédominance des hydrocarbures, est beaucoup mieux digéré et supporté que le lait pur, et cela grâce au fractionnement du coagulum massif dû au lait de vache, grâce à l’action antiputride des farineux qui se joint à la lactose du lait, grâce enfin au fait que cette lactose est protégée contre l’absorption par les farineux.

On obtiendra un meilleur résultat encore en employant le lait caillé ou le fromage frais, qui se mangent très bien avec les pâtes et surtout le riz et avec les puddings.

La seule difficulté, mais elle est grande, lorsqu’on se trouve en présence d’un cas nouveau, est de savoir quelle est la proportion de lait que le malade pourra supporter, car elle est variable suivant la personne, et, chez la même personne, elle varie suivant le stade de sa maladie intestinale.

On commencera donc par une proportion assez forte, afin de tâter sa susceptibilité.

Mais cette quantité, en cas d’intolérance gastrique ou intestinale, sera peu à peu diminuée, jusqu’à ce que tout symptôme d’intolérance ait disparu, ce que l’examen des selles permettra bientôt de juger.

On remplacera le lait par le petit lait en cas de dyspepsie • pour la caséine, par le babeurre en cas de dyspepsie pour les graisses.

Nous pouvons donc affirmer que, dans l’auto-intoxication intestinale, le régime lacto-farineux est le régime antiputride par excellence.

Or, ce régime est depuis bien des années employé par les médecins allemands dans des cas analogues, entre autres

DIMINUER LA PUTRÉFACTION AZOTÉE. 357

par Albu, Gravitz Rosenheim, Senator, Ewald, Schweninger, etc.

Rosenheim l’a depuis longtemps substitué au régime végétarien exclusif, « qui lui paraît nuisible, parce qu’il renferme une quantité d’albumine insuffisante et ensuite parce qu’il diminue la résistance aux infections ».

Ce régime lacto-végétarien (lait, beurre, pâtes alimentaires), complété par des jaunes d’œufs, aliment peu azoté et très riche en substances grasses, lui paraît indiqué dans le traitement secondaire de l’ulcère de l’estomac et dans toutes les affections du gros intestin, depuis la simple colite membraneuse jusqu’aux plus graves lésions dysentériques.

Senator l’utilise dans la colite muco-membraneuse, les insomnies nerveuses et certaines maladies de la peau, de nature intestinale.

Nous ne prétendons donc nullement à une priorité quelconque en préconisant cette méthode, car nous n’avons fait qu’appliquer, en le systématisant et en l’étendant, un moyen diététique dès longtemps connu, accepté et recommandé en Allemagne.

Nous sommes très heureux de l’avoir fait connaître et adopter en France, où il n’était pas employé.

B. -- Règles générales.

1° Ne pas boire en mangeant, ni manger en buvant.

La séparation des liquides et des solides est un des grands principes des régimes de notre maître, le professeur Schwcninger. Presque tous les dyspeptiques s’en trouvent fort bien et, pour peu qu’on ne boive pas du tout aux repas solides, on s’y habitue très vite et sans aucune difficulté.

Rovighi (1) a démontré que la séparation des liquides et

(1) Rovighi, Zeit. f. phys. Ch., XVU p. 30.

TRAITEMENT

des solides diminuait beaucoup la putréfaction azotée ; c’est pour cela que nous l’appliquons avec rigueur dans tous les

cas d’auto-intoxication intestinale.

Sulfoéthers.

A jeun 0,008

3 heures après le repas avec beaucoup de liquide. 0,031

Après quatre jours :

Sulfoéthers.

A jeun 0,008

3 heures après le repas avec beaucoup de liquide 0,036

Le lendemain, à jeun, l’intoxication continue encore :

Sulfoéthers.

A jeun 0,026

3 heures après le repas sec 0,014

Schumann (1) expérimente sur lui-même en prenant exactement la même ration alimentaire solide :

Sulfoéthers

en

moyenne.

3 jours repas secs 0,107

2 jours avec 1 500 grammes d’eau 0,145

6 jours avec 1 500 grammes de bière 0,163

10 jours avec 1 500 grammes d’eau de Sprudel 0,157

Nous pouvons donc conclure que le repas sec’ diminue notablement la putréfaction intestinale azotée.

2® Diviser la nourriture en plusieurs petits repas en alter-

nant TOUJOURS UN REPAS LIQUIDE AVEC UN REPAS SOLIDE.

Adrian (2) a démontré que l’azote ingéré par repas fractionnés se digère mieux, se résorbe mieux et plus vite,

et surtout se putréfie moins :

Période de 10 jours :

Page 1